Le continent des imprévus

Dans « Le continent des imprévus, journal de bord des temps chaotiques » (Manitoba / les belles lettres, 2015), Patrick Lagadec raconte son itinéraire intellectuel et professionnel de quatre décennies, des risques technologiques majeurs à l’apprivoisement de la surprise.

« À ce stade du voyage, écrit Patrick Lagadec, nous sommes comme Magellan, perdus dans ce qui n’est pas encore un détroit cartographié, mais un dédale incompréhensible, quelque part au bord de la carte, en lisière de mondes inconnus ». Continuer la lecture de « Le continent des imprévus »

Fatima

C’est un film remarquable que Philippe Faucon vient de consacrer à Fatima, une femme algérienne qui élève ses deux filles adolescentes dans une banlieue lyonnaise.

Fatima (Soria Zeroual) a tout de la Fatma de l’imagerie populaire. Elle est séparée de son mari. Pour élever ses deux filles, Nesrine (Zita Hanrot) et Souad (Kenza Noah Aïche), âgées de dix-huit et quinze ans, elle nettoie au petit matin un restaurant d’entreprise en grande banlieue, enchaîne sur des ménages chez une famille bourgeoise de Lyon et termine en préparant les repas pour ses deux grandes filles, en lavant leur linge et en épongeant leurs humeurs. Continuer la lecture de « Fatima »

2084, la fin du monde

Dans « 2084, la fin du monde » (Gallimard, 2015), l’écrivain algérien Boualem Salem décrit une dictature religieuse sans frontières de temps ni de lieu. Son livre, magnifiquement écrit, fait froid dans le dos.

Ce serait en 2084 qu’une guerre sainte aurait assuré le triomphe définitif de Yölah et de son délégué, Abi. À vrai dire, les dates n’ont plus d’importance puisque « les temps avaient changé, selon la Promesse primordiale, un autre monde était né, dans une terre purifiée, consacrée à la vérité, sous le regard de Dieu et d’Abi, il fallait tout renommer, tout réécrire, de sorte que la vie nouvelle ne soit d’aucune manière entachée par l’Histoire passée désormais caduque, effacée comme n’ayant jamais existé. » Continuer la lecture de « 2084, la fin du monde »

Lubrifiant social

Dans le cadre d’un séjour dans la région lyonnaise, nous avons rencontré un viticulteur du Beaujolais dont le slogan est « lubrifiant social ».

L’expression « lubrifiant social » rend hommage à la fonction socialisante du vin : ouvrir une bonne bouteille, la savourer ensemble, sentir monter l’empathie à mesure que l’alcool réchauffe le corps, tout cela crée et renforce les liens entre des personnes. Les relations sont facilitées, tout comme le jeu de pièces mécaniques est rendu plus fluide par l’usage d’huiles. Continuer la lecture de « Lubrifiant social »