Dans « l’histoire des miens » (Storia della mia gente, Bompiani 2010), Edoardo Nesi dit la colère et l’amour de sa vie d’industriel de province.
Edoardo Nesi est l’héritier d’une entreprise textile de Prato fondée par son grand-père dans les années 1920. Le livre s’ouvre sur la vente de l’entreprise familiale, le 7 septembre 2004. Il s’achève par une manifestation de masse, le 28 février 2009, pendant laquelle on porta dans les rues de la ville un drapeau italien de plusieurs centaines de mètres de long sur lequel était inscrit : « Prato ne doit pas fermer ». Continuer la lecture de « Histoire des miens »
« Né quelque part », premier film de Mohamed Hamidi, porte un regard juste sur une famille algérienne que sépare la Méditerranée.
Farid (Tewfik Jallab) est un français, étudiant en droit, dont la petite amie, Audrey, est une jeune avocate française. De l’Algérie, pays de ses parents, il ne sait presque rien. Il comprend l’arabe, pour l’entendre parler dans l’appartement familial, mais il ne le pratique pas lui-même. Continuer la lecture de « Né quelque part »
France 2 a diffusé récemment « le premier jour du reste de ta vie », un film de Rémi Bezançon qui retrace l’histoire d’une famille sur une douzaine d’années.
Le film retrace cinq jours décisifs dans la vie de la famille Duval : Robert (Jacques Gamblin) et Marie-Jeanne (Zabou Breitman), les parents, Albert (Pio Marmaï), Raphaël (Marc André Grondin) et Fleur (Déborah François), les enfants. Albert quitte la famille pour s’installer en ville, Raphaël rencontre la femme de sa vie dans un concours de guitare virtuelle mais perd le numéro de téléphone qu’elle lui a laissé, le mariage d’Albert coïncide avec la mort de son grand-père et se transforme en catastrophe, Marie-Jeanne se blesse en voiture après une altercation avec Fleur… Le lendemain, rien ne sera plus comme avant, une autre vie commence. Continuer la lecture de « Le premier jour du reste de ta vie »
Déménagement, de Watford à Maubuisson. Photo « transhumances »
Dans The Guardian du 31 octobre, Suzanne Moore a écrit un article intitulé « déménager, ce sont ces boîtes pleines de choses bêtes qui me rappellent la maison ».
En anglais, « moving » signifie « déménager » mais aussi « émouvant ». « Finalement, dit Suzanne Moore, j’ai emménagé. Dans une nouvelle maison. Déménager, comme les gens vous disent joyeusement, est seulement un peu moins stressant que divorcer ou mourir. (…) Assise, comme je suis, au milieu de pyramides de boîtes en carton pleines de mes affaires flanquées là sans rime ni raison, je me sens dépassée. Déménager vous confronte avec toutes ces choses. Etrangement, ce ne sont pas les grands articles que les déménageurs ont transportés – le sofa et les lits – qui induisent la panique. Je sais pourquoi le les ai. Mais les petites. Une boîte seulement marquée « câbles ».
(…) Voici les dessins de mes enfants, mes propres gribouillages, toutes sortes de relations en couches de papier. Ouvrir les paquets du passé me fait sentir, moi aussi, comme du papier-bulles. Des ouragans se sont produits, mais j’ai été submergée dans le monde plus petit de la nidification.
(…) Les changements dans la manière dont nous vivons maintenant peuvent être mesurés par les boîtes. Mes enfants plus âgés sont présents physiquement dans des dossiers de photos et de peintures. Ces photos étaient confiées avec soin au laboratoire de développement et mises en circulation. La vie de mon troisième enfant est absente. C’est une fille numérique. Nous avons pris moins d’images d’elle, probablement plus en fait, mais elles vivent ailleurs. Elles ne pâlissent et n’écornent pas ces images, sinon comme un « effet » ; Est-ce que cela veut dire qu’elle aura moins d’affaires une fois adulte ? Je ne sais pas ».
Suzanne Moore conclut son article en observant que déménager dans une nouvelle maison est peut-être un luxe que sa génération a pu se permettre mais qui, pour beaucoup de jeunes aujourd’hui, est un rêve inaccessible.