VatiLeaks

 

Tarcisio Bertone, Secrétaire d'Etat et Cardinal Camerlingue. Photo La Croix.

La presse se fait l’écho des fuites de courriers confidentiels du pape Benoît XVI, probablement dans le cadre d’une tentative de déstabilisation du Secrétaire d’Etat du Vatican, Tarcisio Bertone.

 Le pape a nommé Tarcisio Bertone Secrétaire d’Etat, l’équivalent d’un premier ministre, en 2006 peu après son accession au pontificat. Il entendait qu’un homme de confiance gère la bureaucratie vaticane, lui laissant ainsi le loisir de se concentrer sur les questions doctrinales.

 Visiblement, le binôme à la tête de l’Eglise Catholique est dysfonctionnel. Le Vatican est traversé par des luttes de clans pour le pouvoir, dans lesquelles l’argent joue un rôle capital. La bureaucratie vaticane, loin d’unir ses forces pour servir les objectifs de l’Eglise, se divise contre elle-même.

 C’est probablement le principe même d’une division des tâches entre gouvernement et doctrine, reflétant l’opposition du matériel et du spirituel ou de l’impur et du pur, qui est en cause.

 Le spirituel est-il étranger aux corps, ceux des individus comme des sociétés ? Gouverner de manière autoritaire, machiste et opaque n’aurait-il aucune portée spirituelle ? Si au contraire on se prenait à rêver, encourager la prise de parole et l’initiative des croyants les plus humbles, obliger les clercs à rendre compte de leurs actes, placer les femmes à égalité de droits avec les hommes, tout cela  ne serait-il pas porteur d’un message évangélique ?

Thriller Live

Thriller Live. Photo The Guardian

Le Lyric Theatre de West End à Londres donne une comédie musicale, « Thriller Live », en hommage à Michael Jackson.

 Comment rendre hommage à un artiste exceptionnel en utilisant de bons acteurs, chanteurs et danseurs, sans que la différence de qualité saute aux yeux ?

 Thriller Live n’échappe pas à ce risque. Le début de la comédie musicale met en scène un adolescent censé figurer Michael lorsqu’il faisait ses débuts avec les Jackson 5. Mais la médiocrité du gamin saute aux yeux : il chante juste et danse correctement, mais on ne peut croire un seul instant qu’il sera plus tard le roi de la pop music. Les interventions pesantes d’un récitant insistant sur les dizaines de millions d’albums vendus accentuent un sentiment de malaise.

 La seconde partie du spectacle fait oublier l’impression de gâchis que donnent les premières scènes. C’est à un concert de Michael Jackson que l’on assiste qui, peu à peu, nous entraîne dans son rythme endiablé. La comédie musicale suit un fil chronologique, et les dernières chansons et chorégraphies révèlent Jackson au sommet de son art. Les acteurs sont des hommes et des femmes qui, par la multiplicité de leurs talents, parviennent à produire le kaléidoscope des facettes du génie de l’artiste.

 La mise en scène, les costumes, les lumières, sont fortement sexualisés. C’est au fond assez étrange pour rendre hommage à un personnage dont le positionnement était l’ambiguïté, androgyne, ni noir ni blanc, lunaire.

Leeds Castle

Leeds Castle. Photo "transhumances".

Le château de Leeds, près de Maidstone dans le Kent, est un lieu de promenade et de pique-nique apprécié des londoniens.

 On ne se rend pas à Leeds Castle sur les traces d’une personnalité historique ou pour comprendre un style d’architecture. La bâtisse telle qu’elle existe aujourd’hui est le palais qu’a aménagé une milliardaire américaine, Lady Baillie dans l’entre-deux guerres. Il a été plusieurs fois profondément remanié au cours de l’histoire, en particulier sous les rois Edward I (13ième siècle) et Henry VIII (16ième siècle). Ce dernier séjourna au château en 1520, sur la route pour rencontrer le roi de France François Ier au Camp du Drap d’Or. Toutefois, les traces d’Henry sont effacées. Le château tel qu’il existe aujourd’hui est une confortable construction du vingtième siècle soutenue par des murs anciens.

 Ce qui rend Leeds Castle inoubliable, c’est l’harmonie de ses proportions, malgré les restructurations successives, l’étendue d’eau qui l’entoure de toutes parts et le parc et les jardins qui lui font un écrin où domine le vert profond avec des pointes d’exubérantes couleurs. Partout coulent des ruisseaux. Les familles accourent pour profiter de ce lieu bucolique qui donnent l’espace d’un dimanche l’illusion d’être riche, riche d’espace et de temps, de formes, de pigments et de fragrances.

Les Britanniques soutiennent la monarchie

A la vitrine de Selfridges. Photo "transhumances"

Un sondage publié le 24 mai par The Guardian confirme que les Britanniques soutiennent la Monarchie, non sans hésitations sur le successeur d’Elizabeth II.

 Londres se prépare pour le Jubilée de Diamant de la Reine Elizabeth II. A la vitrine de Selfridges, un  grand magasin d’Oxford Street, deux visages de l’Angleterre d’aujourd’hui, un  jeune soldat et un punk, se font face dans un décor pavoisé aux couleurs de l’Union Jack. La façade de Harrods célèbre elle aussi l’événement.

 Après « l’annus horribilis » de 1992 puis le désamour consécutif à la mort de Diana, les Britanniques se sont réconciliés avec la monarchie. The Guardian leur a demandé si la Grande Bretagne s’en sortirait mieux ou moins bien sans une famille royale. Les avis favorables à la monarchie sont 69%. Seulement 22% des Britanniques disent que la situation du pays serait meilleure sans les Windsor.

 Une seconde question était ainsi formulée : « lorsque la Reine abdiquera ou mourra, que pensez-vous qu’il arrivera ensuite ? » Seuls 10% des interrogés disent que la Grande Bretagne devrait devenir une République et élire un chef de l’Etat. Moins de la moitié estiment que la couronne devrait passer au Prince Charles. 48% pensent qu’elle devrait revenir au Prince William.

 Ce sondage confirme que le courant républicain est minoritaire en Grande Bretagne : il n’a jamais dépassé 20%, même aux pires moments de la famille royale. Il laisse toutefois planer un doute sur la légitimité du premier dans la ligne de succession, le Prince Charles. La rupture avec Diana a laissé des traces dans l’opinion. Mais surtout, on reproche au Pince d’intervenir lourdement auprès des ministres en appui de causes qui lui sont chères, comme l’échec de projets immobiliers contraires à son esthétique plutôt traditionnelle. Après Elizabeth, la monarchie devra se battre au jour le jour pour prouver à ses sujets qu’elle est pour eux le meilleur régime. Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’est plus, depuis longtemps, de droit divin.

 

La façade de Harrods. Photo "transhumances".