Birmingham

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La ville de Birmingham n’est pas la principale direction touristique de Grande Bretagne. Il y est pourtant agréable de s’y promener.

Largement détruite pendant la seconde guerre mondiale, Birmingham a choisi de se reconstruire à la manière de Los Angeles. Des autoroutes urbaines la traversent en tous sens. La voiture est reine, le métro et même le tramway sont inconnus. La ville est parsemée de centres commerciaux équipés de gigantesques parkings.

Peut-être pour compenser ce qu’il faut bien considérer comme une erreur historique, les habitants de Birmingham affectionnent les rues piétonnes coquettes et fleuries. Le soir, l’animation aux terrasses des pubs et des restaurants est impressionnante. Autour de Broad Street et sur les quais du canal, elle se prolonge jusqu’aux dernières heures de la nuit.

La cathédrale St Philippe a été construite en 1715. L’intérieur surprend par ses petites dimensions : il faut dire que la ville ne comptait alors que quelques dizaines milliers d’habitants. L’édifice est inondé de lumière. Au fond du chœur, une magnifique verrière du maître préraphaélite Edward Burne-Jones, étincelante de rouge et de bleu, a été réalisée au dix-neuvième siècle. Une galerie court le long de la nef, peut-être vestige d’un temps où hommes et femmes étaient séparés. Les temps ont changé : c’est une femme d’environ 40 ans qui célèbre la grand-messe, The Revd. Canon Janet Chapman. Pendant les annonces en fin de célébration, elle fait applaudir son vicaire dont la femme attend une naissance pour novembre. A la fin de la cérémonie, le clergé salue un par un les participants et un café est servi dans un bas-côté pour ceux qui le souhaitent.

Je retrouve les préraphaélites au Birmingham Museum and Art Gallery, où une salle leur est consacrée. Ce qui m’intéresse le plus, c’est la galerie industrielle, avec une magnifique collection de vitraux, de verres et de céramiques produits par les artistes de Birmingham dans l’enthousiasme de la révolution industrielle et jusqu’à aujourd’hui. L’architecture de la salle elle-même est remarquable, à base de structures métalliques et de verrières. La salle contigüe est le restaurant. Consommer une soupe de carottes à la coriandre dans cet environnement imprégné de culture et de beauté est un enchantement.

Photo « transhumances » : gas street, le long du canal de Wolverhampton.

L’Affaire Venables divise les Britanniques

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Le cas d’un criminel récidiviste, Jon Venables, divise l’opinion publique britannique. Le cas n’est pas banal : le criminel en question avait 10 ans lorsqu’avec un complice de son âge il assassina un petit garçon après lui avoir fait subir des sévices.

Jon Venables vient d’être condamné à au moins 2 ans d’emprisonnement pour avoir recélé et diffusé du matériel pornographique enfantin. Il peut rester indéfiniment en prison si le juge d’application des peines en décide ainsi, une particularité du droit pénal britannique qui fait l’envie de la droite française.

En 1993, âgé de 10 ans, il avait un complice assassiné un petit garçon, James Bugler, après l’avoir torturé. Il avait été libéré en 2002. On lui avait donné une nouvelle identité. Il vient d’être condamné pour l’usage et la diffusion de pornographie enfantine.

Pour les « tabloïds » britanniques, la cause est entendue : Venables est un monstre (freak, monster), un dépravé, une bête. Aucun espoir de rédemption n’est possible dans son cas. Il est depuis son crime et pour toujours du côté de l’enfer. Le « politiquement correct » empêche les tabloïds de réclamer la peine de mort, mais la meute lâchée dans Facebook s’en charge.

Il y a là une question de société fondamentale : y a-t-il d’un côté les braves gens et de l’autre des voyous irrécupérables ? Ou bien faut-il reconnaître le versant sombre des gens biens et la capacité des délinquants à se repentir ?

Son avocat fit une déclaration dont voici des extraits. «  (…) Jon Venables commença une vie indépendante en mars 2002, à l’âge de 19 ans, après avoir passé la moitié de sa vie en prison. La décision de le libérer était fondée sur la compréhension de ce qu’il avait fait, sur l’acceptation de sa responsabilité et de ce que cette responsabilité l’accompagnerait pour le reste de sa vie. Il avait dit que chaque jour qui s’était écoulé depuis 1993, il avait pensé à combien la vie aurait été différente pour tous ceux qui avaient été affectés, et il comprend qu’ils aient aussi leurs propres motifs de réflexion.

Sa libération impliquait un défi, un défi qui a pesé sur lui chaque jour depuis lors. Selon les mots des attendus de la sentence, il avait une « vie léguée » – un changement complet d’identité – il fut formé par la police à la contre-surveillance et il lui a fallu vivre en permanence dans le mensonge pour le reste de la vie. Il y avait peu de doute que si son identité était révélée, sa vie aurait été en danger. (…) L’une des majeures conséquences sur sa vie fut l’incapacité à partager un énorme secret… il craignait d’être toujours seul.

