RMS Olympic, le frère du Titanic

Le musée de la marine de Liverpool expose une maquette du RMS Olympic, paquebot construit comme le Titanic à Belfast, pratiquement sur le même modèle.

 Le RMS Olympic fut lancé en 1911 pour la White Star Line. Contrairement au Titanic, lancé l’année suivante et très légèrement plus long, il eut une longue carrière jusqu’à son démantèlement en 1935. Réquisitionné pour le transport de troupes pendant la première guerre mondiale, il fut ensuite réaménagé pour reprendre le service civil transatlantique. L’une des transformations les plus significatives fut la substitution des turbines à vapeur par des moteurs diésel, moins onéreux en carburant, en personnel et en temps d’avitaillement.

 Le 14 avril 1912, l’Olympic croisait à une centaine de miles de son frère en perdition, le Titanic. Il était commandé par le Capitaine Haddock (Herbert James, de son prénom). Quelques jours après le naufrage du Titanic, les pompiers de l’Olympic, peu satisfaits des canots de sauvetage supplémentaires installés à la hâte sur ses ponts, se mirent en grève.

 Photo « transhumances » : maquette du RMS Olympic au Merseyside Maritime Museum de Liverpool

Les jardins d’Exbury

Floraison, Exbury Gardens

Dans le Parc National de New Forest, près de Southampton, Exbury Gardens est un superbe lieu d’excursion au printemps.

 La traversée du Parc National est, en soi, intéressante. La forêt primitive alterne avec de vastes espaces de lande désolée où des animaux, principalement des chevaux et des poneys, évoluent en liberté.

 Lionel de Rothschild acquit en 1929 une propriété de 100 ha à Exbury, en bordure de la rivière Beaulieu au sud du Parc National et y fit planter un jardin somptueux. Au début du printemps, la floraison des rhododendrons, des acacias, des magnolias et des cerisiers donne lieu à une symphonie de couleurs.

 Un train à vapeur sur voie étroite circule dans le domaine. Mis en service en 2001, il apporte une étonnante touche kitsch : il transforme la demeure aristocratique en parc d’attraction, il fait circuler dans les frondaisons centenaires un matériel ferroviaire ancien contrefait au vingt et unième siècle.

Fleur de magnolia, Exbury Gardens

Yayoi Kusama

Yayoi Kusama, Passing Winter, 2005

La Tate Modern de Londres présente jusqu’au 5 juin une rétrospective de l’artiste japonaise Yayoi Kusama, née en 1929.

 « Yayoi Kusama est peut-être le mieux connu des artistes japonais vivants, dit le catalogue de l’exposition. Depuis les années 1940, elle a travaillé de manière obsessive, développant un corpus de travaux qui inclut la peinture, la sculpture, le dessin et le collage aussi bien que des installations enveloppantes à grande échelle, pour lesquelles elle est le mieux connue. Une bonne part de l’art de Kusama a une intensité presque hallucinatoire qui reflète sa vision, que ce soit à travers une accumulation fourmillante de détails ou par des motifs chargés de pointillés. Dans les années 60 et 70, elle devint une figure majeure de l’avant-garde new-yorkaise (…) Depuis son retour au Japon en 1973, elle a continué à se réinventer comme une romancière et une poétesse, tout en revenant à l’art de la peinture, de la sculpture et de l’installation. »

 Parmi les œuvres les plus remarquables, citons « Agrégation : exposition de mille bateaux » de 1963. La sculpture toute blanche représente un canot et ses rames. Les formes sont données par des centaines de phallus. Le spectateur se sent comme opprimé par cette obsession, à l’opposé de l’image de liberté que le thème marin est censé véhiculer.

 Dans le film « l’auto oblitération de Kusama » (1967), l’artiste nous emmène dans un torrent d’images et de sons, dans l’ivresse et les vapeurs du mouvement hippie.

 L’artiste a recréé pour l’exposition une installation intitulée « salle d’infinité réfléchie dans des miroirs et remplie par la brillance de la vie ». Le spectateur est environné de petites lampes qui s’allument, s’éteignent et changent de couleurs et se reflètent dans une série de miroirs.

 Les œuvres peintes par Yayoi Kusama ces dernières années renouent avec des thèmes de jeunesse : graines, pointillés, yeux, fleurs, citrouilles… Elles étincellent de couleurs.

Gestuelle de la campagne présidentielle

Dans The Guardian du 8 avril, Lizzy Davies déchiffre la gestuelle des candidats à l’élection présidentielle française.

 S’appuyant sur les réflexions d’un expert dans le langage corporel des politiciens français, Stephen Bunard, Lizzy Davies évoque le fossé entre ce que l’on montre et ce qui est dit pendant la campagne électorale française. Le langage corporel peut exprimer des non-dits.

 Du côté de Nicolas Sarkozy, ce qui frappe ce sont les gestes dominateurs : le sourcil droit froncé, l’index pointé et surtout le haussement d’épaule, qui signifie selon Stephen Bunard, la volonté de réussir. Mais le candidat exprime aussi des faiblesses, dénotées par le grattage du nez. Et ses gestes figuratifs sont ceux de quelqu’un qui cherche à convaincre les autres de quelque chose qui n’est pas tout à fait vrai.

 François Hollande singe, selon Bunard, le François Mitterrand de 1981 et 1988 : le doigt pointé, les mains jointes, le buste incliné sur le pupitre, le salut des deux mains, le mouvement des poings serrés… Il souligne la prédominance de la main droite aux dépens de la main gauche, celle de la spontanéité. Le candidat socialiste est quelqu’un qui se contrôle.

 Marine Le Pen joue le jeu de la séduction, présentant une image pas si lointaine de la Princesse Diana. Elle expose le profil gauche de son visage plus que le droit, elle lève les yeux au ciel. Elle lève fréquemment les bras, une indication de l’implication de la personne dans ce qu’elle dit.

 Jean-Luc Mélanchon lève, lui aussi, les bras, un peu trop selon Bunard, car lorsque le mouvement des mains dépasse les épaules, cela peut dénoter une tendance autocratique. Mais c’est la bouche de Mélanchon qui intéresse le plus le spécialiste de la gestuelle : la lèvre supérieure droite tend à se relever – ce qu’on appelle lèvre de chien – un signe de mépris, alors que sur la gauche la bouche peut se pencher, un signe d’amertume.

 Enfin, François Bayrou fait un usage plus modeste de ses mains, ce qui indique aussi la sincérité. Mais ce qui frappe le plus l’analyste est le fait qu’il ne cligne pratiquement pas des yeux, seulement deux fois dans une vidéo de deux minutes et demie, ce qui dénote un état d’hyper-contrôle, que l’on pourrait peut-être attribuer à son bégaiement dans l’enfance.

 Les analyses de Stephen Bunard portent une lumière intéressante sur la campagne présidentielle. Je ne suis pas tout à fait certain de leur caractère impartial et scientifique. Le haussement d’épaule de Sarkozy marque-t-il vraiment une volonté de réussir, ou bien est-il une forme de dérision ? Hollande « singe-t-il » Mitterrand ? Du moins le mot (« to ape ») semble particulièrement péjoratif et partisan.

 Photos du Nouvel Observateur.