Soigner les méchants

Dans « soigner les méchants » (L’Harmattan 2015), le psychiatre Maurice David s’interroge sur l’éthique du soin psychiatrique en milieu pénitentiaire.

C’est à dessein que Maurice David parle des « méchants », ceux qui ne respectent pas le contrat social et que l’opinion publique voudrait voir retranchés de l’espace public le plus longtemps possible. Les méchants, dit-il, « n’ont pas à se sentir mieux. Leur châtiment et la souffrance qui en résulte devraient être éternels. » Et encore davantage si les méchants sont des délinquants sexuels qualifiés de monstres. Continuer la lecture de « Soigner les méchants »

Danish Girl

Dans « Danish Girl », le réalisateur britannique Tom Hooper s’inspire de l’histoire réelle du premier transsexuel, le peintre danois Einar Wegener devenu Lili Elbe.

L’action se passe à Copenhague, Paris et Dresde entre 1926 et 1931. Einar Wegener (Eddie Redmayne) vit une histoire d’amour avec sa femme Gerda (Alicia Wikander), son épouse depuis 6 ans. Il peint des paysages, elle est portraitiste. Sensibles à la forme des choses et des êtres, ils décident de se prêter à un jeu : Einar assistera à un bal au bras de Gerda, mais travesti en Lili, supposée être sa cousine. Continuer la lecture de « Danish Girl »

Les nouveaux sauvages

« Les nouveaux sauvages », film argentin de Damián Sczifron sorti en France il y a un an, est un chef d’œuvre d’humour noir.

Il s’agit d’un film à sketchs, dont le point commun est un ou plusieurs personnages qui, soudain, « pètent un plomb » et déclenchent une série de catastrophes. Continuer la lecture de « Les nouveaux sauvages »

Surveiller et punir, naissance de la prison

Publié il y a quarante ans, le livre de Michel Foucault intitulé « surveiller et punir, naissance de la prison » reste une référence incontournable pour toute réflexion en profondeur sur l’institution carcérale.

Le livre s’ouvre par la description insoutenable des tortures infligées sur l’échafaud, devant une grande masse de badauds, à un criminel nommé Damiens. C’était en 1757. En France et ailleurs en Europe, le crime est considéré comme une injure personnelle au souverain. Celui-ci se venge de la violence symbolique subie du fait du crime par un déchainement de violence sur l’échafaud. Or, entre la fin du dix-huitième siècle et le début du dix-neuvième, disparait « en quelques années le corps supplicié, dépecé, amputé, symboliquement marqué au visage ou à l’épaule, exposé vif ou mort, donné en spectacle. » Continuer la lecture de « Surveiller et punir, naissance de la prison »