Maubuisson à bicyclette

100715_maubuisson5.1279304157.jpg

Plus encore qu’un moyen de locomotion, la bicyclette est l’un des plaisirs des vacances à Maubuisson. Les textes ci-dessous ont été écrits au fil de promenades cyclistes ces dernières années.

Joie de pédaler par une belle après-midi fraîche et ensoleillée sur la piste de Lacanau qui sent bon le pin et la bruyère. Plaisir de rouler vite et sans fatigue excessive, de sentir son corps respirer à son rythme, de s’immerger dans l’Océan et se sécher sur le sable chaud. Emotion à croiser un couple à bicyclette. Il pédale, elle est assise sur le guidon face à la piste, son cou appuyé sur son épaule, joue contre joue.

——

Sur la piste cyclable étroite de Lacanau à Carcans Océan, je me range pour laisser passer une famille. La mère de famille s’adresse à l’enfant d’une douzaine d’années qui ouvre la marche : « Antoine, dit merci au monsieur ! ». Derrière elle, un garçon plus jeune lui demande : « maman, pourquoi as-tu demandé à Antoine de dire merci ? » « Parce que le monsieur s’est rangé pour nous laisser passer ». Arrivé à ma hauteur, le petit garçon s’exclame triomphant : « merci Antoine ! ».

—–

Je roule à bicyclette sur la piste souvent défoncée de Bombannes à La Gracieuse, mettant pied à terre lorsque je ne peux éviter les trous. Il fait chaud, mais les ombrages et, par moment, un souffle d’air marin, rendent la promenade agréable.

—–

Après avoir dépassé les phares d’Hourtin, je me dirige vers l’Océan par la piste étroite qui débouche sur le pare-feu du Gemme. Les cigales font un bruit assourdissant. À mesure que j’approche de la dune, les effluves de pin le cèdent à une entêtante odeur de maquis, semblable à celle qui accompagne nos randonnées à La Réunion. La dune a le parfum de mon enfance : petit garçon à Stella-Plage, je m’imaginais conduire une 403 camionnette bâchée sur des routes balisées par les massifs d’oyats.

—-

J’ai fait réviser ma bicyclette et j’ai l’impression d’avancer facilement sur ma piste favorite, par l’étang de Cousseau, le Carrefour de Marmande et Carcans Plage. Alors que je marque une pause, j’avise une ravissante jeune femme. Elle est noire, a de longues jambes, porte un bermuda brun et un soutien-gorge rose et sa tête est coiffée d’un chapeau de paille à larges bords, rose lui aussi. Elle chevauche une bicyclette rouge. La silhouette élancée de la jeune femme, le contraste du rose sur la peau noire, l’élégance du chapeau dégagent un sentiment d’insolite beauté.

—–

Je vais à bicyclette me baigner à Hourtin plage, a 22 kilomètres de Maubuisson. Le temps est couvert. L’air est chargé de senteurs d’humus, de pins et d’embruns que le vent doux transporte et dont je me remplis les poumons. Une jeune biche traverse la route lentement, me toise et s’éloigne lorsque je m’arrête pour lui faire face. Près de la plage, je croise un jeune couple. Elle est installée inconfortablement sur le porte-bagages de sa bicyclette, tient une planche de surf de la main droite et s’accroche à sa taille par le bras gauche. Elle respire le bonheur. Je me plonge dans l’océan. Les vagues lavent mon corps couvert de sueur.

Photo « transhumances »

Maubuisson

100715_maubuisson1029.1279269147.jpg

 La station de Maubuisson, sur la commune de Carcans en Gironde, est un petit paradis pour les vacanciers.

La station de Maubuisson a été créée dans les années 1970 sur le bord sud du lac de Carcans Hourtin, à 70 km au nord ouest de Bordeaux. Elle appartient géographiquement au Médoc, connu pour les vignobles grimpant sur les collines le long de la Gironde (Margaux, Saint Estèphe…). A l’ouest du vignoble et jusqu’à l’Océan s’étend une immense pinède plantée à partir de la fin du 18ième siècle pour assainir les marais. Le lac, ou plutôt l’étang de Carcans Hourtin est, par sa superficie, le plus grand de France bien que sa profondeur n’excède guère 4 mètres. Il s’est constitué, derrière la dune côtière, par l’accumulation d’eaux de ruissellement. Il communique avec le lac de Lacanau, plus au sud, lui-même relié par canal au Bassin d’Arcachon.

La station est située entre le bourg de Carcans, à l’intérieur des terres, et Carcans Plage, sur l’Océan. Une route relie ces trois points, distants de 10 kilomètres et 6 kilomètres respectivement, mais aussi une piste cyclable. Car Maubuisson est un paradis de la bicyclette. Quatre loueurs offrent leurs services. Il est possible de parcourir des dizaines de kilomètres en forêt sans rencontrer une voiture.

