Sous le figuier

À l’occasion de la fête de Noël, « transhumances » présente à ses lecteurs « Sous le figuier », un livre de poésies « à l’écoute des psaumes » d’Agnès Gueuret (Le Corridor Bleu, 2014).

 Agnès Gueuret a étudié les psaumes en profondeur. Elle ne prétend pas réaliser une traduction au sens littéral du terme, mais « un exercice de l’esprit et du cœur pour s’accorder » à ce qu’elle a entendu alors qu’elle s’immergeait dans les textes. Il s’agit de transférer le souffle prophétique dans la culture d’aujourd’hui et de faire résonner, dans l’âme de lecteurs de l’ère postindustrielle, les plaintes et les actions de grâce de croyants qui vivaient dans une société agropastorale éloignée de nous par une centaine de générations.

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Mr Turner

Dans « Mr Turner », le réalisateur Mike Leigh raconte les dernières années de la vie du plus célèbre des peintres anglais, Joseph Mallord William Turner (1775 – 1851).

 Lorsque commence le film, Turner (Timothy Spall) a 54 ans. Il revient de l’un de ses nombreux voyages en Europe, en l’occurrence aux Pays-Bas où il est allé s’inspirer des paysages de canaux et de moulins. Son père, qui était devenu son assistant mais aussi le compagnon d’une vie recluse, décède. Cela le laisse dans un état de dépression et de profonde solitude. Continuer la lecture de « Mr Turner »

Rue des voleurs

« Rue des voleurs », roman de Mathias Énard (Babel, Actes Sud, 2012) est un passionnant récit au cœur des craquements qui ébranlent nos sociétés au nord comme au sud de la Méditerranée.

 « Rue des voleurs » avait tout pour me séduire : les villes de Tanger (patrie affective d’un vieil ami), de Barcelone (où j’ai travaillé) et de Tunis (mon dernier voyage au Maghreb) ; les amours contrariées d’un jeune marocain et d’une barcelonaise étudiante en arabe ; la prison d’où le héros écrit son histoire ; l’image tutélaire du voyageur marocain Ibn Battûta. Et je n’ai pas été déçu. Ce roman est de ceux dont on ne voudrait qu’il ne finisse jamais. Continuer la lecture de « Rue des voleurs »

La terre outragée

Arte TV a récemment diffusé le film “la terre outragée” de la réalisatrice israélienne Michale Boganim, dont le contexte est l’accident nucléaire de la centrale de Tchernobyl en Ukraine, le 26 avril 1986.

 En ce jour de printemps, les gens de Primiet ont un bonheur communicatif. Il fait beau, on prend le soleil en barque, on rêve du défilé du premier mai au cours duquel seront inaugurées des attractions enfantines, dont une grande roue. À Primiet, ville où logent les ingénieurs et techniciens de la centrale nucléaire toute proche, on se sait privilégié : il y a ici cinéma, théâtre, piscine, tout ce dont rêvent les villes d’Union Soviétique. Aujourd’hui, Anya (Olga Kurylenko) et Piotr se marient. Aujourd’hui, le petit Valéry et son père plantent un pommier. Continuer la lecture de « La terre outragée »