La Cité de l’architecture et du patrimoine du Palais de Chaillot, à Paris, présente jusqu’au 8 mars 2026 une exposition de Fabienne Verdier intitulée « Mute », silencieuse.
Le récit par Fabienne Verdier de ses années d’apprentissage de la calligraphie en Chine s’intitule « Passagère du silence ». « Le calligraphe, écrit-elle est un nomade, un passager du silence, un funambule. Il aime l’errance intuitive sur les territoires infinis (…) Il est animé par le désir de donner un goût d’éternité à l’éphémère (…) On se rend compte que derrière le vide apparent du silence, la vie grouille de toutes parts et c’est alors, avec pudeur et émerveillement, qu’on saisit la pensée poétique. »
Ce qui rend unique l’exposition des œuvres de cette artiste contemporaine, c’est qu’elle est située au cœur de la galerie des moulages de portails d’édifices médiévaux, de l’époque romane au gothique flamboyant. Le visiteur est émerveillé par « la vie grouillante de toutes parts » sur les portails de Conques, Toulouse ou Moissac.
On lit dans le flyer de l’exposition que « Fabienne Verdier ne se contente pas de créer des objets ou des peintures, elle les utilise pour canaliser les forces invisibles du monde et les conduire au spectateur. » Les sculptures médiévales diffusent la même sensation de force, dans un langage religieux et figuratif.
Le second étage du musée est principalement consacré à l’histoire de l’architecture. Une exposition temporaire (jusqu’au 29 mars 2026) est intitulée « Paris 1925 : l’Art déco et ses architectes ».
Au niveau 2 également, une galerie, ouverte en 1932, présente une collection de reproductions de peintures murales romanes et gothiques. Dans le même esprit que l’exposition « Mute », des œuvres contemporaines sont présentées dans le même espace que les œuvres anciennes.
Je gardais un souvenir ébloui de l’ancien « Musée des Monuments français ». Ce qu’il propose, sous sa nouvelle identité de « Cité de l’architecture et du patrimoine », va au-delà de l’exaltation du passé. Par la confrontation avec l’art d’aujourd’hui, il bouleverse le visiteur.

