Iron Bridge

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La vallée de la Severn près de Telford (50 km au nord-ouest de Birmingham) est une agréable et instructive destination de promenade.

Le site d’Iron Bridge a été inscrit au patrimoine mondial de l’humanité. En son cœur se trouve le premier pont construit en acier dans le monde (1781). Se promener le long des berges de la Severn est particulièrement agréable. La promenade est aussi culturelle. C’est ici qu’est véritablement née la révolution industrielle. Pas moins de 10 musées la célèbrent dans un site qui s’étale sur plus de 7 kilomètres.

Les musées sont regroupés en pôles, Iron Bridge lui-même, mais aussi Coalbrookdale (musée du fer), Coalport (musée de la porcelaine chinoise et musée de la céramique) et Blists Hill (ville victorienne). La visite de Coalbrookdale est particulièrement émouvante : on y visite le four dans lequel Abraham Darby réalisa en 1709 pour la première fois la réduction du fer au moyen du coke au lieu du charbon de bois, ouvrant ainsi la voie à la production industrielle de l’acier. A proximité du musée du fer, « Enginuity » propose aux jeunes et moins jeunes une initiation ludique à la technologie.

La vallée de la Severn était depuis longtemps un lieu de production d’acier : on y trouve du minerai de fer, de la chaux et les chutes d’eau nécessaires pour mettre en mouvement des volants animant les soufflets pour activer la combustion. Au dix-neuvième siècle, en perçant un canal souterrain, on trouvera même un gisement de goudron que l’on ne tarda pas à exploiter. Mais le passage au stade industriel devint possible lorsque la houille se substitua au bois. Même en organisant les plantations et les coupes par rotation, le bois ne fournissait pas la quantité nécessaire ; le coke dégage beaucoup plus de chaleur, et permet d’isoler un acier plus pur et facile à travailler.

Le musée du fer expose des quantités d’objets réalisés en acier, depuis les machines à vapeur jusqu’aux cuisinières, aux charpentes et aux sculptures.

Photo « transhumances » : les arches du pont de fer.  Site Internet http://www.ironbridge.org.uk/.

Backs to back de Birmingham

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Le National Trust a restauré quatre maisons « backs to back » construites au début du dix-neuvième siècle pour faire face à l’afflux de la main d’œuvre.

Birmingham connut au dix-neuvième siècle une véritable explosion démographique, pratiquement un décuplement de sa population. Pour y faire face, des propriétaires organisèrent des lotissements de maisons de deux étages construites dos à dos.

Le National Trust a entrepris la restauration de quatre de ces maisons promises à la destruction en raison de leur caractère insalubre. Chacune de ses maisons a été meublée à la manière dont elle devait l’être par la famille qui l’occupait : une famille juive en 1840, une famille de 10 enfants en 1870, un célibataire en 1930, un tailleur en 1970. Des objets et des témoignages enregistrés évoquent la vie dans ces logements analogues aux « courées » du nord. L’entassement était la règle. L’eau était prélevée au puits, l’eau courante n’arrivant qu’au vingtième siècle. Les sanitaires étaient communs et empestaient.

C’est intelligemment conçu. On arrive à pressentir ce qu’était la vie quotidienne difficile des humbles fantassins de la révolution industrielle.

Photo « transhumances ». Site internet : http://www.nationaltrust.org.uk/

Birmingham

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La ville de Birmingham n’est pas la principale direction touristique de Grande Bretagne. Il y est pourtant agréable de s’y promener.

Largement détruite pendant la seconde guerre mondiale, Birmingham a choisi de se reconstruire à la manière de Los Angeles. Des autoroutes urbaines la traversent en tous sens. La voiture est reine, le métro et même le tramway sont inconnus. La ville est parsemée de centres commerciaux équipés de gigantesques parkings.

Peut-être pour compenser ce qu’il faut bien considérer comme une erreur historique, les habitants de Birmingham affectionnent les rues piétonnes coquettes et fleuries. Le soir, l’animation aux terrasses des pubs et des restaurants est impressionnante. Autour de Broad Street et sur les quais du canal, elle se prolonge jusqu’aux dernières heures de la nuit.

