Les yeux de l’autre

Dans « Les yeux de l’autre » (Los ojos del otro, encuentros restaurativos entre victimas y ex miembros de ETA, Editorial Sel Terrae 2013), des médiateurs racontent leur expérience de rencontres restauratives entre victimes et ex-membres de ETA en 2011 et 2012.

L’ouvrage est coordonné par Esther Pascual Rodriguez et bénéficie de 8 contributions très fouillées sur l’origine du projet, les institutions parties prenantes, la préparation et le déroulement des rencontres. Le luxe de détails favorise les redites, mais il fait de cet ouvrage un véritable manuel des rencontres restauratives, des buts à rechercher, des écueils à éviter. Continuer la lecture de « Les yeux de l’autre »

Vœux pour 2022

En ce premier jour de l’année, je formule trois vœux utopiques qui ne feront peut-être pas l’unanimité les lecteurs de Transhumances.

 Je souhaite qu’en 2022 la France se tourne résolument vers des peines alternatives à l’incarcération et qu’elle abolisse la réclusion criminelle à perpétuité, parfois qualifiée de mort blanche.

 Je souhaite qu’en 2022 le peuple libanais s’affranchisse du système communautaire et invente une nouvelle manière de vivre ensemble.

 Je souhaite qu’en 2022 les avancées réalisées dans l’ARN messager pour la prévention du Covid permettent un pas décisif dans celle de l’Alzheimer et du Sida.

 Plus humblement, je souhaite à chacun et chacune d’entre nous d’accepter que notre monde ne peut pas vivre éternellement à crédit, qu’il faudra bien rendre des comptes à la planète et que ce sera douloureux. Je souhaite que, face aux épreuves, nous trouvions et favorisions les dynamiques positives à l’œuvre, que nous prenions l’habitude de transformer l’adversité en opportunité, que nous fassions confiance les uns aux autres pour l’avenir de l’humanité.

 Aux lectrices et lecteurs de Transhumances, je souhaite une année 2022 pleine de rencontres, d’étonnements et d’éveils.

Guantanamo à la française

Éric Ciotti, l’un des candidats à la primaire du parti Les Républicains pour l’élection présidentielle, s’est déclaré favorable à la création d’un « Guantanamo à la française », afin « d’empêcher d’agir des bombes humaines ».

Le quotidien « 20 Minutes » relatait le 10 novembre 2021 que, estimant que « le combat contre l’islamisme ne peut supporter la naïveté », Éric Ciotti a plaidé pour « des lois spécialement adaptées au terrorisme, comme le Patriot Act aux États-Unis (…) Nous devons mettre en œuvre la rétention de sûreté pour les personnes condamnées pour terrorisme représentant toujours une menace très grave lorsqu’elles sortent de prison (…)  Pour les cas extrêmement graves, il faut des mesures d’exception avec un centre de rétention dédié ». Continuer la lecture de « Guantanamo à la française »

Chronique d’étonnement n°5

Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.

 Dans cet article de « transhumances », un texte anonyme dans lequel il serait tentant de remplacer « pneus hiver » par « vaccin » ; et un article sur le projet pharaonique de construction de méga-prisons par le régime du président Sissi en Égypte.

Pneus hiver

Un ami m’a communiqué cette allégorie dont j’ignore l’auteur. Elle apporte un éclairage étonnant sur la controverse vaccinale.

Je refuse de mettre des pneus hiver car :
C’est ma voiture, mon choix, ma liberté.
L’efficacité des pneus hiver n’est pas prouvée, si ce n’est par des études réalisées par les fabricants (tu m’étonnes).
Ma voisine  a eu un accident après avoir mis ses pneus hiver.
Certains en sont déjà à leur 3e jeu de pneus, ça prouve bien leur inefficacité.
On ne sait pas avec quoi ils sont fabriqués.
Les géants du pneu nous font peur avec l’hiver juste pour s’enrichir.
D’ailleurs, ce sont les géants du pneu qui ont inventé la neige et qui l’épandent la nuit quand vous dormez.
Si j’ai des pneus, le gouvernement peut me suivre à la trace dans la neige.
Renseignez-vous, ouvrez les yeux, cessez d’être des moutons !
Cette année, les pneus hiver, je dis non !

 

Prison géante

Dans le site Middle East Eye, Maged Mandour a évoqué le 24 novembre l’inauguration d’une nouvelle prison géante dans le Wadi Natroun, au cœur du désert, à une centaine de kilomètres du Caire.

Premier objet d’étonnement : l’envergure du projet. La capacité de la prison, qui s’étend sur 219 hectares, est estimée à 34 000 prisonniers. Son ouverture permet la fermeture de 12 prisons sur les 76 que compte le pays. Le projet comporte la construction de 7 autres établissements du même type. La population carcérale en Égypte est actuellement de 120 000 personnes, dont beaucoup de prisonniers politiques. La construction de méga-prisons permettrait d’en héberger beaucoup plus.

Deuxième objet d’étonnement : les raisons avancées pour ce projet gigantesque. Le président Sissi a affirmé qu’il permettrait aux prisonniers de ce complexe « de purger leur peine dans des conditions humaines ». La priorité serait donnée à la réhabilitation plutôt qu’au principe de sanction. La construction de ces méga-prisons contribuerait certes à résorber la surpopulation carcérale, de l’ordre de 300% actuellement. Mais les détenus verront-ils vraiment leur sort amélioré ? Les nouvelles prisons sont construites loin des villes, avec un accès quasiment impossible pour les familles. Toute interaction avec l’environnement géographique et social est impossible, en raison de l’isolement. Les institutions judiciaires sont incluses dans le complexe carcéral, les asservissant de fait au pouvoir sécuritaire et judiciaire.

En Europe, la tendance est à la réduction de la taille des prisons, et à leur intégration dans l’espace urbain. Le projet Rescaled propose des lignes d’action aux gouvernements. La nouvelle prison du Wadi Natroun va dans le sens opposé.