Les Chariots de Feu

Le thème des « Chariots de Feu » est omniprésent dans les Jeux Olympiques de Londres.

 « Les Chariots de Feu » est un film écrit par Colin Welland et réalisé par Hugh Huston en 1981. La musique synthétique était signée de Vangelis. Il reçut cette année là 4 Oscars. Il ressort actuellement sur les écrans londoniens à l’occasion des Jeux Olympiques. C’est qu’il raconte le triomphe de deux athlètes britanniques aux JO de Paris en 1924 et vient opportunément enraciner l’euphorie ambiante dans un passé glorieux.

 Les Chariots de Feu, en en particulier la musique, ont été présents tout au long de la préparation des Jeux Olympiques de Londres, du voyage de la flamme tout autour du pays à la cérémonie d’ouverture. On se rappellera longtemps l’orchestre symphonique interprétant majestueusement le générique du film pendant que Rowan Atkinson (Mr Bean) joue délicieusement le rôle d’un claviste affecté à jouer une unique note et s’ennuyant à mourir.

 « Les Chariots de Feu » est loin d’être un grand film. L’histoire d’Eric Lidell, fils d’un pasteur épiscopalien écossais missionnaire en Chine et déchiré entre sa propre vocation de missionnaire et le talent que Dieu lui a donné d’être rapide, et celle d’Harold Abrahams, fils d’un banquier juif de la City et mal accepté par l’Establishment de son collège à Cambridge, ne convainc jamais vraiment.

 La reconstitution historique des JO de Paris dans le vieux stade de Colombes est intéressante, tant elle fait ressortir le contraste avec la sophistication d’aujourd’hui : les coureurs du 100m creusent eux-mêmes leurs starting-blocks dans la cendrée !

 Ce qui reste du film est la scène du générique où l’on voit un groupe d’athlètes courir sur la longue plage de St Andrews et traverser la fin du parcours du célèbre golf pour regagner leur hôtel. Pour cette scène et pour la musique de Vangelis qui l’accompagne, les Chariots de Feu est incontestablement un « film culte ».

 Le mot « les chariots de feu » fut emprunté à l’Ancien Testament par le poète William Blake et mis en musique dans l’un des choraux les plus connus de l’Eglise Anglicane : Jérusalem.

Les Chariots de Feu

Equador

Après Livro de José Luís Peixoto et pour rester dans la veine littéraire portugaise, voici ma note de lecture de Equador (Equateur) de roman de Miguel Sousa Tavares (Oficina do Livro, 2003).

 Lisbonne, décembre 1905. Luís Bernardo Valença, 37 ans, célibataire, mène une vie dilettante entre la Compagnie Insulaire de Navigation héritée de son père mais qui ne l’occupe pas vraiment, ses conquêtes féminines éphémères et les dîners en ville, dont l’indispensable dîner hebdomadaire du club de l’Hôtel Central, exclusivement masculin.

 Dans un quotidien, il a écrit un article où il préconise une redéfinition de la politique coloniale du Portugal. Les droits des pays colonisateurs furent dans une première phase fondés sur la découverte de territoires nouveaux. Dans une conjoncture d’exaspération de la concurrence entre Etats et entre entreprises, ces droits ne peuvent désormais dériver que d’une mission civilisatrice, dont la pierre de touche est l’abolition de fait, et non seulement de droit, de l’esclavage. C’est précisément cet article qui a attiré l’attention du roi Don Carlos, et l’a amené à convoquer Luís. Le roi le prend au mot et le presse d’accepter la responsabilité de Gouverneur des Iles de São Tome (dans l’Atlantique au large du Gabon) et de Principe. L’Empire Britannique va y envoyer un Consul pour vérifier sur place que la main d’œuvre angolaise utilisée dans les plantations de cacao est libre et informée de ses droits, notamment de son droit au retour.

 A contrecœur, par devoir et aussi pour fuir Matilde, une femme mariée avec qui il vient de vivre une relation passionnée mais sans avenir, il accepte le défi. Sur place, il se heurte á l’hostilité croissante des planteurs et d’une partie de sa propre administration, bien résolus à ce que rien ne change, retranchés derrière la fiction d’une main d’œuvre travaillant de son plein gré, bénéficiant de conditions de logement, de nourriture et de santé meilleures que dans les colonies anglaises, décidée à rester à São Tome plutôt que de retourner à la vie sauvage en Angola. Le Gouverneur ne se contente pas de prêcher dans son Palais. Il s’invite au Tribunal et prend la défense de deux noirs accusés d’avoir fui leur plantation : pourquoi ont-ils fui des conditions « idylliques » ? demande-t-il. Au lieu de réprimer dans le sang une révolte à Principe, il négocie avec les mutins et obtient pacifiquement leur reddition. Sa solitude se fait de plus en plus pesante et angoissante.

