Pédale collante

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 Beaucoup a été dit sur la crise de la « pédale collante » : le constructeur japonais Toyota a du rappeler 3,8 millions de voitures dont la pédale d’accélérateur était susceptible de rester collée au plancher. Il y a un aspect qui me semble mériter attention.

Dans l’hebdomadaire britannique The Observer du 7 février, on peut lire : « il a depuis lors émergé que Toyota avait eu connaissance de plaintes de consommateurs au sujet de telles pédales  d’accélérateur « collantes » au Royaume Uni depuis la fin de 2008. Toyota admet que 26 des cas qu’il a rencontrés en Europe furent rapportés comme « questions de satisfaction-client » à l’époque. »

Toyota disposait certainement de procédures élaborées de gestion des plaintes. Certaines prenaient le chemin de la satisfaction-client, d’autres celui de la sécurité. On comprend pourquoi des techniciens ou des concessionnaires ont choisi le premier. Le second pouvait mener à une bombe, celle qui vient précisément d’éclater. Personne ne s’est trouvé au carrefour des deux chemins et n’a posé la question du risque potentiel que faisait courir aux conducteurs des véhicules incriminés et aux autres usagers de la route une pédale d’accélérateur qui reste enfoncée.

Les grandes organisations ont déployé des outils de gestion du risque opérationnel perfectionnés. Mais la complexité les rend parfois sourdes et aveugles, collées aux habitudes.

L’humour de Steve Bell

 

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Les caricatures de Steve Bell dans le quotidien britannique The Guardian sont une merveille d’humour et de pertinence. Je ne résiste pas au plaisir de reproduire celle-ci, réalisée d’après Charles Adams, qui fait suite aux récrimitations du pape contre les lois britanniques contre les discriminations. Le pape semble étonné de se retrouver en compagnie de personnages aussi bizarres, mais il est l’un d’entre eux.

Le pape contre l’Equality Bill

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 Le pape Benoît XVI vient de critiquer les lois introduites par le Parti Travailliste britannique contre les discriminations.

Le pape s’adressait le 1er février à 35 évêques catholiques britanniques venus à Rome en visite « ad limina ». Il annonça sa visite d’Etat au Royaume Uni, probablement en septembre. Jean-Paul II avait effectué une visite « pastorale » en 1982.

Il s’en est pris aux lois impulsées par le Parti Travailliste et en particulier à « l’Equality Bill », défendue au Parlement par la ministre Harriett Harman. Cette attaque survient à quelques semaines des élections générales.

« Votre pays, a-t-il dit, est bien connu pour son ferme engagement en faveur de l’égalité d’opportunité pour tous les membres de la société. Pourtant, comme vous l’avez justement indiqué, l’effet d’une partie de la législation destinée à achever ce but a été d’imposer d’injustes limitations à la liberté des communautés religieuses d’agir selon leurs croyances. D’une certaine manière, elle viole la loi naturelle sur laquelle se fonde l’égalité de tous les êtres humains et par laquelle elle est garantie ». Il a invité les catholiques britanniques à se faire entendre d’une seule voix et avec un zèle missionnaire dans ce débat.

De nouveau, c’est le statut des homosexuels et des transsexuels qui est au cœur de la position pontificale. Le Gouvernement veut empêcher que quiconque les discrimine dans l’exercice de leurs droits. L’Eglise prétend les écarter des institutions qu’elle contrôle, même si leur personnalité et leur compétence professionnelle les qualifie pour les postes à pourvoir. Elle exige aussi que les associations d’adoption dans son giron puissent refuser a priori les couples homosexuels.

Au premier abord, la position du pape peut s’analyser comme une demande d’exemption de la règle commune, ce qui en soit pose problème. Mais la référence à la « loi naturelle » fait dresser l’oreille. Qui peut interpréter la loi naturelle ? Pas le Parti Travailliste, semble-t-il, selon le Saint Père ! Seule l’Eglise Catholique détient la plénitude de la vérité. Il est de son devoir « missionnaire » d’exercer son influence dans les cabinets ministériels et les parlements. Et si elle exerce le pouvoir, peut-on lui reprocher d’imposer à tous ce bien inestimable qu’est la loi naturelle ? Que faire alors des irréductibles ? L’ombre de l’Inquisition est-elle si loin ?

Les mouvements laïcs et de défense des droits des homosexuels promettent à Benoît XVI une réception pleine de couleurs au Royaume Uni en septembre.

(Photo de www.vatican.va)

Cadavre dans le placard

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  Le Sunday Times a publié le 24 janvier un dessin de Gerald Carfe intitulé « skeleton in the cupboard », un cadavre dans le placard.

Le cadavre en question, ou plus précisément le squelette pour utiliser une exacte traduction de l’anglais, est celui de Tony Blair, surmonté du mot Irak. Gordon Brown s’efforce de refermer la porte du placard qui doit rester fermée en permanence, de peur que les électeurs du parti travailliste aient la mauvaise idée de sanctionner leurs dirigeants lors des élections normalement prévues en mai.

Malgré son immense prudence, la commission Chilcot qui enquête sur la guerre d’Irak, accumule des informations de plus en plus gênantes pour l’ancien premier ministre, que plusieurs conseillers auraient prévenu de l’illégalité d’une guerre destinée à changer le régime irakien.

(Voir le site Web du Times, http://www.timesonline.co.uk/tol/comment/article6999648.ece)