Photo tirée dans le parc de Snowdonia, nord du Pays de Galles, le 2 mai 2010. Transhumances.
Transhumances
Photo tirée dans le parc de Snowdonia, nord du Pays de Galles, le 2 mai 2010. Transhumances.
![]()
La presse a souligné la dignité des adieux de Gordon Brown au 10 Downing Street. Cet homme à la psychologie complexe me fascine. Voici des extraits de la brève allocution prononcée peu après avoir remis à la Reine sa démission.
« Je présente mes vœux au nouveau premier ministre car il fera des choix importants pour l’avenir(…) J’ai eu le privilège de beaucoup apprendre sur ce qu’il y a de mieux dans la nature humaine, et aussi pas mal de choses sur ses fragilités, y compris les miennes. Surtout, c’était un privilège que de servir. J’ai aimé le travail non pour le prestige, les titres et le cérémonial – que je n’aime pas du tout. J’ai aimé ce travail car il permet potentiellement de rendre ce pays plus équitable, plus tolérant, plus vert, plus démocratique, plus prospère et plus juste, vraiment une plus grande Grande Bretagne.
Par-dessus tout, je veux remercier Sarah (son épouse) pour son soutien indéfectible aussi bien que pour son amour(…) Je remercie mes fils, John et Fraser, pour l’amour et la joie qu’ils apportent à nos vies. Et, au moment de quitter le second travail que j’aie jamais exercé, second dans l’ordre d’importance, je chéris encore plus le premier, celui de mari et de père. »
Photo The Guardian : Gordon, Sarah, John et Fraser Brown quittent Downing Street le 11 mai 2010
![]()
Le visiteur étranger à Amsterdam est immédiatement frappé par la place de la bicyclette dans l’espace urbain.
A proximité de la gare, le voyageur débarqué du train se trouve confronté à un redoutable défi : traverser une double piste cyclable plus fréquentée que le boulevard périphérique de Paris aux heures de pointe. Il faut se risquer entre un flux ininterrompu de cyclistes convaincus de la supériorité de leurs droits sur ceux des automobilistes et aussi des piétons.
Bien que l’on rencontre des VTC, la plupart des bicyclettes sont des engins d’allure rétro, souvent de couleur noire avec un cadre incurvé. Ils se conduisent très haut au dessus du bitume, le buste droit, sans souci d’aérodynamisme.
Ailleurs en Europe, le port du casque et du gilet phosphorescent tend à se généraliser. Ici, ils sont inconnus. Plus étonnant encore, les motocyclistes sont tolérés sur les pistes cyclables et ils se trouvent, eux aussi, exemptés de ces mesures de sécurité. Cyclistes et motocyclistes rivalisent de conversations sur leurs téléphones portables.
Pédaler n’est pas un exercice réservé au centre ville ; on roule à bicyclette aussi en banlieue. Ce n’est pas réservé aux jeunes ; on croise des personnes de tous âges, y compris du troisième âge.
Près des gares, des bureaux ou des écoles, des parkings peuvent recevoir des centaines de bicyclettes. Leur protection antivol est souvent sommaire, parfois inexistante. C’est peut-être une raison pour laquelle les engins sont souvent rouillés, usés, propres sans doute à susciter l’attendrissement du poète plus que l’avidité d’un prédateur.
En Italie, des centaines de milliers de personnes ont participé le 9 mai au premier « Bicy-Day » organisé dans 1.300 villes. La Petite Reine a décidément le vent en poupe !
(Photo : www.ski-epic.com/Amsterdam_bicycles)
![]()
Les élections du 6 mai en Grande Bretagne ont été pleines de surprises, pour les Britanniques et plus encore pour les observateurs de l’étranger.
La surprise majeure est l’absence de traduction de la « Cleggmania » sur le résultat des élections. Non seulement le Parti Libéral Démocrate ne progresse pas, mais il perd 5 sièges !
Un observateur français est dérouté par la manière dont les Britanniques vivent l’élection. Le fait qu’elle se déroule un jeudi est presque anecdotique. Ce qui surprend, c’est la polarisation exclusive sur le nombre de sièges. En France, on se focalise d’abord sur le taux de participation. Ici, on n’apprendra qu’incidemment qu’il a été de 65% au lieu de 61% en 2005. La forte participation a été soulignée par les journaux, mais surtout parce qu’ici et là des électeurs de la dernière heure se sont vu interdire l’accès aux bureaux de vote après des heures de queue.
En France, on accorde une grande importance au pourcentage des votes pour chaque parti : 36% pour les Conservateurs, 29% pour les Travaillistes, 23% pour les Libéraux Démocrates. De l’autre côté de la Manche, ce qui compte est le nombre de sièges, respectivement 306 (+97) pour les Conservateurs, 258 (-91) pour les Travaillistes, 57 (-5) pour les Libéraux Démocrates. Un observateur français remarquera que 2 millions d’électeurs de plus ont voté pour les Conservateurs que pour les Travaillistes, et 1.4 millions de plus pour les Travaillistes que pour les Libéraux Démocrates. Il s’indignera de ce qu’il y faille 120.000 électeurs pour élire un député Libéral Démocrate, 35.000 pour un député Conservateur et 33.000 pour un député Travailliste.
La démocratie est solide des deux côtés de la Manche. Mais elle est vécue de manière bien différente.
Photo The Guardian : les médias à Westminster.