Jersey Boys

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Pas moins de 22 comédies musicales sont à l’affiche à West End, le quartier des théâtres de Londres ! Parmi elles, Jersey Boys.

Jersey Boys se donne dans le magnifique Prince Edward Theatre, construit en 1930 et rénové en 1990. Le théâtre frappe par sa grande capacité (1.645 places) et par l’élégance de ses lampes et de ses vitraux Arts Déco.

La comédie musicale raconte l’histoire du groupe « the four seasons », contemporain des Beatles dans les années soixante. Les quatre scènes, printemps, été, automne et hiver racontent l’histoire du groupe de sa genèse à son éclatement quand son chanteur, Frankie Valli, commença une carrière en solo. Elles sont introduites à tout de rôle par un membre du groupe, qui raconte l’histoire à sa façon.

Le spectacle est distrayant, rythmé par les succès du groupe : Sherry, Big Girls Don’t Cry. Walk Like a Man. Il commence par Cette Soirée-Là, de Claude François, en français.

C’est surtout la perfection technique qui retient l’attention : les mouvements sont organisés à la seconde près ;  le son est parfait ; les changements de décor, des coulisses, du plafond ou de sous la scène, sont parfaitement coordonnés.

Il y a de nombreuses trouvailles de mise en scène. Pour n’en citer qu’une, alors que le groupe connait enfin le succès, ils tournent le dos aux spectateurs de la pièce et font face à un immense auditorium imaginaire, dont l’obscurité est déchirée par les flashs d’appareils de photo. Nous assistions à un spectacle et nous nous découvrons fascinés inclus dans un show gigantesque magnifié par le passé.

Illustration de « Jersey Boys ».

Prière des Musulmans en France

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Le récent sondage de l’édition électronique du Monde sur la question de la prière des Musulmans dans la rue fait apparaître une majorité en faveur de leur interdiction « absolue ». Je ne m’attendais pas à un tel résultat.

Le résultat du sondage révèle que 48% des lecteurs ayant voté sont en faveur de l’interdiction absolue de prières collectives dans la rue. Les autres se partagent entre deux autres manières de voir la question : construire des mosquées et transformer des lieux clos (grandes salles par exemple) en lieux de prière.

Je crois pour ma part qu’il faut encourager la construction de mosquées comme d’églises et de synagogues et permettre aux croyants de pratiquer leur foi collectivement sans se sentir marginalisés ou suspectés. Je n’ai pas de réticence à l’égard de prières dans la rue, pas plus que je n’en ai pour les messes en plein air.

Il faudrait interpréter le sondage. Il mêle probablement les réponses de personnes qui au nom de la laïcité souhaitent cantonner la religion à la sphère privée, et d’autres pour qui l’Islam doit être combattu car il est synonyme d’islamisme et qu’il charrie guerre sainte et fanatisme.

L’une et l’autre attitudes me semblent erronées. La laïcité marche de concert avec la tolérance et ne me semble pas faire bon ménage avec quelque interdiction « absolue » que ce soit. La diabolisation de l’Islam ne rend pas justice aux hommes et aux femmes musulmans qui, dans l’histoire et aujourd’hui, vivent leur religion comme une humble acceptation de notre condition d’humains, frères et sœurs devant Dieu.

L’Islam est le nouveau cheval de bataille de l’extrême droite, en France et ailleurs en Europe. Il est temps de réagir.

Photo « transhumances »

Inception

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Le film « Inception » de Christopher Nolan, avec Leonardo DiCaprio dans le rôle principal, est par certains aspects frustrant. Mais il mérite d’être vu.

J’ai été loin de comprendre toutes les péripéties de « Inception », et le fait de l’avoir vu en anglais n’explique pas seul mon embarras. J’ai été aussi gêné par les fusillades, les poursuites, les flots d’hémoglobine dignes d’un James Bond, l’humour en moins.

L’idée de base du film est pourtant passionnante : il est possible d’extraire des secrets de personnes endormies par des drogues, ou de leur infuser des idées, au moyen d’une gestion coordonnée – et manipulée – de leurs rêves.

Les règles de l’extraction (ou de l’infusion – « inception ») sont qu’il existe des profondeurs différentes de rêve. Si l’on descend d’un niveau, le temps se ralentit dans une proportion d’un à dix, un mois valant une dizaine d’années. Au sein d’un groupe de rêveurs coordonnés, un participant est chargé de l’architecture du paysage des rêves ; cette architecture échappe aux lois qui régissent le monde éveillé, en particulier la gravité. Il n’est possible de remonter d’un niveau de rêve au niveau supérieur, et finalement au monde éveillé, que sous l’emprise du choc que représente sa propre mort ; cette règle est évidemment très dangereuse si  on croit rêver et que l’on se trouve bel et bien éveillé.

« Inception » est un film à gros budget. Il en rajoute dans les effets spéciaux. Le résultat est plusieurs fois exceptionnel, comme cette promenade dans Paris où le paysage urbain se plie devant les promeneurs rêveurs et se replie dans leur ciel, rendant vides de sens les trois dimensions.

Photo du film « Inception ».