Le Bruit des Trousseaux

Dans « le bruit des trousseaux » (Stock, 2002), le romancier et cinéaste Philippe Claudel raconte par une série de « flashs » son expérience d’enseignant dans une maison d’arrêt.

 Le livre de Philippe Claudel me touche particulièrement car il fait écho à mon expérience de visiteur de prison. Il a souhaité dans ce court volume rassembler des choses vues et entendues alors qu’il était enseignant dans une maison d’arrêt. Il évoque l’ambiance de la prison, ses bruits, ses odeurs et ses non-couleurs, des moments vécus avec des détenus ou des surveillants, le vocabulaire pénitentiaire qui constitue le langage commun de ceux qui y vivent. Continuer la lecture de « Le Bruit des Trousseaux »

Corazón tan blanco

Dans son roman “Corazón tan blanco” (un cœur si blanc, 1992), l’écrivain espagnol Javier Marías s’intéresse à l’attitude de personnages qui viennent à connaître d’un meurtre : se libérer de ce secret en le divulguant, ou au contraire le taire de peur de provoquer de nouveaux drames. Ce dilemme est aussi la trame du roman « Enamoramientos », paru en 2011.

 Le livre de Javier Marías tourne autour d’un secret de famille. Le jour du mariage de son fils Juan, Ranz lui donne un unique conseil : « je ne te dis qu’une chose. Si un jour tu as un secret, ou si tu en as déjà un, ne le raconte pas ». Continuer la lecture de « Corazón tan blanco »

Los Enamoramientos

Le dernier roman de Javier Marías, « Los Enamoramientos », a été traduit en français sous le titre de « Comme les amours ». En réalité, c’est plutôt des morts qu’il nous parle, et de leur difficile coexistence avec les vivants.

 Javier Marías souligne que l’espagnol comme l’italien ont un mot pour signifier « tomber amoureux », alors que ce mot fait défaut en français ou en anglais, par exemple. On pourrait s’attendre à ce que son roman raconte le processus, lent ou foudroyant, qui amène une personne à aimer une autre personne et à devenir conscient de cet amour. Continuer la lecture de « Los Enamoramientos »

Ce populisme qui vient

Dans « ce populisme qui vient » (dialogue avec Régis Meyran, Textuel, 2013), le sociologue des religions Raphaël Liogier se demande si nous sommes entrés dans une phase de populisme comparable aux années 1930, susceptible de mettre en péril la démocratie.

 Le Front National en France progresse en France d’élection en élection. Il s’est banalisé. Le « front républicain » qui avait fait élire Jacques Chirac en 2002 contre Jean-Marie Le Pen ne se reproduira plus : aux seconds tours, les candidats du Front National peuvent désormais rassembler des voix de droite comme de gauche. Cette situation se retrouve dans de nombreux pays : en Finlande et en Norvège, des partis populistes venus de la droite extrême participent au pouvoir. De tels partis réalisent des scores importants aux Pays Bas et en Belgique. En Grande Bretagne, l’UKIP (Parti de l’Indépendance du Royaume Uni) trouble le jeu politique, et en Italie le Mouvement Cinq Etoiles de Beppe Grillo place le pays au bord de la crise institutionnelle. Continuer la lecture de « Ce populisme qui vient »