La Tamise à Richmond

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Se promener sur les rives de la Tamise à Richmond offre une grande variété de sensations, de l’animation des quais autour du pont à la quiétude des pâturages en bordure du fleuve à Ham House, un manoir du dix septième siècle.

Notre excursion au sud de Londres commence par Wimbledon. Dans des hangars d’une zone industrielle travaillent des dizaines d’artistes. Deux fois par an, ils font porte ouverte dans le cadre d’un « Open Studios Art Show ». Nous sommes venus rendre visite à Khilna, une amie de Brigitte qui est l’une des exposantes.

Nous stationnons la voiture sur le parking de Ham House, un manoir au bord de la Tamise situé à environ 2 km à pied de Richmond. La maison a été aménagée vers 1670 par la Comtesse Elizabeth de Dysart. Pratiquement jamais remaniée depuis, elle constitue un témoignage de l’architecture et des arts décoratifs au dix-septième siècle.

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La promenade le long des rives de la Tamise est délicieuse. On longe successivement une forêt puis des prairies, en contrebas du parc de Richmond. Sur la rivière croisent des bateaux de tourisme et voguent des quantités de barques et de canoës. A Richmond, sur les quais en amont et en aval du pont construit à la fin du dix-huitième siècle, les passants profitent de cette belle après-midi de printemps. A la terrasse d’un café, deux musiciens chantent du rock ; un groupe de femmes, talons aiguille, perruques colorées, minijupes, célèbre dans la joie l’enterrement d’une vie de jeune fille ; un couple partage un smoothie à la mangue.

Photos « transhumances » 

Little Venice

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La Petite Venise de Londres n’a rien de commun avec la Cité des Doges. Elle constitue pourtant un lieu de promenade agréable, quatre kilomètres jusqu’à Camden.

On ne trouve pas à Little Venice d’équivalent à San Marco ou à la Salute. Il s’agit d’un petit bassin à l’intersection du Grand Union Canal, qui vient du Nord, du bassin de Paddington (tout près de la gare de Paddington) et du Regents Canal, ouvert en 1812 pour effectuer la jonction avec la Tamise. De forme triangulaire, il est bordé de saules pleureurs et de grands immeubles géorgiens aux façades blanches.

La promenade au long de Regents Canal est agréable. Peu après Little Venice, des résidents permanents ont transformé leur péniche en résidence de luxe ensevelie sous les massifs de fleurs et ont colonisé le chemin de halage. A proximité de Regents Park,  on longe de superbes villas construites en 1989 en style classique. Joggeurs, cyclistes, promeneurs, poussettes d’enfants se disputent la voie bitumée parallèle à la voie d’eau, elle-même livrée aux bateaux promenades et aux péniches étroites. Un peu plus loin, on côtoie l’espace des hyènes et la volière du zoo de Londres. On débouche finalement sur les écluses de Camden, autour desquelles s’est développé un gigantesque marché aux puces grouillant de vie.

Photo « transhumances »

William Wordsworth à Mount Rydal

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Les environs du lac de Grasmere, dans le Lake District, sont emprunts du souvenir du poète William Wordsworth.

Le poète William Wordsworth (1770 – 1850), natif de la région des lacs, vécut de 1799 à 1808 à Dove Cottage, une maison proche du lac de Grasmere, puis de 1813 à sa mort à Mount Rydal, une grande maison surplombant un autre lac tout proche, celui de Rydal.

Les deux maisons sont ouvertes au public. La première donne une idée assez exacte de la vie d’une famille de classe moyenne en Angleterre il y a deux cents ans. La seconde, plus grande et environnée d’un splendide jardin, prête à la rêverie.

Un musée Wordsworth a été organisé à Dove Cottage. On y voit des documents sur la région des lacs à l’époque du poète ainsi que de nombreux manuscrits, de lui-même comme de sa sœur, à qui il dut une bonne part de son inspiration. On peut y écouter des poèmes lus par des comédiens.

Voici la première strophe de son poème le plus célèbre, « Daffodils » (jonquilles), dont la musique de la langue est magnifique :

I wandered lonely as a cloud
That floats on high o’er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host of golden daffodils;
Beside the lake, beneath the trees,
Fluttering and dancing in the breeze.

Je vagabondais seul comme un nuage / qui flotte au dessus des vallées et des collines / quand tout à coup je vis une foule, / une masse de jonquilles dorées ; / à côté du lac, derrière les arbres, / tourbillonnant et dansant dans la brise.

Photo « transhumances » : Mount Rydal.

John Ruskin à Brantonwood

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La maison occupée par John Ruskin à Brantwood, sur les rives du lac de Coniston, dans le Lake District, offre une vue à couper le souffle.

John Ruskin (1819 – 1900) vécut au domaine de Brantonwood les vingt-huit dernières années de sa vie. Au fil de notre découverte de la Grande Bretagne, nous avons croisé à plusieurs reprises ce personnage formidable dont la vie coïncide à peu de choses près avec celle de la Reine Victoria. Il s’est en particulier illustré en prenant contre Dickens la défense des préraphaélites, qui partageaient avec lui une passion pour la nature menacée par le désastre écologique de la première industrialisation et voulaient, comme lui, rendre présente l’humanité dans sa réalité charnelle.

Ruskin fut un voyageur infatigable, chantre de Venise et de Florence, mort à Créteil lors d’une ultime escapade. Il fut un dessinateur et un peintre doué. Il fut un critique d’art prolifique et écouté. Il fut un prophète impitoyable dans sa critique du règne de l’argent, un chrétien social qui prônait l’éducation pour tous et la santé gratuite.

La maison de Brantonwood est pleine du souvenir de cet homme qui laissa une trace forte, contrastant avec sa fragilité psychologique, marquée par une sexualité non assumée et des moments de dépression. « There is no wealth but life », disait-il : il n’y a de richesse que la vie.

Photo « transhumances » : le lac de Coniston depuis Brantonwood.