Portrait de Jimmy Carter

Dans The Observer, Carole Caldwalladr dresse un portrait émouvant de Jimmy Carter.

 J’ai une grande admiration pour Jimmy Carter, l’ancien président américain (celui d’un seul mandat, que Barak Obama aimerait bien exorciser !). Après avoir été battu par Reagan à l’élection de 1986, il a su mettre de côté la rancœur et s’est engagé pour l’élimination de maladies rares et comme médiateur de conflits internationaux.

 La journaliste insiste sur la solidité et la fécondité du couple que Jimmy forme avec son épouse Rosalynn. Elle dit de lui « je crois qu’il a toujours cherché quelque chose de plus à faire (…) Je pense que c’est sa nature d’être aventureux. Il a toujours dit « si vous n’essayez pas quelque chose, vous ne pouvez pas réussir ». C’est pourquoi il n’a jamais peur de l’échec. »

 « Jimmy Carter mena sa carrière avec tout le pragmatisme d’un homme pratique, et avec la moralité profondément enracinée d’un homme religieux. La politique américaine est de plus en plus dominée par ce qu’on appelle la droite religieuse ; des conservateurs qui partagent une vision du monde anti-scientifique, qui traitent l’évolution de théorie hérétique et le système général de santé comme un dangereux socialisme. Mais Carter était de la gauche religieuse, un animal très différent. Il a une profonde foi, enracinée dans ses origines baptistes. Lui et Rosalynn lisent la Bible l’un à l’autre chaque nuit et l’ont fait pendant quelque trente ans. (Ils lisent en espagnol, de manière à pouvoir pratiquer leurs compétences linguistiques au même moment ; ce sont des acharnés de l’amélioration personnelle). « Je lis un chapitre une nuit, dit Rosalynn, et il lit un chapitre la nuit suivante. »

 Photo : Jimmy Carter dans sa petite maison de Plains en Géorgie. Photo de Cris Stanford pour The Observer.

Des esprits positifs

Nous rendons visite à Marie-Claude et Dominique, qui ont pris leur retraite dans une grande maison près de Romans sur Isère.

 Dominique a passé sa carrière aux PTT puis France Télécom dans le nord de la France et y a exercé des responsabilités syndicales. Marie-Claude travaillait comme éducatrice spécialisée dans l’adolescence difficile.

 Ils ont pris leur retraite il y a trois ans. Ils ont saisi l’opportunité d’acquérir une grande demeure qu’ils ont aménagée et équipée d’une piscine.

 Ils suscitent notre admiration pour le respect et l’affection profonds qu’ils démontrent l’un pour l’autre et pour leur attention à tout ce qui bouge dans leur région. Nous parlons de comptage d’oiseaux dans des carrières, de médiation entre parents et établissements scolaires, de poterie, de sentiers botaniques commentés, d’un centre coopératif de distribution d’aliments biologiques, de la section locale du PS et de la campagne de Ségolène Royal.

 Marie-Claude et Dominique n’hésitent pas à franchir l’Atlantique pour écouter du jazz dans des clubs new-yorkais et à visiter la Cappadoce en voyage organisé.

 Ils ont un esprit positif. Partager quelques heures avec eux est revigorant.

 Photo « transhumances » : l’église Saint Félix de Marsanne, dans la Drôme.

Noce à Léoncel

L’ancienne abbaye cistercienne de Léoncel, aux confins du Vercors, est un magnifique édifice roman. Nous y avons assisté au mariage de Sabine et Alexandre, ce dernier étant le fils de Philippe, mon ami d’enfance.

 Le cadre multi-centenaire de l’abbaye, la confiance qu’exhalent les jeunes époux, la qualité des textes et de la musique, le sentiment de réussite sociale qui se déprend de l’assemblée, tout semble annoncer une cérémonie sans surprise. C’est sans compter sur l’audace du prédicateur. Pour lui, la religion chrétienne est corporelle. Dans l’Eucharistie, on mange le corps du Christ comme dans le mariage les époux « mangent » le corps de leur partenaire.

 La soirée est organisée sous un chapiteau planté dans un village de montagne. La chaleur des retrouvailles et la virtuosité des « metteurs en boîte » peinent à faire oublier le froid mordant qui s’insinue par les ouvertures de la toile.

 Un ami des mariés souligne que d’ordinaire on se marie, puis l’on fait un enfant et on retape la maison. Alexandre et Sabine se sont occupés de la maison, puis de l’enfant et nous offrent maintenant la joie d’une fête.

 On évoque le Japon, l’habitat durable, les anciens présents et disparus, les enfants devenus adultes et les petits enfants que l’on accueille. Ce mariage nous met au cœur d’une saga, celle de la vie que l’on reçoit et que l’on transmet.

Photo « transhumances »

Noce franco-polonaise

Nous avons participé à la fin août en région parisienne au mariage de ma filleule Marie avec Slawomir, son ami de longue date.

 Les jeunes mariés ont placé la barre haute. Un ensemble instrumental de qualité accompagne les chants. Tout est exprimé en français et en polonais, Marie se chargeant souvent de la partie polonaise sans qu’un accent français soit décelable dans son élocution. J’imagine la quantité de travail nécessaire pour atteindre ce niveau.

 Les Polonais, jeunes et vieux, expriment leur religiosité par force agenouillements et génuflexions. Ces postures ne doivent rien au spectacle. Elles expriment une foi profonde.

 Beaucoup de Français présents sont ou ont été de la mouvance des communautés chrétiennes de base. A leurs yeux, cette messe de mariage semble classique, mais sa bi-nationalité la rend attachante.

 Pendant la soirée, j’ai l’opportunité de parler avec Caroline, qui fut la logeuse de Slawek lors de son année à Oxford. C’est une voyageuse intrépide, une femme lucide qui, issue d’un milieu aisé, porte un regard critique sur le cloisonnement des classes sociales en Grande Bretagne et sur la prison invisible que se construisent, dès leur plus jeune âge, les membres de l’élite.

 Une fois achevés le dîner, les discours et les « mises en boîte », Marie et Slawek ouvrirent le bal par une salsa endiablée. Ils ont réussi une célébration de mariage fidèle à leurs personnalités, à leur personnalité de couple.

 Photo « transhumances »