Itinéraire d’un arabisant

Dans « itinéraire d’un arabisant » (Grandvaux 2011), Georges Bohas, né en 1946 et actuellement professeur à l’École Nationale Supérieure de Lyon, raconte son parcours intellectuel dans le domaine de l’arabe et des langues sémitiques.

 Le livre est sous-titré « le processus en moi de la connaissance ». Georges Bohas y expose les passions intellectuelles qui l’ont embrasé au cours de sa carrière universitaire, entre Paris, Lyon, Damas, Beyrouth et Tombouctou. Il y dit aussi ses détestations et son mépris pour certains collègues paresseux, ignares, incapables selon lui de comprendre la portée de ses trouvailles scientifiques. Continuer la lecture de « Itinéraire d’un arabisant »

Histoire de Zahra

« Histoire de Zahra », roman de la libanaise Hanan el-Cheikh (Hikayat Zahra 1980, traduit de l’arabe par Yves Gonzalez-Quijano, Babel Poches) raconte un destin de femme marqué du sceau de la terreur.

 Le roman comporte deux parties. Dans la première, Zahra, une jeune femme de Beyrouth s’enfuit auprès de son oncle exilé en Afrique pour tenter d’échapper à l’angoisse qui la tenaille. Cette angoisse a des racines profondes. Petite enfant, sa mère l’utilisait comme alibi pour retrouver son amant, et cette situation incompréhensible la plaçait dans une situation de profonde insécurité. Elle a aussi un visage : celui de son père qui, trahi, réclamait des explications à la mère et à la fille à coups de ceinturon. Continuer la lecture de « Histoire de Zahra »

Pour les musulmans

 

Dans « Pour les musulmans » (La Découverte, 2014), Edwy Plenel alerte contre le danger de considérer les musulmans français comme un groupe homogène inassimilable et menaçant, comme ce fut le cas des Juifs.

 Le titre du livre est emprunté à un article d’Émile Zola paru dans le Figaro le 16 mai 1896, dix-huit mois avant son fameux « J’accuse », moment clé de l’Affaire Dreyfus. Cet article avait donc pour titre « Pour les Juifs ». En voici un extrait : « les Juifs sont accusés d’être une nation dans la nation, de mener à l’écart une vie de caste religieuse et d’être ainsi, par-dessus les frontières, une sorte de secte internationale, sans patrie réelle, capable un jour, si elle triomphait, de mettre la main sur le monde (…) On finit par créer un danger, en criant chaque matin qu’il existe. À force de montrer au peuple un épouvantail, on crée le monstre réel (…) Désarmons nos haines, aimons-nous dans nos villes, aimons-nous par-dessus les frontières, travaillons à fondre les races en une seule famille, enfin heureuse ! (…) Et laissons les fous, et laissons les méchants retourner à la barbarie des forêts, ceux qui s’imaginent faire de la justice à coups de couteau. » Continuer la lecture de « Pour les musulmans »

Les souvenirs d’Ernest Renan

Les « souvenirs d’enfance et de jeunesse » écrits par Ernest Renan (1823 – 1892) à l’âge de soixante ans sont particulièrement intéressants dans le contexte actuel de retour des religions.

 Ernest Renan naquit et grandit dans une famille bretonne modeste de Tréguier (Côtes d’Armor). D’une intelligence brillante, il monta à Paris à l’âge de 15 ans pour étudier au petit séminaire de Saint-Nicolas du Chardonnet puis au séminaire de Saint Sulpice, où étudia la théologie mais aussi le latin, le grec, l’hébreu, le syriaque et dans une moindre mesure l’arabe. Continuer la lecture de « Les souvenirs d’Ernest Renan »