Une île de rêve

Pour le vacancier qui a les moyens de se loger confortablement, de se déplacer facilement et de déguster la gastronomie créole, La Réunion est une île de rêve.

Nous avons eu la chance d’y passer deux semaines en famille. Il y a d’abord, quittant l’hiver bordelais, le plaisir de vivre légèrement vêtu, d’essuyer sur son visage, quand il pleut, des gouttes de pluie délicieusement tièdes, et lorsqu’il fait trop chaud, de se plonger dans la piscine.

Dès l’atterrissage à La Réunion, on est étourdi par l’intensité de la lumière et l’âpre beauté du Piton des Neiges que l’on aperçoit dans l’échancrure d’une profonde vallée. Roulant vers le sud, on est saisi par le contraste entre la ville blanche de Saint-Denis et l’océan d’un bleu profond. Le cimetière marin, jardin fleuri entouré de murs d’un blanc éclatant, marque la frontière entre deux mondes.

Le Cirque de Mafate vu du Maïdo

La voiture emprunte un viaduc de cinq kilomètres de longueur construit à quelques centaines de mètres d’une gigantesque falaise dont les effondrements rendaient souvent impraticable la route du littoral.

Notre maison de location se trouve à La Saline, une commune de l’ouest protégée des intempéries par les montagnes. Nous sommes saisis par la luxuriance de la végétation et la puissance des fragrances. Nous sommes à quelques centaines de mètres du lagon, isolé de la haute mer par la barrière de corail. Équipé d’un masque, d’un tuba et de chaussures, on admire des variétés de poissons de toutes formes et couleurs. Les couchers de soleil, attablés dans un bar de plage à déguster un kalou (punch associant le rhum à un jus de citrons), sont inoubliables.

L’Océan Indien : l’un d’entre nous part pêcher le thon avec un professionnel du port de Saint-Gilles. L’aquarium tropical offre une immersion dans la partie maritime de cette île volcanique de 200 km de diamètre, dont un tiers seulement est émergé. À Kéolia, près de Saint-Leu, on observe des tortues marines, dont plusieurs sont les patientes de vétérinaires qui les soignent après qu’elles se sont blessées dans les filets de pêcheurs. Une croisière d’une heure et demie à bord du Grand Bleu, bateau à fond plat transparent, nous permet d’observer l’île depuis le large.

Le lagon

Dans le sud de l’île, là où la lave s’écoulant du volcan de la Fournaise a rencontré l’océan, on se baigne dans les piscines d’eau de mer de Grand’Anse et Manapany, Des bassins ont été aménagés en déplaçant des rochers : les vagues viennent s’y briser, mais leur flux renouvelle sans cesse l’eau de baignade. À la Rivière Langevin, on se baigne dans le bassin sous la cascade. L’eau est froide, mais la chaleur est forte et l’on se sent revigoré. Les plus braves sautent de plusieurs mètres de hauteur.

Végétation. Deux jardins aménagés proposent des parcours botaniques impressionnants. Au Jardin d’Eden (L’Ermitage les bains) et au Conservatoire botanique Mascarin (Les Colimaçons, près de Saint-Leu) on peut découvrir les espèces végétales présentes sur l’île. Le concours de l’ensoleillement et de l’irrigation favorise leur acclimatation. On peut aussi découvrir la forêt primaire, telle qu’elle existait avant le peuplement de l’île il y a trois siècles, en parcourant le sentier botanique de la Petite Plaine, sur le territoire de la Plaine des Palmistes. Elle est riche d’une exceptionnelle variété d’espèces.

Au Jardin d’Eden

Il faut aussi parler du volcan, le Piton de la Fournaise. On y accède par une route de montagne, puis par une piste jonchée de nids de poule qui traverse la « plaine des sables », vaste cuvette grise à l’aspect lunaire. Lorsque nous accédons au Pas de Bellecombe, falaise qui domine une dépression d’où émerge normalement le cône du volcan, celui-ci est masqué par une brume épaisse. La Cité du volcan, à Bourg Murat, proche de la route nationale, nous offre les images dont nous avons été frustrés et des explications sur la formation géologique de l’île.

Le vacancier sera séduit par les samoussas et bonbons piment, par les rougails et caris, par la bière Dodo, les punchs et les rhums arrangés. Chaque repas apporte son lot de découvertes et d’émerveillements.

Le Volcan de la Fournaise dans la brume

Le vacancier voit en La Réunion une île de rêve, au point parfois de songer à s’y établir. Une visite à un ami mahorais qui s’est installé à La Réunion il y a dix-huit mois en provenance de Mayotte, me fait entrevoir l’envers du décor. Le chômage est répandu, et avec lui la pauvreté. Beaucoup de gens n’ont pas les moyens de découvrir les merveilles que nous avons admirées pendant deux semaines. Ceux qui peuvent s’échapper de la fournaise de la ville et s’installer pour quelques heures dans le froid autour d’un kiosque en altitude ont de la chance. Nous qui avons bénéficié de l’océan, de la forêt et de la montagne sommes privilégiés.

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