Tsunami

Tsunami, roman de Marc Dugain (Albin Michel, 2023), se présente comme le journal intime d’un président récemment élu que des révélations sur sa vie personnelle et l’hostilité de l’opinion à l’égard des réformes qu’il promeut menacent d’un tsunami médiatique qui le contraindrait à la démission.

Cet homme a fait très tôt fortune à la tête d’une start-up qu’il a revendue à un géant américain du numérique. Par manque de projet, et aussi par crainte de l’arrivée au pouvoir des populistes à la suite du mandat écourté du dernier président de la République, il se porte candidat. À la surprise générale, il est élu. Sa proposition d’un revenu universel minimum digital a convaincu des jeunes de voter pour lui. En sous-main, les Gafam ont promu sur les réseaux sociaux l’expression d’opinions favorables à sa candidature et plombé les autres. Continuer la lecture de « Tsunami »

Chronique d’étonnement n°38

Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.

 Dans cet article de transhumances, je m’étonne de la réduction de l’espérance de vie aux États-Unis ; j’admire la réussite d’HelloAsso, une jeune entreprise bordelaise au service des associations ; en lisant les articles sur l’opération Wuambushu de maintien de l’ordre à Mayotte, je suis étonné que le retour négocié de l’île dans l’Union Comorienne ne soit jamais évoqué. Continuer la lecture de « Chronique d’étonnement n°38 »

22 janvier 1995

Le 22 janvier 1995, vingt mille personnes, dont beaucoup venues par train spécial de Paris, participèrent dans la cathédrale d’Évreux et sur son parvis à la dernière messe de l’évêque Jacques Gaillot, déplacé par le Vatican dans un diocèse fictif, Parténia.

Jacques Gaillot est récemment décédé à l’âge de 87 ans. Il avait été évêque d’Évreux pendant 13 ans. Il était devenu une personnalité médiatique, en raison de multiples prises de position diamétralement opposées à celles de l’Église catholique. Son éviction fut présentée comme une sanction pour ne s’être pas assez consacré à son diocèse. Elle s’inscrivait dans une politique systématique de nomination d’évêques conservateurs. Continuer la lecture de « 22 janvier 1995 »

Le pain perdu

Edith Bruck a publié son autobiographie  “il pane perduto” (le pain perdu) en 2021, à l’âge de 90 ans. Elle y raconte sa vie d’enfant juive dans un village hongrois, sa déportation, sa tentative pour vivre en Israël, son choix de l’Italie comme pays d’adoption, et tout au long de ces années, une interrogation lancinante sur ce Dieu que priait sa mère et qui laissa son peuple tomber en enfer.

Bruck, pseudonyme d’Edith Steinschreiber, était le nom de son second mari, épousé puis rapidement divorcé pour éviter le service militaire en Israël. « Je ne supporte pas le dortoir et les ordres. Non, non et non », écrit-elle. Et encore : « Je ne vais bien nulle part, mais je n’obéis à personne. » Continuer la lecture de « Le pain perdu »