Divin Belzebuth

 Giulio Andreotti vient de mourir à l’âge de 94 ans. Surnommé « Belzebuth », « le Divin », « l’inoxydable », il a marqué la politique italienne depuis 1945.

Andreotti a été membre du Parlement italien sans interruption depuis 1945 jusqu’à sa mort, à la Chambre des Députés puis, à partir de 1991, comme Sénateur à vie. Il a été 7 fois président du conseil et 21 fois ministre. C’est un personnage hors du commun qui vient de s’éteindre, auquel Paolo Sorrentino a dédié un film en 2009, « il Divo » : un expert en combinazioni et machinations, un homme de l’ombre dangereusement proche de chacun des drames qui ont bouleversé l’Italie depuis la seconde guerre mondiale, la Loge P2, la banque Ambrosiano, l’assassinat d’Aldo Moro, la Mafia… Continuer la lecture de « Divin Belzebuth »

Hannah Arendt

« Hannah Arendt », film de Magarethe Van Trotta, évoque le courage d’une femme qui ne cède rien sur ses idées. Il réussit aussi le tour de force de mettre à l’écran la formation d’une pensée.

 A l’occasion du cinquantenaire du procès d’Eichmann à Jérusalem, « transhumances » avait évoqué le livre de la philosophe juive allemande Hannah Arendt, exilée aux Etats-Unis : « Eichmann à Jérusalem, ou la banalité du mal ». Continuer la lecture de « Hannah Arendt »

La partition d’une vie

Dans un livre d’entretiens avec le musicologue Frédéric Gaussin, Jean-Claude Casadesus, chef d’orchestre et directeur de l’Orchestre National de Lille, livre une réflexion passionnante sur sa vie, sa carrière et son métier (« La partition d’une vie », Editions Ecriture, 2012).

 La famille Casadesus constitue une véritable dynastie de musiciens et de comédiens issue d’un même ancêtre, Luis Casadesus, un émigré catalan décédé en 1919 à l’âge de soixante neuf ans. Jean-Claude Casadesus appartient à la troisième génération. Il est fils de Gisèle Casadesus, comédienne qui vient, à 99 ans, de jouer dans le film « le figuier ». Il est père d’un explorateur, d’une cantatrice et d’un comédien, et grand-père de trois musiciens doués. Continuer la lecture de « La partition d’une vie »

La belle endormie

La Belle endormie (La bella addormentata), film de Marco Bellochio, nous plonge au cœur d’une controverse qui a profondément divisé les Italiens à la fin 2008 et au début 2009 : à la demande du père d’Eluana Engaro, dans le coma depuis 17 ans, un tribunal avait autorisé  l’interruption de son alimentation artificielle.

 Le Président du Conseil Silvio Berlusconi avait utilisé cette situation pour souder autour de lui l’opinion catholique. Au nom du respect absolu de la vie, il avait déposé en urgence un projet de loi obligeant à maintenir l’assistance mécanique à la vie de personnes comateuses, ce qui aurait obligé à rebrancher les appareils maintenant en vie Eluana. Le film se déroule début février 2009, six semaines après qu’Eluana eut été débranchée : elle est transférée à l’hôpital d’Udine pour y mourir ; à Rome, les Députés sont réunis pour voter le projet de loi de Berlusconi. Continuer la lecture de « La belle endormie »