La Cage Dorée

« La Cage Dorée », premier film de Ruben Alves, est une jolie comédie qui réjouira les amoureux des Portugais, du Portugal et de Paris.

 Maria Ribeiro (Rita Blanco) est, depuis trente ans, concierge d’un immeuble haussmannien de Paris. Elle est gentille, serviable, corvéable à merci sans jamais perdre le sourire. Son mari José (Joaquim de Almeida) est l’homme à tout faire de l’immeuble ; mais pendant la journée il est chef de chantier dans une petite entreprise familiale de travaux publics, un ouvrier estimé, mal payé, irremplaçable. Continuer la lecture de « La Cage Dorée »

Le temps de l’aventure

« Le temps de l’aventure », film de Jérôme Bonnell, nous place au cœur d’une histoire d’amour brûlante et éphémère entre deux étrangers.

Alix (Emmanuelle Devos) ne sait plus où elle en est. Comédienne, elle vient à Paris pour un casting et juge sa prestation désastreuse. Elle s’interroge sur sa relation avec l’homme avec lequel elle vit. Ses relations avec sa sœur, une petite bourgeoise conventionnelle, sont exécrables. Alix, habituée par son métier à exposer des sentiments, est ravagée par la crise de la quarantaine.

Aujourd’hui est un jour accablant. Elle se retrouve sans le sou, carte bancaire bloquée ; son téléphone portable n’a plus de batterie ; le portable de son compagnon est sans cesse sur répondeur. Alix est déprimée. Dans la rue, par inadvertance, elle se cogne la tête contre un poteau métallique. Une passante lui conseille de maintenir la joue contre la surface froide du poteau ; « quel beau couple ! » marmonne un autre passant voyant Alix enlacée à son poteau.

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The place beyond the pines

“The place beyond the pines”, film de Derek Cianfrance, met en scène des personnages en apparence stéréotypés, mais en réalité complexes et à la recherché d’eux-mêmes.

Le cadre du film est un petit village de l’Etat de New York, Schenectady, dont le nom signifie en iroquois « l’endroit situé au-delà des pins ». Luke Glanton, un motard cascadeur aux airs de loubard lourdement tatoué (Ryan Gosling) y passe une fois par an avec la foire ambulante dont il constitue une attraction. Il découvre que Romina (Eva Mendes), avec qui il a eu l’an dernier un amour de passage, a donné naissance à un fils. Il décide de se fixer à Schenectady et de devenir le père que lui-même, comme enfant, n’a jamais eu. Il faut de l’argent. Il se le procure en braquant des banques, servi par la prodigieuse agilité que lui procure la moto.

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Le Placard

« Le Placard », film de Francis Weber (2001), constitue une jolie et drôle parabole sur les chemins de la confiance en soi.

 François Pignon (Daniel Auteuil) se vit lui-même comme un raté, un moins-que-rien. Dans la photo d’entreprise annuelle, il est proprement éjecté du cadre ; il apprend d’ailleurs qu’il fait partie d’une prochaine charrette de licenciements. Depuis deux ans, son ex-femme et son fils l’ont eux aussi éjecté de leur vie. Pignon est sauvé du suicide par son nouveau voisin, Belone (Michel Aumont).

 Belone propose à Pignon un plan pour sauver son emploi : se faire passer pour gay, faire croire qu’il « sort du placard ». Dans une entreprise qui fabrique des préservatifs, se mettre à dos la communauté homosexuelle représente un risque qu’on ne peut courir. Des photos, truquées, le représentant dans des situations compromettantes, circulent de service en service. François Pignon, l’homme transparent, celui qui n’existait pas au regard des autres, échappe au licenciement. Mieux encore, il devient le point focal de l’entreprise. Il la représentera à la Gay Pride, juché sur un char, coiffé d’un bonnet en forme de préservatif.

 Le chef du personnel, Félix Santini (Gérard Depardieu) est sommé de ravaler ses blagues sur les « tantes » et de se faire ami de Pignon : son identité de gros dur machiste se dissout à vive allure au point de le conduire à l’hôpital psychiatrique. En sens inverse, François Pignon  découvre qu’il a une vraie personnalité. Il se réconcilie avec son fils. Il dit à son ex-femme ses quatre vérités. Il devient l’amant de sa belle chef de service, Mlle Bertrand (Michèle Laroque).

 « Le Placard » est une grosse comédie. Il faut se laisser aller à rire à gorge déployée et ne pas y rechercher trop de subtilité. Mais c’est une jolie parabole de la « transhumance » d’un homme entre un état de non-existence aux yeux des autres et des siens propres, à une vie assumée et digne.