Les enténébrés

C’est un roman vertigineux et bouleversant qu’a écrit Sarah Chiche, écrivain, psychologue clinicienne et psychanalyste (Seuil, 2019).

En refermant « les enténébrés », je me suis trouvé incapable d’en faire une note de lecture. J’ai dû pour cela le relire de bout en bout, tant il est foisonnant. On y trouve les destins de femmes basculant dans la folie et la transmettant à leurs filles, l’amour de Sarah pour son mari et son histoire d’amour dévastatrice avec un amant, le désastre d’une humanité s’acheminant vers sa fin : « il coulera moins de temps entre le dernier des hommes et nous qu’entre nous et Christophe Colomb. » Continuer la lecture de « Les enténébrés »

Laissez-nous la nuit

Dans « laissez-nous la nuit » (Grasset, 2020, 617 pages), son premier roman, la jeune journaliste Pauline Clavière raconte l’expérience carcérale d’un homme que rien ne destinait à la prison.

Max Nedelec, 56 ans, est gardé à vue, puis incarcéré. Plusieurs années auparavant, il a été condamné à la prison avec sursis pour des irrégularités commises pour sauver de la faillite l’imprimerie dont il avait hérité de son père. On lui reproche maintenant de ne pas avoir payé alors l’amende dont il devait s’acquitter. Son sursis est révoqué. Max est persuadé d’avoir payé, mais incarcéré, il n’a aucun moyen de remettre lui-même la main sur la preuve. Continuer la lecture de « Laissez-nous la nuit »

Le jardin des Finzi-Contini

Dans « le jardin des Finzi Contini », roman en partie autobiographique, Giorgio Bassani (1916 – 2000) raconte le destin d’une famille juive de la haute bourgeoisie de Ferrare dans le tourbillon des lois racistes qui finalement les emportera.

En 1938, le régime fasciste de Mussolini promulgue des lois antijuives. Elles interdisent les mariages mixtes, excluent tout jeune, reconnu comme appartenant à la race juive, des écoles publiques, dispense les jeunes Juifs de l’obligation « hautement honorifique » du service militaire. Le Juifs ne peuvent, entre autres interdictions, insérer des nécrologies dans les quotidiens, figurer dans l’annuaire téléphonique, avoir des domestiques de race arienne, fréquenter des « cerces récréatifs » de quelque sorte que ce soit. Continuer la lecture de « Le jardin des Finzi-Contini »

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon

Dans « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon », prix Goncourt 2019, Jean-Paul Dubois donne la parole à Paul Hansen, incarcéré pour deux ans. Entouré de la présence de ses morts, Paul fait le point de sa vie.

Paul est incarcéré à la prison de Bordeaux, un quartier de Montréal : « un monde clos fait de souffrance encagée ». « La détention allonge les jours, distend les nuits, étire les heures, donne au temps une consistance pâteuse, vaguement écœurante. Chacun éprouve le sentiment de se mouvoir dans une boue épaisse d’où il faut s’extraire à chaque pas, bataillant pied à pied pour ne pas s’enliser dans le dégoût de soi-même. La prison nous ensevelit vivants », écrit Paul Hansen / Jean-Paul Dubois. Continuer la lecture de « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon »