Camden Town

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Camden Town, un quartier au nord de la gare de St Pancras à Londres, est devenu l’une des principales attractions touristiques de Londres.

Le dimanche, on estime que plus de 100.000 personnes visitent les puces de Camden. La station de métro est fermée une bonne partie de la journée pour éviter que la foule provoque des accidents sur les quais étroits de la Northern Line.

Ce n’est pas un marché, mais plusieurs, qui se sont développés depuis les années soixante dix sur un site traversé par le Regent’s Canal, les voies de chemin de fer de la gare de Euston et celles de l’Overground. Les plus fameux se sont installés dans les entrepôts voisins des écluses (Lock Market) et dans les anciennes écuries de l’hôpital où étaient soignées les chevaux qui tiraient les péniches sur le chemin de halage (Stables Market)

Camden est le monde de l’extravagance vestimentaire, où il est possible pour peu d’argent de se constituer une garde-robe indienne, gothique ou carrément loufoque. Des centaines de boutiques proposent des mets du monde entier, que l’on savoure debout entre les stands. Des ateliers et galeries d’art se sont installés. Certains vendent des objets de pacotille, mais d’autres profitent de l’effet de la mode pour s’adresser à une clientèle « posh » (élitiste).

Visiter Stables Market procure une vraie expérience sensorielle. On piétine, on se bouscule, on tâte les tissus et les objets. On y admire des sculptures de chevaux, des cariatides, des statues de divinités. On cligne des yeux au faisceau des projecteurs. On savoure des samossas, des nems et des loukoums. On est assourdi par les musiques diffusées à tue-tête, les boniments des vendeurs et la rumeur de la foule. On est enivré par les fumets de cuisine et les émanations des lampes à parfum.

Photo « transhumances ». Stand de restauration en plein air à Lock Market, Camden Town.

Hélicoptère monétaire

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Se référant à la fameuse phrase du Gouverneur de la Federal Reserve Ben Bernanke disant qu’il n’hésiterait pas à lancer des billets de banque d’un hélicoptère s’il le fallait pour sauver l’économie, le journaliste du Guardian Simon Jenkins préconise de les lancer sur les pauvres et non sur les banques.

Dans The Guardian du 27 octobre, Simon Jenkins préconise une approche non partisane de la politique de coupes budgétaires massives détaillée il y a quelques jours par le Chancelier de l’Echiquier George Osborne. Après tout, elles ne feront que ramener la dépense publique au point où elle en était il y a dix ans à peine. Malgré ces précautions oratoires, c’est une politique de soutien de l’économie par la dépense publique et non par l’injection de liquidités bancaires qu’il appelle de ses voeux.

« Parce que les banquiers on mis la Grande Bretagne dans le pétrin, on suppose qu’il faut les supplier, les soudoyer et les cajoler pour en sortir la Grande Bretagne (…) Au cours des deux dernières années, les banques ont été secourues avec d’énormes sommes d’argent, et cependant on ne leur a rien demandé en retour(…)

Si on veut imprimer de la monnaie pour stimuler l’économie, on la met directement dans la demande. On la donne aux gens réels. Au lieu de cela, nous avons le Gouverneur de la Banque d’Angleterre, Melvin King, qui admet dans Prospect Magazine qu’il « croit » que l’aide quantitative va marcher, deux ans après qu’elle a échoué, « même si je ne peux vous dire quand » ou apparemment comment. Sur les milliards qui ont été donnés aux banques, pas un penny ne semble avoir atteint l’économie réelle. C’est sans doute l’échec le plus éclatant de la politique économique moderne. Même son architecte, Alistair Darling (Chancelier de l’Echiquier dans le Gouvernement Brown) demande « où est l’argent ? ».

(…) L’argent devrait être lancé d’hélicoptère non aux banques mais à ceux qui sont le plus susceptibles de dépenser à court terme, principalement les pauvres. La meilleure façon de déverrouiller une banque est de faire tinter les tiroirs-caisses. »

Le point de vue de Simon Jenkins est critiquable. Il y a une grande différence entre la politique monétaire (prêter aux banques) et la politique budgétaire (donner aux pauvres). Il n’est pas sûr que les mesures visant à stimuler la consommation, par des allocations ou par une réduction de la TVA, soient efficaces : dans une économie ouverte comme celle de la Grande Bretagne, elles risquent d’accroître les importations et d’amplifier les déséquilibres.

