Paroles d’Algérie

Ce qui vient de se passer en Algérie laisse un goût d’étrangeté et d’amertume : comment un président fantôme, malade, âgé, absent de la campagne électorale, a-t-il pu obtenir un quatrième mandat ? Le documentaire de Bruno Ulner diffusé le 15 avril sur Arte TV, jette une lumière crue sur la situation dans ce pays. 

Bruno Ulner avait reçu l’accord pour réaliser un portrait de la jeunesse algérienne. Mais une fois sur place, le matériel de tournage fut bloqué par la douane « sur ordre d’en haut ». Il revint en Algérie avec une petite caméra vidéo et son téléphone portable et réalisa son projet clandestinement. Il rencontra des jeunes à Ouargla, Alger, Tizi-Ouzou, Blida, Annaba et Oran. Continuer la lecture de « Paroles d’Algérie »

Van Gogh / Artaud, le suicidé de la société

L’exposition « Van Gogh : Artaud, le suicidé de la société » (Musée d’Orsay, jusqu’au 6 juillet 2014) présente le travail du peintre sous l’angle des convulsions de la folie. C’est un éblouissement.

 L’écrivain et homme de théâtre Antonin Artaud (1896 – 1948) fut interné pendant neuf ans dans un hôpital psychiatrique. Lorsqu’après l’exposition Van Gogh de 1947 à Paris un psychiatre écrivit un article décrivant la folie qui avait mené le peintre au suicide, il répondit par un essai intitulé « Van Gogh le suicidé de la société ». Ce n’était pas le peintre qui était fou ; c’était la société qui l’avait « suicidé » par son incapacité à accepter la vérité déchirante qu’il mettait à nu. Continuer la lecture de « Van Gogh / Artaud, le suicidé de la société »

L’apprenti gigolo

« L’apprenti gigolo », film de John Turturo, est une agréable comédie située dans le milieu juif orthodoxe de New York.

 Qui mieux que Woody Allen pouvait incarner un libraire d’un quartier juif de New York contraint de fermer boutique et d’imaginer, pour ses vieux jours, de nouvelles sources de revenus ? Voici donc Woody dans le rôle de Murray, qui n’aura de cesse de convaincre son ami Fioravante (John Turturo lui-même) de se prostituer auprès de femmes riches, prélevant au passage une commission de 40%. Continuer la lecture de « L’apprenti gigolo »

Sauve-toi, la vie t’appelle

Dans « Sauve-toi, la vie t’appelle » (Odile Jacob, 2012), Boris Cyrulnik raconte son enfance traquée pendant la guerre puis « encryptée » après la libération. A partir de son expérience, il décrit le fonctionnement de la mémoire traumatique.

  « Transhumances » a publié des notes de lecture sur « si c’est un homme », de Primo Levi, et « W ou le souvenir d’enfance », de Georges Perec. Ces deux ouvrages naissaient du devoir impérieux de témoigner de l’horreur absolue de la machine d’extermination nazie, et de la conscience l’irrecevabilité de ce témoignage par une opinion publique soucieuse de tourner la plage. Continuer la lecture de « Sauve-toi, la vie t’appelle »