Les filles de joie

« Les filles de joie », film de Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich, raconte les galères et les stratégies de survie de trois femmes dans un quartier populaire du nord de la France.

 La vie d’Axelle (Sara Forestier), Dominique (Noémie Lvovsky) et conso (Annabelle Lengronne) est loin d’être joyeuse. Axelle vit dans l’excitation avec ses trois jeunes enfants et sa mère énervée. Surtout, elle est harcelée par Yann (Nicolas Cazalé), son ex et le père de ses enfants, qui ne se résout pas à lâcher son emprise sur elle. Continuer la lecture de « Les filles de joie »

Le rire et la mort de Dieu

Dans « Le rire et la mort de Dieu, de la complicité de Dieu et du Diable » (Bayard, 2020), Bernard Sarrazin évoque son itinéraire de chrétien areligieux à travers le prisme de la relation souvent conflictuelle entre le rire et la religion.

 Bernard Sarrazin plaide pour un christianisme areligieux ou d’un athéisme chrétien consistant à vivre, comme le proposait Dietrich Bonhoeffer, « devant Dieu, mais sans Dieu. » Un christianisme « débarrassé du concept usé de Dieu, celui « des philosophes et des savants » dit Pascal, c’est-à-dire le Dieu d’un christianisme hellénisé, pour ne garder que la foi dans le « Dieu vivant », le « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob », le Dieu de l’Alliance ». Une foi moderne qui assume aussi le doute. Continuer la lecture de « Le rire et la mort de Dieu »

Mortelle randonnée

France 5 a récemment diffusé « Mortelle randonnée », film de Claude Miller (1983) avec Michel Serrault et Isabelle Adjani dans les rôles principaux.

 Paul Beauvoir (Michel Serrault) est un type bizarre. Dans la rue, il parle tout seul et interpelle les passants. Il est possédé par une obsession : Marie, la fille qu’il a eu d’un mariage éphémère, a été confiée à sa mère et est décédée. Il ne conserve d’elle qu’une photo de classe, mais il est même incapable de la reconnaître parmi ses camarades. Continuer la lecture de « Mortelle randonnée »

Un soldat raconte sa libération de Paris

À l’été 2015, j’ai longuement interviewé mon ami Jacques, trois ans avant sa mort. Intégré au Maroc dans l’armée du Général Leclerc, la 2ième DB, il participa à la libération de Paris. Jacques avait tout d’un anti-héros : il traversa la guerre comme conducteur de camions, de jeeps et de motos. Mais dans son humilité même, dans son humanité, c’était un grand Monsieur.

« À Paris, je suis arrivé le 24 août par la Porte d’Orléans et la rue Saint-Jacques toujours avec mon GMC (camion ravitailleur de marque General Motors) sur la place de la Cathédrale Notre-Dame. La situation n’était pas claire, des Allemands résistaient encore, les Américains ont détaché de l’infanterie. Continuer la lecture de « Un soldat raconte sa libération de Paris »