Le gouvernement espagnol a lancé, pour soutenir l’économie, une campagne massive de régularisation de sans-papiers. De ce côté des Pyrénées, le président de Les Républicains annonce son intention de rétablir les contrôles aux frontières avec l’Espagne s’il est élu en 2027.
Dans une rue de Tudela, une affiche du gouvernement de Navarre en espagnol et en arabe s’adresse aux migrants pouvant justifier de plus de cinq mois de présence dans cette communauté autonome. Elle leur promet de les aider gratuitement dans leur démarche pour régulariser leur situation.
Dans le quotidien El País du 16 mai, le journaliste Jesús García raconte avoir assisté aux rencontres avec Moussa et Mohamed, deux candidats à la régularisation, avec deux avocates d’Arrels, un cabinet d’avocats de Barcelone engagé pour la justice sociale et la défense des droits des personnes.

Les deux jeunes hommes sont algériens, sans domicile fixe. Pour eux, obtenir la régularisation n’est pas seulement un défi, c’est une épopée, commente le journaliste. Il leur faut en effet produire leur passeport et un certificat de travail et justifier de liens familiaux en Espagne. Ils doivent également prouver qu’ils n’ont été l’objet d’aucune condamnation, en Espagne, dans leur pays ou dans un pays où ils ont résidé. En l’absence de cela, ils peuvent se faire remettre par un service social un « certificat de vulnérabilité » attestant qu’ils se trouvent dans une situation particulièrement difficile.
Les avocates d’Arrels évoquent les multiples difficultés qui se présentent aux sans-papiers, confrontés à un labyrinthe bureaucratique impliquant les administrations des pays impliqués : difficulté à obtenir des documents, à obtenir des traductions conformes, à recevoir du courrier quand on n’a pas d’adresse fixe… Le délai fixé pour la clôture du processus de régularisation est le 15 juin. Beaucoup de demandes n’aboutiront pas à temps.

En France, le président du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, invité par LCI le 20 avril, a dit vouloir mettre l’Espagne au ban des nations européennes. Il a promis de rétablir les contrôles aux frontières s’il est élu président de la République l’an prochain. La volonté de concurrencer le Rassemblement National sur le terrain du rejet des migrants le conduit aux frontières de l’absurde.
La sculpture illustrant cet article est de Claude Burgeilles, dont des œuvres sont actuellement présentées dans le cloître du monastère d’Urdax, près d’Ainhoa en Navarre.