Le Poët Laval est un village médiéval près de Dieulefit dans la Drôme provençale.
Le village et son château, les Hospitaliers, était en ruines au début du vingtième siècle. Des travaux de restauration ont été menés pendant des dizaines d’années à l’initiative d’une association et par des particuliers qui ont aménagé des hôtels de charme et des ateliers d’artiste. Poët Laval fut aussi une place protestante : on y trouve un petit musée du protestantisme et le point de départ d’un sentier de randonnée qui mène en Suisse et en Allemagne, lieux d’exil des huguenots chassés par les dragonnades.
Dans le château de Poët Laval se donne jusqu’au 11 septembre une magnifique exposition de Jacqueline Carron (travail sur les couleurs), Sabine Boisson (photographies) et Isabelle Jacquet (sculptures). Les œuvres sont mises en valeur par un éclairage judicieux dans de belles salles aux pierres apparentes.
Vieille rue au Poët Laval
Dans le village, Naima Carbonare expose dans son atelier « l’Artisterie » des peintures-collages inspirées de la nature.
20 août 2011. Forte chaleur aujourd’hui à Maubuisson. Nous sommes allés à bicyclette nous baigner dans l’océan à Carcans Plage. En fin d’après-midi, nous nous retrouvons au bord du lac et louons chez Olivier deux pédalos.
C’est un moment de quiétude. Un petit souffle d’air parcourt le lac. Le soleil oblique se reflète à la surface de l’eau et confère au sable et à la peau une jolie couleur d’ocre. Nous nous laissons doucement dériver.
C’est aussi un moment de jeu. Nous nous essayons au stand-up paddle, cette planche large sur laquelle on se tient debout armé d’une longue pagaie. Nous faisons une course de vitesse à pédalo. A la proue de l’un d’entre eux, Thierry marque le rythme comme sur une galère. Nous nous plongeons dans l’eau chaude du lac.
C’est un moment de grâce où il fait bon être ensemble et jouir des vacances.
Liverpool fait peu neuve pour séduire les touristes. Ce sont les aventures humaines entremêlées qui rendent la ville profondément attachante.
La zone des anciens docks sur la rivière Mersey sont en pleine rénovation. On réhabilite d’anciens entrepôts en brique et on les convertit en musées, en restaurants ou en boutiques ; on construit des bâtiments modernistes aux côtés des trois « grâces de Liverpool », imposants buildings construits dans les premières années du vingtième siècle (Port de Liverpool, Cunnard et Royal Liver).
La première visite est pour le musée « Beatles Story » dans les sous-sols du Dock Albert. L’endroit convient bien, car le groupe connut ses premiers succès à Liverpool au bar « The Cavern ». Mais sa taille est insuffisante pour la foule des nostalgiques qui se pressent, et cela rend la visite inconfortable. Elle est intéressante toutefois. On y découvre le lien nourricier qui attache les « Fab Four » à leur ville. Les pères de John et de George avaient travaillé sur les paquebots. Les chanteurs sont nés entre 1940 et 1943 dans une ville meurtrie par les bombardements (deux églises du centre ville n’ont pas été reconstruites à ce jour) mais aussi bouillonnante de vie. La ville est multiconfessionnelle (Liverpool, proche de l’Irlande, a toujours été une place forte du catholicisme en Angleterre), multiethnique, ouverte aux vents venus de l’Atlantique surtout s’ils sont musicaux. C’est un port, une ville de transit comme l’est l’autre cité où les Beatles se sont produits avant leur succès mondial, Hambourg.
L’autre visite qui s’impose est le musée de la marine, situé lui aussi dans le Dock Albert, dont un étage est consacré à l’esclavage. Comme Nantes, Liverpool doit sa fortune au dix-huitième siècle au trafic triangulaire : on chargeait les bateaux de marchandises demandées par les trafiquants en Afrique, on les échangeait contre des esclaves qu’on revendait de l’autre côté de l’Atlantique, et avec le produit de leur vente on achetait du coton et du sucre que l’on acheminait vers l’Europe. Il n’est pas étonnant que les armateurs de Liverpool se soient opposés énergiquement à l’abolition de l’esclavage et aient soutenu les confédérés sudistes pendant la guerre civile américaine.
Au dix-neuvième siècle, Liverpool s’impose comme le poumon de l’Empire, inspirant et soufflant hommes et marchandises, créant des routes commerciales allant jusqu’au bout du monde : le jumelage de Liverpool et Shanghai en 1999 montre que son prestige international est intact. On estime que 12 millions d’émigrants y ont embarqué pour le Nouveau Monde au dix-neuvième siècle et au début du vingtième.
La ville décline à partir de 1930. La fin des paquebots transatlantiques, le développement du transport des marchandises par conteneurs et la crise de l’industrie locale (textile) provoquent une inexorable baisse d’activité, et le centre ville perd en cinquante ans la moitié de sa population. Son histoire a été traversée de soulèvements : grande grève de 1911 matée par l’armée (il y a 100 ans), émeutes raciales de Toxteth en 1981 (il y a 30 ans), et naturellement les émeutes d’août 2011.
Liverpool, les rives de la Mersey
Elle lutte pour renaître, en particulier par le développement du tourisme. Elle a reçu des quantités de subventions depuis des dizaines d’années, ce qui vaut à ses habitants la réputation probablement imméritée d’être des assistés. Liverpool paie cher ses subventions : le précédent gouvernement a exclu son port d’appels d’offres pour être base permanente de bateaux de croisière, car les subsides reçus faussaient la concurrence.
Liverpool se prévaut de deux immenses cathédrales toutes deux construites au vingtième siècle, l’une anglicane de style gothique, l’autre catholique d’architecture moderne. Elle abrite aussi deux clubs de football et deux stades, FC Liverpool et Everton. La religion chrétienne et le culte du football font ici dans le gigantisme.
Une heure passée dans un bus entre Harrow on the Hill et West Hampstead offre une jolie tranche de vie de la banlieue londonienne.
Durant le week-end, plusieurs lignes de métro londoniennes sont suspendues pour travaux. Je mettrai deux heures et demies ce dimanche pour me rendre de Watford au centre de Londres, dont une heure d’autobus de remplacement de Harrow on the Hill à West Hampstead.
Dans le bus se trouve représentée la diversité des races et ethnies qui caractérise la banlieue de Londres : des Indiens et Pakistanais, des Africains, quelques Européens. Deux femmes obèses assises en face de moi parlent et rient bruyamment, entre elles et au téléphone. Deux jeunes italiennes ravissantes sont debout et la jolie musique de leur langue me rend nostalgique. Un homme noir entre au bras de son père, un homme âgé et aveugle.
Nous longeons des milliers de maisons, chacune semblable à ses voisines, chacune avec son petit espace devant, souvent utilisé pour stationner les voitures, chacune avec son long jardin étroit du côté cour. En l’espace de quelques centaines de mètres, on passe d’un quartier aisé, façades ravalées, massifs de fleurs, rideaux aux fenêtres, à des taudis venus tels quels de l’urbanisation massive du début du vingtième siècle.
Dans la rue principale des communes, on trouve des restaurants de multiples nationalités et, lorsqu’on s’éloigne un peu du centre, des échoppes minuscules que l’on croirait transférées de Karachi ou Nairobi.
De retour à Watford par le train, j’assiste à un concert donné par un groupe folk d’une dizaine d’instrumentistes et chanteurs dans le kiosque à musique qui jouxte la bibliothèque municipale.