Prague en musique

Il est difficile de séjourner en touriste à Prague sans assister au moins à un concert.

 Les églises de Prague rivalisent dans l’organisation de concerts, avec une naturelle inclination pour la musique baroque. Vivaldi, Bach et Mozart tiennent souvent la tête d’affiche. Il y a aussi plusieurs salles de concert prestigieuses, dont le Rudolfinum.

 Nous assistons à la Maison Municipale à un concert consacré aux œuvres les plus connues de Mozart et de Strauss. Le programme a été taillé pour des touristes musicalement incultes, avec des chanteurs en costumes d’époque. Mais le chef d’orchestre est une jolie jeune femme décidée et l’orchestre est de qualité. Le spectacle se déroule dans une salle de style Art Nouveau, comme l’ensemble du bâtiment. Nous prolongeons le plaisir de la musique par un dîner au Restaurant Français, au rez-de-chaussée de la Maison Municipale, dont la décoration est époustouflante.

 L’enfant du pays est Antonín Dvořak (1841 – 1904). Au musée de la musique tchèque, une exposition lui est consacrée. Des panneaux évoquent les différentes étapes de sa vie ; des écouteurs diffusent les œuvres qui leurs sont attachées. Au premier étage du musée est présentée une incroyable variété d’instruments de musique, illustrée par des enregistrements de chacun d’eux.

 Photo « transhumances » : groupe de sculptures baroques dans l’église Saint Nicolas de Prague, l’une des églises proposant des concerts.  

Prague

Comme l’an dernier, une réunion professionnelle nous donne l’occasion de vagabonder dans Prague.

Les touristes n’ont à Prague qu’un désagrément : la horde des touristes qu’eux-mêmes s’emploient à gonfler, sur le Pont Charles, dans les rues qui montent au château, dans les ruelles du quartier ancien de la rive droite de la Vltava et dans les innombrables boutiques de cristal de Bohême.

 Prague procure les émotions de Palerme et de Lisbonne réunies. De Palerme, Prague a l’exubérance baroque, les façades tout en rondeurs, les angelots potelés, la souffrance spectaculaire des vierges et des martyrs. Comme à Lisbonne, les rues sont pavées de blanc et de noir : là on monte au château Saint Georges ; ici, au château dont la plus ancienne église est consacrée à Saint Georges.

 Lisbonne et, plus encore Palerme, donnent parfois l’impression d’un décor de théâtre. Comme elles, Prague est une ville habitée d’âmes errantes et d’éternelle beauté.

 Photo « transhumances » : Prague vue du musée Kampa.

Concert en la cathédrale d’Ely

La cathédrale d’Ely est, comme celle de Chichester à laquelle « transhumances » a consacré récemment un article, est un lieu de spiritualité vivante.

 Ely est une petite ville à une trentaine de kilomètres au nord de Cambridge. Comme celle de Chartres, sa cathédrale domine la plaine environnante et s’aperçoit à des kilomètres de distance. La nef, longue et massive, est de style roman. La principale caractéristique de l’édifice est une tour octogonale construite au quatorzième siècle après que la tour centrale romane se fut effondrée. Le chœur, construit à la même époque, est de style gothique.

 Le Chœur de la cathédrale et l’Orchestre d’East Anglia répètent le concert de ce soir : Vivaldi, Albinoni, Haendel, Bach. L’immense édifice vibre de musique et de sensations. Des œuvres d’art contemporaines amplifient le souffle spirituel venu du fond des siècles : une interprétation de la Vierge Marie en passionaria, la rencontre de Marie Madeleine et Jésus ressuscité dans le style de Giacometti, une immense sculpture en acier représentant à la fois un labyrinthe et une croix d’acier, œuvre de Jonathan Clarke.

 Dans une tribune latérale de la nef a été installé un musée du vitrail. L’essentiel de la collection est consacrée aux dix-neuvième et vingtième siècles. Les Anges Musiciens, vitrail réalisé vers 1910 sur un dessin d’Edward Burne-Jones (1833 – 1898) est magnifique. J’ai été ému par « pictures of violence », œuvre de Rosalind Grimshaw, qui assemble des images réalisées selon des techniques du vitrail différentes.

 Nous étions de passage à Ely, avant de poursuivre notre excursion à Cambridge. Nous sommes restés plusieurs heures dans ce lieu exaltant.

 Photo « transhumances » : Way of life, sculpture de Jonathan Clarke dans la cathédrale d’Ely.

Emirates Stadium

La visite de l’Emirates Stadium, dans le nord-est de Londres, vaut le déplacement.

 Le stade est celui du club de l’Arsenal. Pendant la semaine, il accueille des conférences. C’est ce qui me vaut l’occasion d’une visite guidée. C’est un français, Arsène Wenger, qui préside sur ce lieu : bien qu’il soit vivant et encore en fonctions, le manager de l’Arsenal est représenté par un buste en bronze dans la salle VIP. Le guide nous parle de « Mister Wenger » comme d’un dieu.

 Le stade, inauguré en 2006, est l’un des plus vastes d’Angleterre : plus de 60.000 places. L’architecture est moderne et élégante.

 Nous visitons le vestiaire des joueurs de l’Arsenal. « Mister Wenger » l’a conçu avec un designer dans les moindres détails. Il épouse la forme d’un demi-ovale dont le milieu de l’arc est occupé par le siège du capitaine, de manière à favoriser la communication entre les joueurs. L’impression d’ensemble est proche des stalles d’un chœur monastique : chaque siège est ouvert sur l’espace commun aux coéquipiers, mais son espace est marqué par un embryon de cloisons surplombées par un plafond en bois. Il s’agit de permettre aux joueurs de se concentrer, et aussi d’interagir avec leurs coéquipiers. Le local est insonorisé : on est dissuadé de forcer la voix, encouragé à parler doucement.

 Nous ne visiterons pas le vestiaire de l’équipe visiteuse. Mais le guide insiste sur le fait qu’il ne ressemble pas à celui d’Arsenal. Il est de forme carrée, les joueurs ne peuvent pas s’isoler et doivent se déplacer pour parler aux coéquipiers, la sonorité est déplorable, les sièges sont anormalement bas et sont dénués de coussins. Un bon match de football commence par un épisode de guerre psychologique, dans les vestiaires.

 Photo : Emirates Stadium, www.arsenal.com