Cadavre dans le placard

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  Le Sunday Times a publié le 24 janvier un dessin de Gerald Carfe intitulé « skeleton in the cupboard », un cadavre dans le placard.

Le cadavre en question, ou plus précisément le squelette pour utiliser une exacte traduction de l’anglais, est celui de Tony Blair, surmonté du mot Irak. Gordon Brown s’efforce de refermer la porte du placard qui doit rester fermée en permanence, de peur que les électeurs du parti travailliste aient la mauvaise idée de sanctionner leurs dirigeants lors des élections normalement prévues en mai.

Malgré son immense prudence, la commission Chilcot qui enquête sur la guerre d’Irak, accumule des informations de plus en plus gênantes pour l’ancien premier ministre, que plusieurs conseillers auraient prévenu de l’illégalité d’une guerre destinée à changer le régime irakien.

(Voir le site Web du Times, http://www.timesonline.co.uk/tol/comment/article6999648.ece)

Bright Star

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Le film Bright Star de Jane Campion met en scène l’histoire d’amour du poète romantique John Keates avec sa voisine Fanny Brawne. Sur le navire qui l’emmenait vers Rome, où il devait se soigner de la tuberculose et en mourut, Keates écrivit ce poème pour Fanny.

Bright star, would I were stedfast as thou art

Not in lone splendour hung aloft the night / And watching, with eternal lids apart, / Like nature’s patient, sleepless Eremite, / The moving waters at their priestlike task / Of pure ablution round earth’s human shores, / Or gazing on the new soft-fallen mask / Of snow upon the mountains and the moors

No

Yet still stedfast, still unchangeable, / Pillow’d upon my fair love’s ripening breast,/ To feel for ever its soft fall and swell, / Awake for ever in a sweet unrest, / Still, still to hear her tender-taken breath,/ And so live ever

Or else swoon to death.

Brillante étoile, je voudrais être aussi inébranlable que toi

Non pas suspendu dans la splendeur solitaire en haut de la nuit / A regarder, les paupières éternellement ouvertes, / Le eaux changeantes dans leur fonction sacerdotale de purification des rivages de la terre / ou à observer le masque léger de la neige / tombant sur les montagnes et les landes

Non

Mais encore inébranlable, encore inaltérable / La tête sur la poitrine mûre de mon cher amour comme sur un oreiller /Pour sentir pour toujours son doux flux et reflux / Eveillé pour toujours dans une douce insomnie / Entendre encore, encore, sa respiration pleine de tendresse / et vivre ainsi pour toujours

Ou bien me pâmer à en mourir.

(Photo : Bright Star de Jane Campion)

Epiphanie

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 L’Angleterre est recouverte par une épaisse chape de neige. Il en résulte d’innombrables tracas, mais assister à la transformation soudaine d’un paysage familier en tableau abstrait, sourd et lumineux, est magique : une véritable Epiphanie !

Pendant une bonne partie de la journée du 6 janvier, il a neigé sur le sud de l’Angleterre. La vie quotidienne des londoniens est devenue plus compliquée : l’attente de trains indéfiniment retardés sur des quais de gare glacés, la crèche ou l’école des enfants fermés, des embouteillages inextricables, des vols annulés. L’association britannique des assureurs, ABI, conseille de ne pas attendre au chaud pendant que dégivre la voiture : par dizaines, des bandits se mettent au volant et volent les véhicules !

Malgré les contrariétés, il règne une atmosphère presque joyeuse. En l’espace de quelques heures s’opère une mutation du cadre de vie : les rues sombres, les briques, l’asphalte et le béton s’effacent peu à peu. Un décor immatériel s’installe, lumineux bien qu’écrasé par le ciel bas. Au lieu des angles, des courbes voluptueuses. Le vacarme urbain est absorbé, atténué. Les gros flocons virevoltent lentement et semblent apporter une manne de bonne fortune. Au petit matin, Cassiobury Park est pénétré d’une pâle lumière bleue jusqu’au faîte des arbres chargés de neige.

Epiphanie, fête traditionnellement célébrée le 6 janvier, signifie « Manifestation ».  Un autre pays, d’une blancheur immaculée, s’est manifesté hier. 

(Photo : The Guardian)

 

Hampton Court

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 Le château de Hampton Court est étroitement lié à l’histoire d’Henry VIII et de son Chancelier le Cardinal Thomas Wolsey.

J’ai rendu compte dans un précédent article du roman d’Hilary Mantel, Wolf Hall. Une visite à Hampton Court, un superbe château construit dans une boucle de la Tamise en amont de Londres me replonge dans l’atmosphère du livre. Le château actuel comporte une belle partie baroque construite par Christopher Wren, l’architecte de la Cathédrale Saint Paul entre 1689 et 1702. La partie la plus ancienne fut construite par le Cardinal Wolsey et agrandie par Henry VIII.

Mantel évoque un divertissement donné dans la grande salle d’Hampton Court quelques jours après la mort de Wolsey, survenue en novembre 1530. « Le divertissement est celui-ci : une grande silhouette écarlate, couchée, est traînée sur le sol, hurlante, par des acteurs habillés en démons. Il y a quatre démons, un pour chaque membre de l’homme mort. Les démons portent des masques. Ils ont des tridents avec lesquels ils piquent le cardinal, le faisant se convulser et se tordre et supplier  (making him twitch and writhe and beg) ».

(Photo : cheminées du Palais d’Henry VIII à Hampton Court, 3 janvier 2010)