 Le Consul que la Couronne Britannique envoie à São Tome est David Jameson, un fonctionnaire brillant, passionné par l’Inde, polyglotte, qui a été à moins de trente ans Gouverneur du nouvel Etat d’Assam et du Bengale du Nord-Ouest, qui comptait plus de trente millions d’habitants de plusieurs ethnies et religions. David avait pleinement réussi sa mission de faire fonctionner de manière harmonieuse cette potentielle pétaudière. Mais il tombe par sa passion du jeu et est envoyé en punition à un poste que personne ne veut occuper. D’emblée, Luís et David deviennent amis.

 Ann, la femme de David, l’a accompagné dans sa disgrâce. « Sa beauté était douce comme un matin du Hertfordshire, lumineuse comme un crépuscule dans le Rajasthan. Elle avait un sourire et des traits d’adolescente, un corps de femelle fertile prête à être cueillie, des yeux verts humides de femme sans époque et sans mode ». Ann considère que sa promesse de ne pas abandonner David dans son exil lui donne le droit de se comporter en femme libre. La beauté de cette jeune femme intelligence, son élégance et son magnétisme dans les réceptions mondaines de la colonie, ensorcellent Luís Bernardo qui en tombe fou amoureux.  Il est dans un étau : les planteurs prétendent qu’à cause de cet amour adultérin, il a pris fait et cause pour l’ennemi anglais. Rien n’a bougé dans les esprits : au terme des contrats quinquennaux de travail, seules quelques dizaines d’ouvriers sont rapatriés dans leur pays d’origine. La mission du Gouverneur est un échec. Il pense s’enfuir avec Ann, mais celle-ci se dérobe.

 Le 1er février 1908, le roi Carlos et le Prince héritier Luís Felipe, qui avait visité São Tome dans l’allégresse quelques semaines auparavant, sont assassinés. La République est proclamée quelques semaines plus tard.

 Transhumances avait rendu compte le 19 décembre de Rio das Flores, autre roman de Miguel Sousa Tavares.

Questionnement

A Hyde Park. Photo Transhumances.

Je sors d’un magasin d’articles photographiques à Watford. Un petit garçon avise un panneau faisant la publicité de photos d’identité. Il me demande si je me suis fait tirer le portrait. Ai-je une tête spéciale pour lui, celle d’un truand, celle d’un clown ? Je réponds que je viens d’acheter un appareil photo.

 Dans Cassiobury Park, je suis pris dans un violent orage. Je me réfugie sous l’avancée de toit d’un bar désaffecté. Quatre adolescents en BMX partagent mon infortune. L’un d’entre eux me demande pourquoi je me suis mis à l’abri alors que je dispose d’un parapluie. Je réponds que je crains la foudre.

 Je trouve admirable que l’on s’intéresse ainsi à ma vie. Le jeune âge, sans doute.

Rêve de plage

 

Sur la plage de Carcans (Gironde). Photo "transhumances"

 Etendu sur ma serviette sur le sable, je savoure chaque minute de ce soleil qui sèche ma peau. Après l’effort du parcours à bicyclette dans les dunes, après l’excitation du bain dans les vagues, c’est un moment de pur bonheur.

 Je ferme les yeux.

 Le son de l’océan me parvient, mêlé à des bribes de conversations. L’intensité sonore fluctue comme une houle, en fonction de la proximité des personnes, du souffle de la brise et des balancements de mon esprit entre l’acuité et le sommeil.

 Les mots les plus simples, « crème solaire », « soif », « se baigner » prennent une couleur différente selon qu’ils sont prononcés par un enfant, un homme âgé ou une jeune femme que l’on devine jolie.

 La violence des mots : « petit imbécile, tu mérites une taloche », et la gifle qui claque. La tendresse des mots : « je t’aime. » L’anxiété : « retrouverai-je du travail à la rentrée ? » La joie : « comme nous sommes bien, tous ensemble ! »