« Transhumances » souhaite à ses lecteurs un joyeux Noël, des fêtes de fin d’années chaleureuses et une année 2011 pleine d’émerveillements et de pâturages nouveaux.
Photo : illuminations de Noël à Watford, Hertfordshire, Royaume Uni.
Transhumances
« Transhumances » souhaite à ses lecteurs un joyeux Noël, des fêtes de fin d’années chaleureuses et une année 2011 pleine d’émerveillements et de pâturages nouveaux.
Photo : illuminations de Noël à Watford, Hertfordshire, Royaume Uni.
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Se déplacer en ce mois de décembre neigeux et verglacé est une entreprise incertaine, en raison de l’impraticabilité des routes et des annulations de vols et de trains. Pour les plus chanceux, le voyage se transforme parfois en Odyssée.
Mon vol EasyJet entre Paris Charles de Gaulle et Londres Luton atterrit à minuit et demie, avec trois heures de retard. Plusieurs centaines de personnes font la queue stoïquement au contrôle des passeports. Fatigué, je suis agacé par les pleurs de jeunes enfants. Mais je suis aussi ému par l’infinie patience de nombreux bouts de chou et de leurs parents. Un petit garçon de cinq ans environ, épuisé, supplie sa maman de le porter ; celle-ci explique qu’elle a déjà son petit frère dans les bras, qu’elle ne peut pas, que ce ne sera pas long. Le petit garçon se mort les lèvres et se résigne bravement. Au point de contrôle, un sourire : une policière porte un bonnet de Noël surmonté de cornes de renne. Les Anglais savent ne pas se prendre au sérieux, et cela fait du bien !
Je fais partie des privilégiés. Mon vol n’a pas été annulé. Le précédent l’avait été, et les passagers se sont vus proposer des places pour après Noël. Joe, notre directeur informatique, a passé le week-end à l’aéroport de Francfort et n’a pu rentrer à Londres que mardi par le train et le ferry, via Paris, Calais et Douvres.
La météo nous apprend l’humilité. Nous ne sommes pas tout à fait maîtres de notre destin. Etre transportés en toute sécurité, confortablement et selon l’horaire prévu est un droit que les intempéries peuvent nous dénier.
Photo « The Guardian » : cohue à la gare de l’Eurostar, St Pancras à Londres. Un panneau publicitaire annonce un Noël pétillant à St Pancras.
La Grande Bretagne s’achemine vers un record de froid pour le mois de décembre. La désorganisation des transports par la neige nous a valu ce week-end le plaisir d’héberger des jeunes bloqués à Londres.
Photo « transhumances » : neige à Cassiobury Park, Watford.
Le récent sondage de l’édition électronique du Monde sur la question de la prière des Musulmans dans la rue fait apparaître une majorité en faveur de leur interdiction « absolue ». Je ne m’attendais pas à un tel résultat.
Le résultat du sondage révèle que 48% des lecteurs ayant voté sont en faveur de l’interdiction absolue de prières collectives dans la rue. Les autres se partagent entre deux autres manières de voir la question : construire des mosquées et transformer des lieux clos (grandes salles par exemple) en lieux de prière.
Je crois pour ma part qu’il faut encourager la construction de mosquées comme d’églises et de synagogues et permettre aux croyants de pratiquer leur foi collectivement sans se sentir marginalisés ou suspectés. Je n’ai pas de réticence à l’égard de prières dans la rue, pas plus que je n’en ai pour les messes en plein air.
Il faudrait interpréter le sondage. Il mêle probablement les réponses de personnes qui au nom de la laïcité souhaitent cantonner la religion à la sphère privée, et d’autres pour qui l’Islam doit être combattu car il est synonyme d’islamisme et qu’il charrie guerre sainte et fanatisme.
L’une et l’autre attitudes me semblent erronées. La laïcité marche de concert avec la tolérance et ne me semble pas faire bon ménage avec quelque interdiction « absolue » que ce soit. La diabolisation de l’Islam ne rend pas justice aux hommes et aux femmes musulmans qui, dans l’histoire et aujourd’hui, vivent leur religion comme une humble acceptation de notre condition d’humains, frères et sœurs devant Dieu.
L’Islam est le nouveau cheval de bataille de l’extrême droite, en France et ailleurs en Europe. Il est temps de réagir.
Photo « transhumances »