La question posée sur le « quantitative easing » est toutefois légitime. La rentabilité des banques s’est fortement rétablie depuis un an grâce au trading sur le marché interbancaire de l’argent prêté par la Banque Centrale. Etait-ce le but ultime recherché ?

Un débat est aussi en cours en Grande Bretagne, non sur le principe de coupes budgétaires (elles faisaient aussi partie du programme travailliste), mais sur leur rythme. Le marché de l’immobilier résidentiel est de nouveau orienté à la baisse ; l’exportation ne semble pas prendre le relais comme moteur de la croissance. La diminution des dépenses publiques ne risque-t-elle pas d’entraîner de nouveau de pays dans la récession ?

Photo The Guardian : images de George Osborne défendant son budget au Parlement.

Référence de l’article : http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2010/oct/27/pleading-banks-osborne-plan-b

Néstor Kirchner

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La disparition subite de l’ancien président Néstor Kirchner à l’âge de soixante ans a suscité une émotion considérable en Argentine.

Le 27 octobre était un jour de recensement en Argentine : activité économique paralysée, déplacements réduits au minimum. La disparition de l’ancien président de la République, époux de la présidente et président du parti au pouvoir a ajouté une dimension dramatique à cette journée déjà exceptionnelle.

Néstor Kirchner portait en lui toutes les contradictions du Parti Justicialiste. Perón, son fondateur, avait trouvé son inspiration auprès du fascisme italien, bien qu’il atténuât son modèle en maintenant le pluripartisme.  Les traits caractéristiques du péronisme sont l’autoritarisme (aspiration à un Etat fort gouverné par un chef), le populisme (discours mobilisant les masses et appuyé sur des mesures sociales avancées), le rejet du libéralisme (interventionnisme de l’Etat dans l’économie), le nationalisme (rejet des interférences étrangères ou d’organisations multinationales). Kirchner dirigeait avec brutalité, avec un particulier acharnement à l’égard des journalistes critiques ; il adorait les bains de foule et bloqua les tarifs de services tels que l’eau ou l’électricité, au grand dam des compagnies ; il maniait les taxes d’une manière que les investisseurs étrangers considéraient imprévisible ; il négocia avec les créanciers le remboursement partiel de la colossale dette de l’Argentine mais refusa tout accord avec le FMI et le Club de Paris.

Pour les Argentins, Kirchner est l’homme qui a redonné au pays la stabilité après la crise de 2001 – 2003 qui avait vu se succéder quatre présidents. Il est celui qui a garanti l’indépendance de la Cour Suprême. Il est celui qui a rouvert les procédures contre les auteurs des exactions de la dictature. Il est celui qui a mis l’Argentine sur la voie de la croissance, malgré la crise de 2009 et en dépit d’un mauvais rating sur les marchés internationaux.

Il était une forte personnalité, qui dominait depuis près de dix ans la vie politique du pays de la tête et des épaules. Aimant la confrontation, sa personnalité était naturellement controversée. Mais sa mort laisse un trou béant.

Photo de El País, le cortège funèbre de Néstor Kirchner à Buenos Aires.

Concert à Kings Place

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Kings Place, un building ultramoderne dans le quartier de la gare de Kings Cross à Londres, est devenu un haut lieu culturel.

Kings Place est un building de verre et d’acier. Au rez-de chaussée, un bar et des salles louées pour des événements donnent sur un canal où sont stationnés des bateaux de tourisme étroits, de ceux que les retraités anglais affectionnent. Les étages supérieurs sont occupés par le siège du journal The Guardian. Des escalators mènent en contrebas à une salle d’exposition et à un auditorium.

Nous venons en ce dimanche soir assister à un concert du Carducci Quarter : Joseph Haydn (1769), Felix Mendelssohn (1847), Philip Glass (1985).

Le Quatuor à cordes Mishima de l’Américain Philip Glass est pour moi une révélation. J’y trouve une émotion analogue à celle éprouvée en écoutant la musique de Ludovico Einaudi, si fidèle aux classiques mais aux sonorités si modernes.

Photo : Kings Place.