Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.
Dans cet article, je parviens encore à m’étonner du cynisme du président des États-Unis ; j’admire le courage de responsables israéliens dénonçant les exactions commises par des colons contre des Palestiniens, avec la complicité, voire la participation, de forces de sécurité ; j’apprends la démission du gouvernement italien du sous-secrétaire d’État à la Justice, proche de milieux mafieux ; je m’étonne de la vague numérique à Londres ; enfin, la transformation de la maison d’arrêt de Béziers en hôtel éveille ma curiosité.
J’irai cracher sur vos tombes
Le président des États-Unis, Donald Trump, s’est réjoui de la mort de Robert Mueller des suites de la maladie de Parkinson à l’âge de 81 ans : « je suis content qu’il soit mort, il ne peut plus faire de mal aux innocents. »
Au nombre des « innocents », il faut compter Donald Trump lui-même. Mueller avait été désigné en 2017 procureur spécial dans l’affaire des ingérences russes dans la campagne présidentielle qu’il avait remportée l’année précédente.
En démocratie, le président, élu par une majorité des citoyens, se présente après sa victoire comme le président de tous. Le respect des morts constitue une norme de la vie en société. Le président Trump franchit des lignes rouges vers l’indécence et l’abjection.
Le droit d’exister
Dans une lettre au chef de l’armée israélienne rapportée par The Guardian (édition du 25 mars 2026), l’ancien premier ministre israélien Ehud Olmert et plusieurs responsables ou anciens responsables de services de sécurité appellent la Cour internationale de justice de La Haye à « sauver les Palestiniens et nous-mêmes (Israéliens) de la violence des colons, exercée avec la complicité et parfois la participation de la police et de l’armée. »
« Il ne s’agit plus d’une poignée de hooligans délinquants, mais d’une activité organisée, qui inclut parfois ceux qui portent des uniformes, qui tirent sur des personnes innocentes et brûlent les biens et les maisons de civils ». Selon les signataires, « le terrorisme juif représente une menace existentielle ».
Selon eux, les victoires passées d’Israël sont imputables à la force morale des forces armées, et ceci est vital pour des futures victoires. « Sans elle, nous n’avons pas le droit d’exister ».
Le courage de ces hauts responsables mérite d’être salué.
Le non à Giorgia Meloni
La première ministre italienne, Giorgia Meloni, a échoué dans sa tentative à faire passer par référendum une réforme de la justice, une obsession de toutes les extrêmes droites européennes.
Dans le sillage de son échec, elle a évincé du gouvernement des personnalités sulfureuses. C’est le cas, révèle Le Monde le 27 mars, du sous-secrétaire d’État à la Justice, Andrea Delmastro, proche de milieux mafieux.
Delmastro, écrit Le Monde, « avait fait de l’administration pénitentiaire son fief personnel au ministère de la justice. Il est connu pour son hostilité aux mesures de protection des droits des détenus et a compté parmi ses combats politiques un projet de révision du délit de torture, destiné à « protéger » les surveillants de prison qui pourraient en être accusés.
Londres à l’ère digitale
Onze ans après mon dernier voyage à Londres, je suis frappé par la prégnance du numérique dans la vie quotidienne de la capitale britannique. Il est devenu difficile d’acheter un quotidien en papier. La cabine « passagers » des cabs (taxis) est équipée d’un terminal de paiement.
Un musicien de rue près de la Tate Modern affiche un QR code accompagné de trois mots : « scan to tip », scannez pour faire un don.
Tourisme carcéral
L’Office de tourisme de Béziers se réjouit du succès de l’hôtel « La prison », ouvert il y a deux ans près de la cathédrale Saint Nazaire. L’hôtel a été aménagé dans l’ancienne maison d’arrêt datant du dix-neuvième siècle. Il compte une cinquantaine de chambres. Les cellules étant trop exigües selon les normes hôtelières, on a formé deux chambres à partir de trois cellules.
L’Office de tourisme organise des visites guidées de l’établissement, qui accueille aussi des expositions d’art contemporain et des spectacles immersifs. Il se réjouit de voir l’ancienne prison convertie en vitrine du tourisme biterrois à l’étranger.