Il s’excuse auprès des amis qu’il s’est faits au cours de ces huit années, qui au mieux vont être perplexes et troublés, et plus probablement blessés et en colère en réalisant que leur ami n’était pas ce qu’il disait qu’il était.

(…) Ce n’est nullement une excuse, mais Jon Venables dit maintenant qu’à la réflexion, ne connaissant pas tout à fait à quoi ressemblait le monde dans lequel on le libérait et comment il fonctionnait, il n’a peut-être pas totalement compris à quel point le passage du temps en lui-même n’atténuerait pas par lui-même ses frustrations et son malheur. Il dit qu’il comprend qu’il n’y avait pas de modèle à sa disposition ou  à celle de ceux qui le soutenaient – il se sentait comme un canari au fond d’une mine. Le retour en prison représenta une sorte de soulagement lorsqu’il se produisit. Il a l’intention d’apprendre des leçons qui l’aident à affronter ce défi de nouveau.

(…) Il est décidé, maintenant et une fois pour toutes, à devenir la personne qu’il désire être de manière qu’une fois sorti de prison il n’y revienne plus jamais. »

Illustration de The Guardian : couvertures de tabloïds sur l’affaire Venables.

Du Greco à Dali

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Amateurs parisiens de la peinture espagnole, dépêchez-vous : le dernier jour de l’exposition « du Greco à Dali » au musée Jacquemart – André est dimanche premier août !

La référence au Greco de cette exposition extraite de la collection Pérez Simón est un peu abusive : il n’y a de lui qu’une toile de format miniature. En revanche, on y trouve de nombreux chefs d’œuvre de Dali, aux côtés de Ribera, Murillo ou Picasso.

Je retrouve avec plaisir l’œuvre de Joaquín Sorolla, dont nous aimions visiter la maison musée à Madrid. Le traitement de la lumière est exceptionnel.

Un chef d’œuvre de l’exposition est le portrait de femme andalouse peint par Julio Romero de Torres vers 1925 – 1930.

Illustration : Soleil du Matin, par Joaquín Sorolla y Bastida (1901).

Site Internet de l’exposition : www.cultrurespaces-minisite.com/greco-dali.

Site Internet du musée Sorolla à Madrid : http://www.museosorolla.mcu.es/.

Maubuisson côté Atlantique

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La plage est, aux côtés de la forêt de pins et du lac, le principal attrait de la station de Maubuisson, sur la commune de Carcans, en Gironde.

Sur deux cents kilomètres, de Soulac à Hossegor, la côte atlantique est une immense plage de sable fin adossée à une dune, a peine trouée par l’estuaire du Bassin d’Arcachon. De loin en loin, des agglomérations se sont formées. Carcans Plage, à 6 kilomètres de vélo de Maubuisson, est l’une d’elles. Il y a là des parkings, plusieurs boutiques de plage, quelques bars qui proposent des sandwiches et des glaces et le Restaurant Chez Heidi célèbre pour son cochon grillé. Des accès à la mer ont été aménagés pour franchir la dune sans l’endommager.

Toute l’année, des surfeurs expérimentés pratiquent à Carcans Plage, et pendant les vacances scolaires des écoles forment les débutants. En juillet et août par beau temps, des milliers de personnes se retrouvent sur le sable. Un dispositif de surveillance est en place. L’océan est généralement dangereux, avec des trous d’eau appelés ici « baïnes », traversés par de forts courants latéraux. Plusieurs sauveteurs sont juchés sur une chaise à quelques mètres du sol, d’autres sont positionnés sur des véhicules mobiles, d’autres encore sifflent les imprudents, prêts à intervenir.

Le bain dans les vagues est un moment de bonheur voluptueux. L’océan procure apesanteur, exaltation, force, respiration. Un papa à genoux dans les vagues laisse éclabousser son bébé émerveillé. Une jeune fille glisse sous les vagues et sourit. Des dizaines de jeunes cherchent la bonne vague et se laissent entraîner sur leur body-board jusqu’au rivage environnés d’écume. Des gens de tous âges laissent claquer les vagues sur leur corps, ou s’immergent pour réapparaître dans l’écume.

La plage est un festival de couleurs. Entre la bande beige du sable et le pâle azur du ciel, l’océan brille de la réflexion du soleil sur les vagues crénelées d’écume. Les parasols, les maillots de bain, les serviettes sur le sol, les cerfs-volants offrent un patchwork de teintes étincelantes. Allongées, de jolies filles exposent leurs corps magnifiques.

Le sens dominant du vent est le nord-ouest. On respire à pleins poumons un air chargé d’iode, d’algues marines et de grands espaces.

Photo « transhumances »