Un village dans l’histoire d’Angleterre

101028_michael_wood2.1289663485.jpg

La chaîne culturelle britannique de télévision BBC4 vient de présenter la sixième et dernière émission d’une série consacrée à l’histoire d’un village des Midlands près de Leicester. 

La première de ces émissions était consacrée aux traces de l’histoire ancienne de Kibworth, près de Leicester, qui témoignent du passage et de l’assimilation des envahisseurs successifs, romains, anglo-saxons, vikings, normands. La dernière couvre la période qui s’étend du début du règne de la Reine Victoria (1830) jusqu’à aujourd’hui et est marquée par l’arrivée du chemin de fer, deux guerres, le suffrage universel et la diversité ethnique.

Ce documentaire répond au lois du genre en Angleterre : une personnalité charismatique, Michael Wood, nous prend par la main et nous fait partager ses curiosités et ses émerveillements. Mais ici, notre guide prend soin de s’effacer derrière la population du village. Il est en effet convaincu, comme autrefois Michel Clévenot avec ses Hommes de la Fraternité, que l’histoire se fait par le peuple, du bas en haut, autant sinon plus qu’elle est imposée du haut en bas par les rois et les armées.

Le projet Kibworth a mobilisé pendant une année entière toute la population de ce village de quelque six mille habitants. Dans la première émission, on voyait des habitants forer des trous dans leur jardin et y exhumer des vestiges qu’interprétaient des archéologues, et d’autres se prêter à des tests ADN prouvant que leurs ancêtres étaient vikings. Dans la dernière, ils reconstituent en costumes une école primaire victorienne et un concert à un penny ; une classe se rend sur les sites des batailles de la Somme et retrouve, sur les tombes du cimetière militaire, des noms de jeunes du village tombés pendant la Grande Guerre ; des retraités se rendent aux archives régionales et mettent au jour des documents qui éclairent la manière de vivre de leurs ancêtres il y a un siècle.

Photo BBC4 : Michael Wood. Pour voir l’émission : http://www.bbc.co.uk/iplayer/episode/b00vjmms/Michael_Woods_Story_of_England_Victoria_to_the_Present_Day/

Les joueurs de cartes

101025_cezanne_card_players.1289663578.jpg

La Collection Courtauld de Londres présente jusqu’au 16 janvier 2011 une exposition consacrée au tableau de Cézanne, les joueurs de cartes.

La Collection Courtauld est l’un des musées les plus chaleureux et intéressants de Londres. Il est installé dans Somerset House, un palais du dix-huitième siècle en aplomb de la Tamise, sur la terrasse duquel il fait bon déguster un thé au soleil d’automne. Il rassemble des toiles et des sculptures de diverses époques, mais avec une forte prédominance de la peinture française du dix-neuvième siècle. On y admire en particulier des œuvres de Manet (en particulier le magnifique Bar aux Folies Bergères), Degas, Gauguin, Van Gogh ou Cézanne.

Les expositions temporaires ne sont pas séparées de la collection permanente. Elles occupent l’une des salles, et on y accède avec le même ticket. Le musée possède l’une des trois toiles « Les joueurs de cartes » peintes par Cézanne vers 1890. Il a obtenu de plusieurs musées internationaux le prêt de tableaux ou d’esquisses préparatoires. La table des joueurs ainsi que le miroir derrière eux laissent une impression de flottement et d’irréalité. Les personnages pourtant sont si concentrés que le tableau frappe par sa force. Hommes de la terre, ils semblent enracinés pour toujours.

Illustration : les joueurs de cartes de Paul Cézanne, Courtauld Collection.

Cheryl Cole

101024_cheryl_cole.1289640808.jpg

La chanteuse britannique Cheryl Cole vient de donner des interviews très personnelles à la télévision (avec Piers Morgan) et au Guardian Magazine (avec Simon Hattenstone).

Qu’est-ce qui fait d’une femme une star ? L’interview de Cheryl Cole sur ITV 1 samedi 23 octobre le laisse entrevoir. La jeune femme est seule face au journaliste, à un auditorium de plusieurs centaines de personnes et à des millions de téléspectateurs. Elle est belle sous les projecteurs. Elle s’exprime d’une voix douce, avec un délicieux accent de Newcastle.

Elle vient de vivre une année affreuse : son divorce d’avec le footballeur Ashley Cole et la malaria dont elle a failli mourir à la suite d’un séjour en Tanzanie. Invitée à noter sur une échelle de 1 à 10 l’intensité de sa souffrance, elle sort du cadre et indique 11.

Cheryl vit dans un autre monde, jet-set, paillettes et sunlights. Pourtant, lorsqu’elle est là en face de nous, avec son parler de petite fille du nord, ses larmes et sa sincérité, elle semble vulnérable et proche. N’est-ce pas cette contradiction qui fait d’elle une star ?

Photo The Guardian. Référence de l’article : http://www.guardian.co.uk/culture/2010/oct/23/cheryl-cole-interview-simon-hattenstone

Transhumances

101023_canaru_wharfjpg.1289640655.JPG

J’ai reçu de nombreuses réponses d’amis à la question posée le 3 septembre à l’occasion du premier anniversaire du blog : « que pensez-vous de « transhumances » ?».

La tonalité générale de ces réactions est positive. Les lecteurs apprécient que je fasse partager sentiments, impressions et commentaires. Ils disent admirer la constance à alimenter ce blog avec des articles bien écrits et documentés. Ils visitent le blog avec plaisir et curiosité. Ils trouvent les articles riches, divers et lisibles, les photos agréables à regarder.

Une suggestion est, pour éviter le risque de monotonie, d’écrire plus rarement et de varier les tons, les genres et les styles par un travail sur l’écriture. Une autre piste d’amélioration serait d’afficher des opinions plus tranchées de nature à susciter des débats. Dans le même sens, celui de susciter de l’interactivité, je suis encouragé à visiter d’autres blogs et à créer des passerelles et des débats d’idée.

« Transhumances » a maintenant un lectorat fidèle, mais qui reste modeste : sa fréquentation est en moyenne de 20 à 30 pages consultées par jour. Aucun grand média national ne s’en est jamais fait l’écho, pas même Le Monde qui l’héberge. C’est probablement dû en partie à la multiplicité des thèmes traités, qui prive le blog d’une identité claire. Au cours des mois à venir, il en restera ainsi : le blog est le journal des choses que j’apprends chaque jour, mis à la disposition de la grande communauté des francophones par le moyen du Web. Mais je chercherai progressivement à privilégier la qualité sur la quantité, à me centrer sur des situations de « transhumance » d’un état individuel ou collectif à un autre, et à établir des passerelles avec d’autres blogueurs.

Photo Brigitte Denecker, Canary Wharf