Visite papale

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Le pape Benoît XVI est en visite d’Etat en Grande Bretagne.

Le Cardinal Walter Kasper, bien que chargé des difficiles relations avec l’Eglise Anglicane, n’a pu participer au voyage pour raison de santé. Il y a quelques jours, il avait déclaré au magazine allemand Focus que la Grande Bretagne « est un pays séculier et pluraliste. Parfois lorsque vous atterrissez à Heathrow, vous vous croyez être entré dans un pays du Tiers-Monde. ». Il déplorait aussi qu’un athéisme agressif se soit répandu en Grande Bretagne. « Lorsque vous portez une croix sur British Airways, on vous discrimine ». Souhaitons un prompt rétablissement au Cardinal.

Le 15 septembre, la chaîne de télévision britannique a diffusé à une heure de grande écoute un reportage intitulé : « Benoît : Procès d’un pape » par le journaliste catholique Mark Dowd. Ancien frère dominicain, homosexuel déclaré, Mark considère que les positions de l’Eglise sur la sexualité ne sont pas un « deal breaker », qu’elles ne rompent pas le contrat avec sa famille spirituelle. Son reportage est remarquable d’intelligence et d’honnêteté, n’évitant aucune question difficile (comme le rôle possible de Ratzinger dans la couverture d’un scandale de pédophilie lorsqu’il était archevêque de Munich) et tentant de comprendre en profondeur la pensée et la stratégie d’un pape obsédé par l’éloignement de l’Europe de son passé religieux.

Photo The Guardian.

Mineurs de San José

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Le sort des trente-trois mineurs bloqués par sept cents mètres de fond dans la mine de San José au Chili suscite une immense émotion.

Obscurité du fond de la mine,

Clarté rêvée de l’aube du premier jour libéré.

Obscurité du destin d’hommes risquant leur vie pour quelques dollars de plus,

Crépitement des flashs et faisceau des projecteurs.

Obscurité de vies ordinaires, pas toujours bien en ordre,

Lumière aveuglante de la notoriété.

Obscurité d’une exploitation misérable,

Responsable de la Nasa s’exprimant sous un soleil étincelant.

Obscurité des désespoirs individuels,

Couleurs éclatantes de la solidarité héroïque des trente-trois

Photo extraite de The Guardian, qui a consacré le 10 septembre aux mineurs de San José un article de Jonathan Franklin un article intitulé « petit déjeuner, prières, poésie… 24 heures dans une mine chilienne ».

Solidarité Chili

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Le 27 février dernier, le Chili a été frappé par un tremblement de terre d’une violence inouïe – 178 fois l’énergie dégagée par le séisme d’Haïti. Je reçois de Michel et Chimène Séruzier  un appel à la solidarité.

« Une fois n’est pas coutume, nous vous écrivons ce courrier pour faire appel à votre solidarité pour le Chili.

Vous avez bien sûr entendu parler du tremblement de terre qui a secoué le pays de Chimène en février dernier. Il s’est agi d’un des plus violents (le 5°) jamais enregistré au niveau mondial. Les médias français en ont peu parlé, car la tempête Cynthia  s’est produite juste après. Et par le plus heureux des hasards, le nombre des victimes a été assez limité (moins de 1000).

Pour autant, les destructions ont été très importantes, tant en raison de sa violence, de son extension (près de 700 km dans la partie du pays la plus peuplée) et des raz de marée (« tsunamis ») qui ont suivi. Les habitations en dur les plus récentes ont été relativement épargnées (constructions antisismiques), mais les bâtiments publics (écoles, hôpitaux, églises,…), ainsi que les maisons plus anciennes ou plus pauvres, ont été très durement touchés (plus d’un million de personnes sont restées sans abri). Le réseau routier est très endommagé. Et la plus grande partie de la flotte de pêche artisanale a été détruite.

Les pouvoirs publics vont prendre en charge (ou privatiser) ce qui relève des services publics. Mais le reste de la reconstruction est laissée à la charge des propriétaires, moyennant quelques subventions et des facilités d’emprunt. Encore faut-il que les logements aient été fiscalement enregistrés, ce qui n’est pas le cas pour les plus rudimentaires.

Certes, la solidarité nationale et internationale a permis de reloger certains dans des baraques assez sommaires. Mais même dans ce cas, les informations dont nous disposons font état de situations toujours dramatiques, aggravées par un hiver particulièrement rigoureux cette année.

C’est pourquoi nous prenons l’initiative de solliciter votre solidarité financière pour appuyer des actions que mènent actuellement des associations et/ou des initiatives non gouvernementales dans deux domaines particulièrement sensibles :

– l’isolation des baraques en bois très rudimentaires dont l’aide d’urgence a permis la construction (un coût de l’ordre de 300 euros);

– la reconstitution de la flotte de pêche artisanale, qui fait vivre la plupart des familles résidant dans les villages du bord du Pacifique.

Les sommes recueillies seront versées d’une part au mouvement « Emaüs » (créé sur place par l’abbé Pierre), et d’autre part à un réseau constitué autour de l’université de Concepción pour l’achat de barques de pêche (Mar Esperanza).

Et pour que vous puissiez bénéficier de l’aide fiscale, nous vous invitons à envoyer votre chèque de soutien à l’ordre d’une association française de toute confiance, qui assurera un transfert groupé :

Association TANDEM, Chez M. Prévot, 8 rue du Collège, 31650 St Orens de Gameville »

Photo extraite de Google. Contact Michel et Chimène Séruzier, mseruzier@laposte.net

Les mémoires de Tony Blair au rayon Crime

   

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Dans The Guardian du 6 septembre, la journaliste Alexandra Topping écrit un article intitulé : « vous cherchez le livre de Tony Blair ? Essayez au rayon crime ».

« Lorsque Tony Blair a appelé ses mémoires très attendues « Un Voyage » (A Journey), il s’attendait probablement à ce que son voyage dans les librairies soit relativement sans encombre.

Mais hier une page dans Facebook a été inondée de photos du livre de l’ancien premier ministre dans des endroits insolites après que des milliers de personnes eurent rejoint un groupe intitulé « Déplacez subversivement les mémoires de Tony Blair dans la section crime des librairies ». La page de Facebook – à laquelle plus de 5.000 membres avaient adhéré au milieu de l’après-midi, les incitait à « faire en sorte que les libraires regardent à deux fois la catégorie où ils rangent le plus grand criminel de guerre de nos générations (sic) ».

Parmi les réactions, on lit « c’est une façon très anglaise de faire connaître ses opinions », ou « c’est un acte merveilleusement simple, mais il en dit en dit des tonnes sur le personnage ».

Jill Elisabeth Daines a écrit qu’elle avait déplacé trois exemplaires du livre dans la boutique WH Smith du Centre Arndale à Manchester : l’un est allé dans le rayon science fiction, l’autre dans les biographies tragiques et le troisième dans science fiction, fantasme et horreur. « Je pense que toutes ces catégories sont pertinentes », a-t-elle commenté.

Illustration : Sommet des Açores entre George Bush, Tony Blair, José Maria Aznar et José Manuel Barroso annonçant l’entrée en guerre contre l’Irak le 16 mars 2003.