La cathédrale St Philippe a été construite en 1715. L’intérieur surprend par ses petites dimensions : il faut dire que la ville ne comptait alors que quelques dizaines milliers d’habitants. L’édifice est inondé de lumière. Au fond du chœur, une magnifique verrière du maître préraphaélite Edward Burne-Jones, étincelante de rouge et de bleu, a été réalisée au dix-neuvième siècle. Une galerie court le long de la nef, peut-être vestige d’un temps où hommes et femmes étaient séparés. Les temps ont changé : c’est une femme d’environ 40 ans qui célèbre la grand-messe, The Revd. Canon Janet Chapman. Pendant les annonces en fin de célébration, elle fait applaudir son vicaire dont la femme attend une naissance pour novembre. A la fin de la cérémonie, le clergé salue un par un les participants et un café est servi dans un bas-côté pour ceux qui le souhaitent.

Je retrouve les préraphaélites au Birmingham Museum and Art Gallery, où une salle leur est consacrée. Ce qui m’intéresse le plus, c’est la galerie industrielle, avec une magnifique collection de vitraux, de verres et de céramiques produits par les artistes de Birmingham dans l’enthousiasme de la révolution industrielle et jusqu’à aujourd’hui. L’architecture de la salle elle-même est remarquable, à base de structures métalliques et de verrières. La salle contigüe est le restaurant. Consommer une soupe de carottes à la coriandre dans cet environnement imprégné de culture et de beauté est un enchantement.

Photo « transhumances » : gas street, le long du canal de Wolverhampton.

Maubuisson côté Atlantique

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La plage est, aux côtés de la forêt de pins et du lac, le principal attrait de la station de Maubuisson, sur la commune de Carcans, en Gironde.

Sur deux cents kilomètres, de Soulac à Hossegor, la côte atlantique est une immense plage de sable fin adossée à une dune, a peine trouée par l’estuaire du Bassin d’Arcachon. De loin en loin, des agglomérations se sont formées. Carcans Plage, à 6 kilomètres de vélo de Maubuisson, est l’une d’elles. Il y a là des parkings, plusieurs boutiques de plage, quelques bars qui proposent des sandwiches et des glaces et le Restaurant Chez Heidi célèbre pour son cochon grillé. Des accès à la mer ont été aménagés pour franchir la dune sans l’endommager.

Toute l’année, des surfeurs expérimentés pratiquent à Carcans Plage, et pendant les vacances scolaires des écoles forment les débutants. En juillet et août par beau temps, des milliers de personnes se retrouvent sur le sable. Un dispositif de surveillance est en place. L’océan est généralement dangereux, avec des trous d’eau appelés ici « baïnes », traversés par de forts courants latéraux. Plusieurs sauveteurs sont juchés sur une chaise à quelques mètres du sol, d’autres sont positionnés sur des véhicules mobiles, d’autres encore sifflent les imprudents, prêts à intervenir.

Le bain dans les vagues est un moment de bonheur voluptueux. L’océan procure apesanteur, exaltation, force, respiration. Un papa à genoux dans les vagues laisse éclabousser son bébé émerveillé. Une jeune fille glisse sous les vagues et sourit. Des dizaines de jeunes cherchent la bonne vague et se laissent entraîner sur leur body-board jusqu’au rivage environnés d’écume. Des gens de tous âges laissent claquer les vagues sur leur corps, ou s’immergent pour réapparaître dans l’écume.

La plage est un festival de couleurs. Entre la bande beige du sable et le pâle azur du ciel, l’océan brille de la réflexion du soleil sur les vagues crénelées d’écume. Les parasols, les maillots de bain, les serviettes sur le sol, les cerfs-volants offrent un patchwork de teintes étincelantes. Allongées, de jolies filles exposent leurs corps magnifiques.

Le sens dominant du vent est le nord-ouest. On respire à pleins poumons un air chargé d’iode, d’algues marines et de grands espaces.

Photo « transhumances »