La double vie de Sarah Bernhardt

« Ma double vie » devait être le premier tome de l’autobiographie de Sarah Bernhardt (Feuilletto, 2012). Ecrit en 1907, le livre couvre la période qui s’étend de la naissance de Sarah (1844) à sa première tournée triomphale aux Etats-Unis (1880 – 1881). L’actrice est morte en 1923 sans avoir poursuivi ce travail.

 J’ai eu envie de lire la biographie de Sarah Bernhardt en visitant à la Pinacothèque de Paris l’exposition sur l’Art Nouveau. On y trouve en effet des affiches d’Alfons Mucha faisant la promotion de son théâtre et un autoportrait sculpté. Non conventionnelle, féminine, libre, pluridisciplinaire, la comédienne a partie liée avec un mouvement artistique tout entier construit sur la nature, la féminité et l’application aux objets de la vie quotidienne. Continuer la lecture de « La double vie de Sarah Bernhardt »

Les montagnes russes de la démocratie italienne

Quatre mois après avoir recueilli les voix de près d’un électeur sur quatre aux élections parlementaires et sénatoriales, le Mouvement 5 Etoiles de Beppe Grillo a réalisé un score de 2% aux élections municipales.

 La presse française a peu commenté les élections municipales qui viennent de se dérouler en Italie. Elle a surtout souligné le retour du Parti Démocrate à la mairie de Rome, conquise par la droite il y a cinq ans. Continuer la lecture de « Les montagnes russes de la démocratie italienne »

Le désir du non nécessaire

 

Dans La Repúbblica du 8 avril 2013, Natalia Aspesi a réalisé une intéressante interview de Karl Lagerfeld. Celui-ci affirme que sa seule tâche est de créer du désir pour ce qui n’est pas nécessaire.

 Karl Lagerfeld est venu à Milan à l’occasion d’une exposition de photographies organisée par la marque Chanel dont il est directeur créatif depuis 1983. Intitulée « the little black jacket », cette exposition présente, selon Natalia Aspesi, « les femmes les plus intéressantes du monde, les bébés les plus aristocratiques, les hommes les plus attractifs ». Lagerfeld apparait comme une icône par excellence, affirmant son image sans souci de contemporanéité, rendu éternel et sans âge par son refus du temps qui passe. Continuer la lecture de « Le désir du non nécessaire »

Main dans la main

« Main dans la main », le film de Valérie Donzelli avec Valérie Lemercier et Jérémie Elkaïm dans les rôles principaux, offre au spectateur un moment d’enchantement.

 Joachim Fox (Jérémie Elkaïm) vit à Commercy, il est vitrier, est un virtuose du skateboard, vit encore chez ses parents dans une nombreuse famille de style plutôt tribal. Hélène Marchal (Valérie Lemercier) est directrice de l’école de danse de l’Opéra Garnier. Plutôt revêche, elle vit seule et n’a guère de relations stables, si ce n’est sa confidente, Constance (Béatrice de Staël). Tout semble les opposer, y compris une quinzaine d’années de différence d’âge.

 Pourtant, lorsque le vitrier anonyme vient prendre les mesures des miroirs de la salle de répétition de la grande dame de la danse, un phénomène surnaturel se produit. Jérémie et Hélène se trouvent littéralement collés l’un à l’autre. Nulle attirance sexuelle à ce stade, seulement un coup de foudre au sens d’une décharge électrique et d’un puissant champ magnétique.

 En réalité, Joachim et Hélène ont plus en commun que ce qu’on voit au premier abord. Tous deux ont leur double, sa sœur Véro (Valérie Donzelli elle-même) pour Joachim, Constance pour Hélène. Joachim rêve de quitter la Meuse pour New-York, Hélène souffre des contraintes de la prison dorée de l’Opéra. Ils vont devoir gérer leur gémellité, qui suscite l’incompréhension et la jalousie de Véro et de Constance. Ils vont devoir apprendre à vivre l’un sans l’autre. Et puis, finalement, se découvrir amoureux.

 Le scénario est puissamment original, tellement énorme que l’on rit énormément. Il y a de grands moments de cinéma. Dans un recoin de l’Opéra Garnier, Joachim dit un poème à Hélène en langage des signes. « Où avez-vous appris cela, lui demande-t-elle ? » « Sur Internet ». « Pourquoi ? » « Parce que je trouve ça beau ».

 Le nouveau ministre convoque Hélène pour lui signifier son licenciement et l’informer que tous ses avantages lui sont retirés avec effet immédiat. Hélène rend immédiatement à l’Etat tout ce qui lui appartient, des bottes au chemisier et à la petite culotte, et couvre sa nudité d’un rideau arraché à la fenêtre du ministre.

 Oui, décidément, l’un des excellents films de 2012, particulièrement recommandable pour la période des fêtes.