24 juillet 2011. Sur le Grand Union Canal entre Watford et Rickmansworth, trois dames anglaises prennent le soleil et la brise à la proue de leur péniche étroite de tourisme fluvial.
Photo « transhumances ».
Transhumances
Se baigner dans l’océan par mauvais temps procure des sensations proches de la jouissance.
Il fait gris à Maubuisson cet après-midi, il y a du vent, la température ne dépasse pas 20º, des petites averses de pluie fine tombent de temps à autre. J’enfourche ma bicyclette et parcours les 6km qui nous séparent de Carcans Plage en respirant à pleins poumons le vent du sud.
Un vingtaine de baigneurs s’ébattent dans les vagues sous la surveillance des sauveteurs nautiques emmitouflés en altitude sur leur chaise. L’eau est à la température de l’air et la première vague a tôt fait de me mettre dans le bain. Les vagues se succèdent à un rythme rapide, et les plus fortes d’entre elles me font perdre pied, me chamboulent et me transportent quelques mètres vers la rive. Un garçon d’une dizaine d’années se découvre une âme de dauphin : il plonge sous les vagues et ne reparait que des secondes plus tard. Il rayonne de bonheur. Un homme jeune d’origine manifestement maghrébine me dit qu’il a parcouru 200 km pour venir à la mer et que, pour ne pas revenir bredouille, il a décidé de se baigner en bravant les intempéries. Il me dit sa surprise : ce qu’il croyait être une dure épreuve relève du pur plaisir et de la jouissance.
Photo « transhumances »
L’un des plaisirs de nos vacances à Maubuisson (Carcans, Gironde) est l’excursion annuelle à Piqueyrot, au nord du lac de Carcans – Hourtin.
Le temps est ensoleillé et le fond de l’air est frais : des conditions idéales pour une randonnée à bicyclette d’une quarantaine de kilomètres. Après la base de loisirs de Bombannes, une piste étroite suit le lac sur sa rive occidentale. Elle menait autrefois à la pointe de la Gracieuse et à Piqueyrot. Elle est malheureusement aujourd’hui défoncée, et nous faisons un détour par la route forestière qui passe par les phares d’Hourtin. Une dizaine de kilomètres plus loin nous rejoignons la piste cyclable de Piqueyrot.
De pinèdes en clairières, de dunes en plaines, le paysage est varié. Il a plu il y a quelques jours et l’air est chargé de senteurs de pin et de bruyère. En arrivant à Piqueyrot, la piste longe de nouveau le lac et l’horizon se dilate.
Piqueyrot, sur le territoire de la commune d’Hourtin, compte une base nautique, quelques maisons et un petit restaurant, Le Nautique, où l’on déguste sous la tonnelle des gambas avec des frites à l’ail. Après une heure et demie de pédalage, cette halte nous offre un moment de paradis. La cuisine est délicieuse et le site, avec vue sur le lac, nous comble de sérénité.
Au retour, nous nous arrêtons à Carcans Plage. La baignade dans les vagues lave le corps et revigore. Nous observons le spectacle fascinant de la plage. Elle efface les inégalités : une foule immense partage la joie du soleil séchant la peau salée, le plaisir de marcher dans le sable pieds nus, l’excitation des enfants bousculés par la vague. La plage offre aussi le spectacle de l’inégalité dévêtue, entre des jeunes beaux et belles comme des dieux et des personnes dont le corps est marqué par une mauvaise hygiène de vie ou par l’âge.
Photo « transhumances ».
Le « Petit Jésus de Prague », une statue de cire de 47cm de hauteur conservée dans une chasse de marbre et de verre dans l’église Notre Dame de la Victoire à Prague, suscite une dévotion qui dépasse largement les limites de la Bohême.
Le nom de l’église de Notre Dame de la Victoire évoque la miraculeuse intervention de la Vierge aux côtés des armées catholiques à la bataille de La Montagne Blanche (8 novembre 1620), qui conclut les hostilités ouvertes par la défénestration d’envoyés catholiques auprès de La Cour protestante au château de Prague le 23 mai 1618. L’église avait initialement était construite comme temple luthérien. Elle fut restructurée et dotée d’une façade baroque par un architecte italien et confiée en 1624 à l’ordre des Carmes, fondé un siècle plus tôt en Espagne par Thérèse d’Avila et Jean de la Croix.
C’est de la filière espagnole que vient la statue de l’Enfant Jésus. Elle fut donnée en cadeau par Isabela Manique de Lara y Mendoza à sa fille Maria lorsqu’elle épousa en 1555 le prince Tchèque Vratislav de Pernštejn. Le roi Rodolphe II de Bohême avait épousé la sœur de Philippe II d’Espagne sept ans auparavant. Il y avait un clan espagnol à Prague, consolidé par des alliances matrimoniales. C’est cela qui explique l’extraordinaire floraison baroque à Prague.
Le Petit Jésus de Prague dispose d’une soixantaine de parures, dont la plus ancienne remonte à 1700. D’innombrables répliques ornent des églises dans le monde et font l’objet de vénération.
Photo « transhumances ».