Carcans, une commune de 1.500 habitants, en accueille plus de 40.000 en haute saison. Elle abrite plusieurs campings, particulièrement appréciés par les touristes d’Europe du Nord, Allemands, Hollandais, Britanniques. Mais les espaces sont vastes et on ne souffre jamais du sentiment d’entassement.

La plage de Carcans est le domaine des surfeurs, des amateurs de vagues et des constructeurs de châteaux de sable. Les familles avec jeunes enfants, les véliplanchistes et les as du catamaran font du lac leur lieu de prédilection. Sur la rive ouest du lac, le long de la dune, une base UCPA et des colonies de vacances ont élu domicile.

Maubuisson est presque située sur le 45ième parallèle (et non loin du méridien de Greenwich). C’est un lieu de calme, de grand air et d’équilibre, un parfait lieu de villégiature (www.carcans-maubuisson.com)

Photo « transhumances » : le Pôle de Maubuisson avec le lac en arrière plan.

¡Viva España !

100711_espagne_championne_du_monde.1278923810.jpg

J’ai vibré pour la victoire de l’Espagne dans la coupe du monde de football.

J’aime l’Espagne pour y avoir vécu heureux de 2001 a 2007. Je participe de la liesse de Madrid et de Barcelone.

La revanche de leur entraîneur Vicente del Bosque, évincé du Real de Madrid où il avait été pendant trente ans joueur et entraîneur, juste après avoir remporté le championnat en 2003, relève de la justice immanente. « Un nouveau cycle doit commencer », avait annoncé le président du club Florentino Perez, soucieux de mener à bien sa politique de recrutement de « galactiques ». Un cycle désastreux allait en effet commencer pour le club madrilène. Vicente del Bosque est revenu par la grande porte. Le paradoxe est qu’il l’a fait à la tête d’une équipe dont l’ossature est le club de Barcelone, grand rival du Real.

Car la victoire de l’Espagne est en grande partie une victoire catalane. C’est un paradoxe : beaucoup de Catalans perçoivent comme une humiliation l’arrêt du tribunal constitutionnel espagnol sur se statut d’autonomie élargie de la Catalogne. Cet arrêt confirme, selon Le Monde, les restrictions apportées par cette juridiction largement influencée par le Parti Populaire à la notion de nation catalane qui figurait dans le préambule du statut adopte en 2006, ainsi que l’invalidation du « caractère préférentiel » de la langue catalane, notamment dans l’administration.

Le triomphe de la « Roja » semble œuvrer a « l’indissoluble unité de l’Espagne » évoquée par le tribunal constitutionnel, alors que nombre de ses héros rêvent d’autonomie, pour ne pas dire d’indépendance.

Photo « Le Monde »

Yes Minister

100706_yes_minister.1278446679.jpg

Il y a trente ans, la BBC lançait une série de comédies mettant en scène le monde politique. Malgré le temps passé, regarder ces sketches d’une demie heure chacun procure un grand plaisir.

Patrick Lagadec m’avait souvent vanté l’humour dévastateur de « Yes Minister », la série programmée par la BBC entre 1980 et 1984. Ayant eu l’occasion de l’acquérir pour £6 chez le supermarché Sainsbury’s, j’ai en effet passé un bon moment.

Dans la première séquence, James Hacker prononce un discours enflammé un soir d’élection. Il vient d’être élu député. Ministre de l’Agriculture dans le « shadow cabinet », il attend anxieusement l’appel du nouveau Premier Ministre. Celui-ci finit par l’informer de ce qu’il occupera le portefeuille des Affaires Administratives.

Le Directeur de Cabinet Sr Humphrey Appleby (joué par Nigel Hawthorne) va s’employer à déniaiser le Right Honorable James Hacker (joué par Paul Eddington). Chauffé par son Conseiller Politique, le nouveau ministre prend à cœur le slogan de campagne : « open government! » Il fait diffuser à la presse un article s’en prenant vertement à la commande, par le précédent ministre, d’ordinateurs américains alors que le chômage frappe en Grande Bretagne. Las ! Le Premier Ministre prépare un déplacement à Washington et l’initiative de son Ministre est une catastrophe. Fort heureusement, Sr Humphrey a fait prendre à l’article les circuits de la censure interne. Il s’excuse hypocritement pour avoir omis les nouvelles règles de transparence. Non moins hypocrite, Sr Humphrey répond que tout le monde peut se tromper.

Tout est de la même veine. Le ministre est plein de bonne volonté mais, face au risque de voir se détourner des électeurs ou de perdre son portefeuille, il n’a pas le courage de faire front et se laisse manipuler. Une séquence très actuelle est celle où, résolu à réduire son administration de 23.000 personnes, il finit par supprimer quelques dizaines de postes de postes de serveuses de thé.

La série constitue une critique au vitriol de la classe politique, politiciens et hauts fonctionnaires mêlés. Si le mobilier et les outils de communication datent de trente ans, la comédie n’a pas pris une ride.

Photo BBC, « Yes Minister  »