L’art de la caricature

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Le caricaturiste Steve Bell s’explique dans The Guardian du 2 novembre sur les raisons qui l’ont poussé à transformer le Premier Ministre David Cameron en préservatif, ballon de baudruche, méduse ou saucisse.

Lors d’un marathon électoral, pendant la campagne législative de 2010, David Cameron s’adresse à Steve Bell, l’un des caricaturistes du Guardian : « pourquoi le préservatif ? ». Il est vrai qu’il est le plus souvent représenté la tête entièrement revêtue d’un préservatif.

En caricature, dit Steve Bell, la première impression est la bonne, et c’est pourquoi il faut s’empresser de la fixer. Ce qui l’a frappé d’emblée chez David Cameron, c’est le caractère lisse du personnage ; c’est aussi sa plausibilité, un trait rare chez les hommes politiques, mais qui s’efface derrière ce mot qui s’impose : lisse !

« Sa rondeur bien rembourrée de classe aisée et ses grands yeux larmoyants ramenaient de plus en plus à son teint de fesse de bébé. Son aspect lisse sembla bientôt prendre une qualité d’un autre monde, une sorte d’onctuosité androgyne qui accompagna la transformation de celui qu’on désignait autrefois comme le « Parti Méchant » en Parti du Soleil Levant, du Printemps et du Nuage Moutonneux.

(…) Je savais, après l’avoir observé de près, qu’il était vraiment lisse. Il allait réduire le déficit, pas le Service National de Santé. Un opportunisme moral complet combiné avec un sens complet, assimilé et érectile de sa propre responsabilité. D’où le préservatif déroulé sur sa tête lisse. Cela ne sembla si parfait et si judicieux, pour moi du moins, qu’après quelque hésitation au départ, je décidai de l’adopter. »

Illustration Steve Bell, The Guardian en janvier 2010 : « ça ne peut pas continuer comme ça, dit Cameron, la tête revêtue de son préservatif, je punirai l’irresponsabilité, pas les banquiers ». Le slogan est « pour une société forte, en caoutchouc ».

Alliance militaire

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La signature par le président français et le premier ministre britannique de traités scellant pour cinquante ans une collaboration intime entre les armées des deux pays est un événement remarquable.

Ancien ministre de la Défense du Cabinet Fantôme conservateur, Bernard Jenkin a déclaré selon le Guardian : « il ne peut pas y avoir de fusion stratégique avec un pays qui a historiquement, et qui a encore, des objectifs stratégiques diamétralement différents sur la scène mondiale ». On mesure l’énormité, pour le courant de pensée auquel il appartient, d’un accord qui, à côté de la création, presque banale, d’une force d’intervention commune de 10.000 hommes, revient à partager l’arme nucléaire : « interopérabilité » des porte-avions, complémentarité géographique des missions des sous-marins, développement d’un laboratoire en France pour tester les bombes. Si ce n’est pas une fusion, cela y ressemble à s’y tromper !

Le premier ministre anglais David Cameron a évoqué le pragmatisme : il s’agit de mettre en commun des moyens pour réduire les budgets militaires tout en conservant une ambition mondiale. Méfiant à l’égard d’une défense européenne sous l’égide de Bruxelles, il est à l’aise avec un traité bilatéral qui pourrait s’élargir demain à l’Allemagne, aux Pays-Bas ou à l’Espagne.

Il a rappelé que la Grande Bretagne n’était allée seule à la guerre qu’en deux occasions au cours des trente dernières années, en Sierra Leone et dans les Malouines. Il a toutefois, semble-t-il, oublié une occasion où elle y est allée mal accompagnée : en Irak.

Photo « The Guardian » : le sous-marin britannique HMS Astute ensablé près de l’Ile de Skye

Centenaires

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L’INSEE annonce qu’il devrait y avoir au moins 200.000 centenaires en France en 2060. Ils étaient 15.000 au début de cette année.

Ce phénomène n’est pas propre à la France. Le quotidien italien La Repubblica s’interroge sur les aménagements du cadre de vie qui seront nécessaires pour accueillir ces cohortes de personnes atteignant un âge encore récemment impensable. Il se réfère en particulier à la « semaine de la cuisine sûre » organisée par Ikea. Et il offre aux centenaires le gâteau qui orne cette chronique.

Camden Town

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Camden Town, un quartier au nord de la gare de St Pancras à Londres, est devenu l’une des principales attractions touristiques de Londres.

Le dimanche, on estime que plus de 100.000 personnes visitent les puces de Camden. La station de métro est fermée une bonne partie de la journée pour éviter que la foule provoque des accidents sur les quais étroits de la Northern Line.

Ce n’est pas un marché, mais plusieurs, qui se sont développés depuis les années soixante dix sur un site traversé par le Regent’s Canal, les voies de chemin de fer de la gare de Euston et celles de l’Overground. Les plus fameux se sont installés dans les entrepôts voisins des écluses (Lock Market) et dans les anciennes écuries de l’hôpital où étaient soignées les chevaux qui tiraient les péniches sur le chemin de halage (Stables Market)

Camden est le monde de l’extravagance vestimentaire, où il est possible pour peu d’argent de se constituer une garde-robe indienne, gothique ou carrément loufoque. Des centaines de boutiques proposent des mets du monde entier, que l’on savoure debout entre les stands. Des ateliers et galeries d’art se sont installés. Certains vendent des objets de pacotille, mais d’autres profitent de l’effet de la mode pour s’adresser à une clientèle « posh » (élitiste).

Visiter Stables Market procure une vraie expérience sensorielle. On piétine, on se bouscule, on tâte les tissus et les objets. On y admire des sculptures de chevaux, des cariatides, des statues de divinités. On cligne des yeux au faisceau des projecteurs. On savoure des samossas, des nems et des loukoums. On est assourdi par les musiques diffusées à tue-tête, les boniments des vendeurs et la rumeur de la foule. On est enivré par les fumets de cuisine et les émanations des lampes à parfum.

Photo « transhumances ». Stand de restauration en plein air à Lock Market, Camden Town.