Premiers de cordée, premiers de corvée

À l’occasion de la crise du Covid-19, de nombreux commentaires ont opposé le rôle déterminant des sans-grade, les « premiers de corvée » au piétinement des sachants, les « premiers de cordée ».

Les « premiers de corvée » sont les infirmières, les caissières, les éboueurs, les facteurs qui, exposés en première ligne à la contagion, ont assuré les services essentiels et aussi ceux, comme les enseignants, dont les parents obligés de faire l’école à leurs rejetons ont ressenti l’absence. Il faut y ajouter les mères de famille, qui exécutent la majeure partie des tâches domestiques et jouent le rôle de régulateur émotionnel, prenant sur elles peurs, chagrins et colères. Continuer la lecture de « Premiers de cordée, premiers de corvée »

Urgence sanitaire : les droits de l’homme menacés ?

La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) vient de publier deux avis qui alertent sur le risque que l’état d’urgence sanitaire fait planer sur les droits humains.

La CNDCH est l’institution nationale de promotion et de protection des droits de l’Homme français, créée en 1947 et actuellement régie par une loi de 2007. Elle est composée de 64 membres, représentants d’ONG ou personnalités qualifiées. Continuer la lecture de « Urgence sanitaire : les droits de l’homme menacés ? »

Berlin 1945, le journal d’une capitale

Arte TV a récemment diffusé deux documentaires de Volker Heise intitulés « Berlin 1945, le journal d’une capitale ».

Il s’agit bien d’un « journal » : le journal intime d’hommes et de femmes pris au piège dans Berlin bombardé puis occupé ; le journal cinématographique, vu par des caméras allemandes, russes, anglaises ou américaines. Continuer la lecture de « Berlin 1945, le journal d’une capitale »

Le Mars Club

Dans « Le Mars Club » (2018), Rachel Kushner offre un tableau du versant sombre des États-Unis à travers le récit de captivité d’une jeune femme, ancienne strip-teaseuse dans une boîte de San Francisco.

Le récit est écrit à la première personne par Romy Leslie Hall, 29 ans lors de son incarcération. Il convient de saluer le travail de la traductrice, Sylvie Schneiter : le langage est en effet celui du prolétariat californien, bourré de mots argotiques et de références à la culture populaire. Romy est une WPOD, White Punk on Dope, une punk blanche accroc à la drogue. « On aimait plus la vie que l’avenir », dit-elle. Continuer la lecture de « Le Mars Club »