Dans « Oslo, 31 août », le réalisateur danois et norvégien Joachim Trier raconte l’errance d’un homme qui retourne en ville au terme d’une cure de désintoxication.
Dans la première scène du film, Anders (Anders Drielsen Lie), 37 ans, tente de se suicider par noyade. Au centre de santé où il se sèvre de sévères addictions, nul ne se rend compte de sa détresse. Comme il est « clean » et qu’il a un rendez-vous d’embauche, on lui accorde une permission de sortir.
Sa première visite est pour Thomas (Hans Olav Brenner), un ancien compagnon de débauche. Il s’est marié, a une jolie épouse, une ravissante petite fille et un bébé. La vie idéale, en somme, si ce n’est que, en grattant, Thomas s’y ennuie à mourir.
Anders, qui a été un journaliste de talent, postule un poste de secrétaire de rédaction. L’entretien avec son potentiel employeur commence par un échange d’idées prometteur. Mais lorsqu’il est question d’un trou de plusieurs années dans le CV pour cause de toxicodépendance, Anders s’enfuit.
Anders a fixé rendez-vous avec sa sœur. Mais celle-ci se dérobe, délègue une amie. Elle ne supporte pas les dérives de son frère. L’accompagner dans son retour à la vie normale est au-dessus de ses forces.
Il tente d’appeler au téléphone la fille qu’il a aimée, qui vit maintenant à New-York. Pas de réponse.
Le soir venu, il s’invite à une fête où il retrouve des amis d’autrefois et se fait draguer. La nuit se prolonge à l’aube par un bain dans une piscine fermée à cette heure. Mais Anders n’a pas le cœur à se joindre à l’amie qui l’a emmené ici. C’est le dernier jour d’août, la ville d’Oslo est belle dans les dernières lumières de l’été, mais cette beauté reste extérieure à son âme enténébrée. Il a acheté chez son dealer d’avant la cure une quantité de drogue suffisante pour provoquer une surdose.
Oslo, 31 août a été projeté au cinéma La Lanterne de Bègles dans le cadre du soixantième anniversaire de SOS Amitié Bordeaux. L’association prétend seulement offrir un moment d’écoute de la souffrance de ceux qui, anonymement, appellent ses écoutants. Elle ne cherche qu’à apaiser la douleur, et gagner quelques heures, jours, semaines ou peut-être années.
Sur quels points Anders aurait-il pu s’appuyer pour rebondir ? La drogue a démoli tous les appuis du passé : une famille solide, une ville accueillante, une compétence professionnelle, l’amour d’une femme.
Oslo, 31 août est un film sombre, servi par une mise en scène et des acteurs exceptionnels.


