Gourou

Dans « Gourou », le réalisateur Yann Gozlan raconte le triomphe et la chute d’un coach en développement personnel.

Matthieu Vasseur (Pierre Ninney) est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Sur les réseaux sociaux, ses vidéos sont regardées des centaines de milliers de fois. L’entreprise qu’il a créée propose des entretiens personnels avec « Matt » et organise des séminaires collectifs qui rassemblent des centaines de personnes.

Le film s’ouvre sur l’un de ces shows. Les participants occupent la place qui leur a été réservée. En coulisse, les collaborateurs de Matt l’orientent vers des cibles dont le profil a semblé particulièrement intéressant – personnalités potentiellement en crise. Matt interpelle ainsi Julien (Anthony Bajon) et le fait accoucher, devant la foule enthousiaste, d’un secret intime.

Les slogans : « le pouvoir est en toi », « ce que tu veux est ce que tu es ». Ils sont scandés par la foule dans une véritable catharsis. Chacun sort du séminaire convaincu que son être individuel est le centre de l’univers et qu’il n’a plus de limite. Matt nage dans le succès. Conrad (Holt McCallany), coach américain dont il s’inspire du style et des méthodes, l’invite à paraître dans son show à Las Vegas.

Pourtant, les nuages s’amoncellent. Au Sénat, une commission fait la chasse aux dérives sectaires et envisage d’encadrer la profession de coach en imposant un diplôme d’État. Julien, qui rêve de devenir coach et de travailler aux côtés de Matt, découvre que l’amour que le coach disait lui porter n’était qu’un élément de décor.

Il y a surtout Christophe (Christophe Montenez), le frère de Matt, avec qui les relations sont exécrables. Matt n’aurait-il pas inventé la persécution dont il dit avoir été victime, enfant, de son grand frère . Adèle (Marion Barbeau), sa compagne, commence à douter de sa sincérité. Et si tout son discours n’était finalement qu’une vaste escroquerie, une pompe à fric ?

« Gourou » est un thriller dans lequel le personnage principal est peu à peu aspiré par la folie. Le film constitue une parabole de la folie de nos sociétés, dans lesquelles l’individu est roi et sa réussite doit passer au premier plan, quitte à écraser sans pitié ceux qui croisent son chemin.

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