Un balcon sur la mer

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Le dernier film de Nicole Garcia, « un balcon sur la mer » est intéressant mais on en sort un peu frustré : il aurait pu être bien meilleur !

Vers 1990 sur la Côte d’Azur, Marc (Jean Dujardin) est un homme comblé. Il est l’étoile montante de l’agence immobilière de son beau-père, il est marié, a une petite fille et vient d’emménager dans une belle maison avec piscine.

En quelques semaines, sa vie va être chamboulée. Il reconnaît en une jeune femme venue acquérir un bien immobilier Cathy (Marie-José Croze), son amour d’adolescent à Oran, dans la fièvre des attentats de l’OAS et de l’exode des pieds-noirs. Mais Cathy est morte dans l’explosion de l’appartement de sa famille, et la jeune femme est le prête-nom d’une escroquerie s’appuyant sur une complicité au sein de l’agence.

Le monde de Marc s’effrite, il perd ses repères affectifs et professionnels. « Cathy » n’est pas l’adolescente dont il était fou amoureux, mais Marie-Jeanne, l’amie de Cathy qui n’avait d’yeux que pour lui mais qu’il n’avait jamais remarquée. « Je me suis perdu », dit-il à Marie-Jeanne dans la dernière scène.

Ce film sur le retour violent de la mémoire refoulée aurait pu être une grande œuvre. Mais il manque de crédibilité et tire un peu en longueur. Dommage !

Photo : Jean Dujardin et Marie-José Croze dans « un balcon sur la mer ».

Claude Monet au Grand Palais

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La rétrospective Claude Monet 1840 – 1926 au Grand Palais constitue une occasion unique d’admirer et de comprendre dans son étendue historique l’œuvre de l’un des fondateurs de l’impressionnisme.

Séjournant à Antibes en 1888, Claude Monet se dit très inquiet de ce qu’il fait : « c’est si beau ici, si clair, si lumineux ! On nage dans de l’air bleu, c’est effrayant ! ». Cette réflexion dénote le choc d’un peintre habitué à la lumière subtile de la Normandie, de la vallée de la Seine ou de Londres lorsqu’il est confronté à la lumière méditerranéenne. Plus profondément, elle exprime une attitude profondément contemplative : le peintre reçoit les falaises d’Etretat, le reflet de l’église de Vétheuil dans la Seine, le Parlement britannique environné de brume, la fumée des locomotives dans la gare Saint Lazare ou le jeu du soleil sur la façade de la Cathédrale de Rouen comme de sublimes et éphémères manifestations de la Beauté qu’il lui faut fixer sur la toile. Le métier de peintre est une lutte incessante, que les « séries » (de meules de foin, de cathédrales, de paysages) illustrent parfaitement : Monet mène de front plusieurs toiles, qu’il reprend à différentes heures de la journée de manière à capter la luminosité propre à différents moments.

Au début 1880, Monet peint la débâcle de la Seine à Vétheuil. L’hiver a été particulièrement rigoureux et le fleuve charrie d’énormes blocs de glace disloqués. Quelques mois plus tôt, il avait peint sa jeune épouse Camille sur son lit de mort. Comme le dit le catalogue de l’exposition, « le visage semble emporté comme les glaçons des Débâcles sur la Seine, au diapason du  deuil et de la douleur de l’artiste ». Cette toile est particulièrement émouvante.

Illustration : la débâcle, temps gris, par Claude Monet, 1880.

Rencontres de décembre

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Chaque année nous passons quelques jours à Paris autour de Noël. Cette période très spéciale est aussi une occasion privilégiée de rencontres.

Autour de la table familiale de Noël, on s’empresse d’immortaliser les retrouvailles par des dizaines de photographies. D’un 25 décembre à l’autre, ces instantanés séparés de 365 jours racontent comme en accéléré l’histoire de quatre générations, des plus anciens nés dans les années vingt aux tout jeunes enfants dont la personnalité s’affirment. Nous nous racontons nos vies, la maison que l’on achète, une excursion au Mont Fuji, les suicides de France Télécom,  les vols annulés, les films à voir.

Noël se prolonge par un festin entre amis. La soirée est assombrie par la nouvelle du décès de la maman de l’une d’entre nous. Nous échangeons des nouvelles des gens que nous aimons.  Nous parlons du décès d’une amie proche, de la préparation d’un mariage, d’un groupe de rock, d’un stage de cornemuse en Ecosse, d’une conversion à l’Islam, du fiasco de la vaccination contre la grippe porcine et de ce bien précieux qu’est l’amitié.

Comme chaque année, nous rencontrons Paris. Place des Vosges, nous visitons la Maison de Victor Hugo, toute pleine du souvenir de Juliette Drouet et de Guernesey, et nous flânons malgré le froid intense sous les arcades illuminées par les vitrines de galeries d’art moderne. Nous descendons les Champs Elysées, dont la perspective est fermée par la grande roue des Tuileries, resplendissante de lumière dans la nuit.  Avec nos jeunes, nous dégustons un couscous au Quartier Latin. Nous rendons visite à une amie dans la boutique d’art qu’elle gère près de la Place Vendôme. Nous prenons un petit déjeuner dans une brasserie typiquement parisienne de Montparnasse.

Photo The Guardian, célébration de Noël dans la rue à Sã Paulo, Brésil.