Le Café-théâtre de Carcans a récemment programmé « de Victor à Hugo, itinéraire d’une ROCK STAR », pièce écrite et interprétée par Antoine Beauville, et mise en scène par Xavier Guibert.
Accompagné d’un rap intitulé « ce siècle avait deux ans », Victor Hugo s’adresse au public : « je suis mort, je peux tout vous dire ». Le comédien qui l’incarne ce soir ressemble à s’y méprendre au personnage âgé des photos d’époque.
Victor raconte sa vie, de sa naissance à Besançon en 1802 jusqu’à sa mort le 22 mai 1885 et son transfert au Panthéon dix jours plus tard, auquel assistent un million de Parisiens. Il ne cache pas son amour immodéré pour l’argent et les honneurs. Il se flatte de sa masculinité : il se vante d’avoir « honoré » sa femme neuf fois pendant sa nuit de noce, et il tient tout au long de sa vie un carnet où il note, en langage crypté, ses conquêtes féminines.
De retour d’un voyage en Espagne avec son amante Juliette Drouet, Victor Hugo fait étape à Rochefort et apprend dans le journal la mort, dans un accident de barque, de sa fille chérie Léopoldine. Il est dévasté. Lorsque, bien plus tard, il apprendra à devenir grand-père, l’image de Léopoldine enfant habitera ses nuits et ses jours.
Antoine Beauville incarne avec force le héros républicain qu’Hugo est devenu après le coup d’État de « Napoléon le petit » et son exil à Guernesey : le romancier des Misérables (1862), l’opposant à la peine de mort.
C’est un magnifique portrait qu’il dresse d’un personnage hors du commun, avec des anachronismes qui provoquent le rire (le buzz, les selfies, la Rock Star…) et des moments poignants où le monument national se présente dans sa fragilité.

