Famine au Sud, malbouffe au Nord

Dans « Famine au Sud, malbouffe au Nord, comment le bio peut nous sauver » (Éditions Nil, 2012), l’agronome Marc Dufumier estime qu’il sera possible de nourrir 9 milliards d’humains en 2050 à condition de mettre le cap sur l’agrobiologie.

 « Transhumances » s’était fait l’écho en mai 2010 d’une interview de Marc Dufumier par Télérama. Il mettait en évidence l’impasse dans laquelle l’agriculture française est engagée. L’agro-industrie et la grande distribution ont imposé aux agriculteurs une spécialisation excessive : là où autrefois, le paysan optimisait son terroir en combinant cultures et élevage et en choisissant les espèces végétales et animales les mieux adaptées, il tend à ne cultiver qu’une variété de blé ou à n’élever qu’une race de bovins. La terre doit, vaille que vaille, s’adapter à la production qu’on lui impose. Et ceci nécessite une quantité croissante d’engrais chimiques et de produits phytosanitaires. Continuer la lecture de « Famine au Sud, malbouffe au Nord »

Sale guerre

C’est une sale guerre qu’Israël livre à Gaza sous le nom de « Puissante Falaise ».

 Il est difficile de prendre et d’afficher une position dans le conflit israélo-palestinien. Il y a l’ombre de la Shoah et la culpabilité pour ce que, pendant des siècles et particulièrement au vingtième, la Chrétienté a fait subir aux Juifs. Il y a le risque de glisser de l’antisionisme à l’antisémitisme. Il y a la répulsion pour ce que « l’Islamisme » contient de rétrograde, en particulier concernant le statut des femmes. Il y a la crainte d’irriter des amis personnels Juifs. Continuer la lecture de « Sale guerre »

Meursault, contre-enquête

Dans « Meursault, contre-enquête », Kamel Daoud donne la parole au frère de « l’Arabe » assassiné par Meursault dans « l’Etranger » de Camus.

 Kamel Daoud, écrivain algérien né en 1970, chroniqueur au Quotidien d’Oran, s’exprime ainsi au sujet de Camus : « son monde est propre, ciselé par la clarté matinale, précis, net, tracé à coups d’arômes et d’horizons. La seule ombre est celle des « Arabes », objets flous et incongrus, venus « d’autrefois », comme des fantômes avec, pour seule langue, un son de flûte ». Continuer la lecture de « Meursault, contre-enquête »

L’étranger

« L’Étranger », roman d’Albert Camus (1942) est considéré comme l’un des meilleurs romans en langue française.

 On pourrait penser que « l’étranger » doit son titre à la situation du héros, Meursault, Européen dans un pays à majorité musulmane. Ce n’est pas le cas. Meursault se sent chez lui en Algérie, même si les Musulmans sont perçus comme une menace. Sur une plage, aveuglé par l’éclat d’une lame dans le soleil, il fera feu sur un « Arabe ». Continuer la lecture de « L’étranger »