Chronique d’étonnement n°99

Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.

Dans cet article de transhumances, je m’étonne de la constance du ministre de la Justice dans le durcir, interdire, sévir ; je ne m’étonnerais pas que Nicolas Sarkozy propose dans son futur « journal d’un prisonnier » une réorientation de la politique pénale en France ; je cueille au vol la confidence d’un passant sur sa réanimation cardiaque ; et je me réjouis du sourire échangé avec un agent d’accueil du métro parisien.

Durcir, interdire, sévir

En l’espace d’une semaine, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a limogé le directeur d’une prison d’où un détenu s’était évadé, sans attendre une enquête qui aurait déterminé les responsabilités ; et, parce qu’une permission de sortir avait été accordée à un délinquant de haut profil, il a annoncé son intention de durcir les conditions d’octroi de ces permissions.

Que le tout répressif ajoute de la pression à la cocotte-minute carcérale et crée un malaise chez beaucoup d’agents de l’administration pénitentiaire n’a pas de poids pour le ministre. Il s’adresse à une opinion publique censée espérer l’émergence d’un homme fort providentiel.

Journal d’un prisonnier

Fort de sa longue détention (21 jours), Nicolas Sarkozy annonce la publication prochaine d’un livre intitulé « journal d’un prisonnier ».

On ne s’étonnera pas s’il s’indigne du troisième matelas par terre dans une cellule de 9 m², de l’accès difficile à l’enseignement, à la formation, au travail et aux services de  santé et la coexistence avec les nuisibles.

Dans « journal d’un prisonnier », il ne manquera pas de réclamer une réorientation de la politique pénale, afin qu’elle privilégie l’accompagnement hors de la prison des personnes en délicatesse avec la loi.

Réanimation cardiaque

« J’étais en réanimation cardiaque, c’est pourquoi je n’ai pas pu te rappeler ». L’homme qui marche à grands pas dans le quartier de l’université de médecine à Bordeaux parle fort au téléphone.

Il était donc en réanimation cardiaque. Comme patient ? Comme cardiologue urgentiste ? Me voici transporté, l’espace d’un instant, aux frontières de la vie et de la mort.

Sourire à quai

Sur le quai du métro ligne 13 à la station Saint Lazare, vers 9 heures du matin, se presse une foule de passagers. Des agents d’accueil vêtus d’un gilet orange sont répartis le long du quai pour fluidifier les sorties et entrées de rame. L’un d’entre eux exhorte courtoisement les passagers à la discipline.

Je le remercie pour son travail et il me sourit alors que j’entre dans le wagon plein de monde. Lorsque les portes se referment, il me gratifie de nouveau d’un large sourire. Un rayon de soleil dans le souterrain.

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