Un petit-fils âgé de 7 ans m’a entraîné voir au cinéma « Les Légendaires », film d’animation de Guillaume Ivernel, d’après les bandes dessinées de Patrick Sobral.
J’ignorais totalement l’univers de Patrick Sobral. Mon petit-fils a commenté l’affiche du film et m’a présenté les héros, Danaël, Shimy, Jadina, Razzia et Grif, ainsi que le méchant Darkhell. Malgré sa pédagogie, je n’ai guère suivi le fil de leurs aventures. Pourtant, j’ai aimé le film.
L’intrigue est ainsi présentée : « Les Légendaires, intrépides aventuriers, étaient les plus grands héros de leur temps. Mais suite à une terrible malédiction, les voilà redevenus… des enfants de 10 ans ! Ils vont unir leurs pouvoirs pour vaincre le sorcier Darkhell et libérer leur planète de l’enfance éternelle… »
Les héros évoluent dans un monde fait de précipices vertigineux et d’armes létales. Ils sont frappés du glaive et de rayons laser, ils font des chutes de centaines de mètres mais se relèvent sans blessure. La violence est omniprésente, si ce n’est qu’en l’absence de sang (comme dans les albums de Tintin), elle apparaît comme un accessoire, un élément du décor.
Leur ville est un bourg médiéval aux rues étroites. Elle est survolée par des barges soustraites à la pesanteur, propulsées par des moteurs souffreteux et pilotées comme les galions de l’antiquité. Le film fascine par sa créativité. On découvre ainsi un humain-végétal, dont les nattes grandissent à vue l’œil et enserrent leurs proies comme les tentacules d’une pieuvre.
Les héros ont dix ans d’âge, mais parlent comme des adultes. Jadina reproche à Danaël de n’avoir jamais rompu avec son « ex ». Razzia, le petit gros qui zozote, s’est épris de la communication non-violente, mais lorsqu’il la pratique, les résultats ne sont pas au rendez-vous.
À tout moment, le film surprend le spectateur. J’ai vite renoncé à comprendre quoi que ce soit, j’ai lâché prise et me suis laissé emporter par la poésie qui se dégage des images, et aussi la musique de Cécile Corbel, médiévale, orientale, étrange.


