Sauve-toi, la vie t’appelle

Dans « Sauve-toi, la vie t’appelle » (Odile Jacob, 2012), Boris Cyrulnik raconte son enfance traquée pendant la guerre puis « encryptée » après la libération. A partir de son expérience, il décrit le fonctionnement de la mémoire traumatique.

  « Transhumances » a publié des notes de lecture sur « si c’est un homme », de Primo Levi, et « W ou le souvenir d’enfance », de Georges Perec. Ces deux ouvrages naissaient du devoir impérieux de témoigner de l’horreur absolue de la machine d’extermination nazie, et de la conscience l’irrecevabilité de ce témoignage par une opinion publique soucieuse de tourner la plage. Continuer la lecture de « Sauve-toi, la vie t’appelle »

Pas d’inquiétude

France 2 a diffusé récemment « Pas d’inquiétude », un téléfilm de Thierry Binisti qui parle de famille, de leucémie, de fins de mois difficiles et de solidarité.

 Claire (Isabelle Carré) et Marc (Grégory Fitoussi) viennent d’emménager avec leurs enfants Lise et Rémy, de 13 et 10 ans environ,  dans la maison qu’ils viennent d’acheter. Claire vient d’être embauchée, en période d’essai, comme comptable dans une entreprise ; Marc travaille comme ouvrier dans une imprimerie. Leurs deux salaires suffisent à peine à vivre et à rembourser l’emprunt immobilier. Continuer la lecture de « Pas d’inquiétude »

Longues peines

Dans Longues Peines (Pocket, 2001), le romancier Jean Theulé s’intéresse à l’univers carcéral et met en scène quelques jours de la vie de détenus et de surveillants.

 La prison est située dans une ville de province. C’est un ancien monastère que ne mentionne aucune carte touristique. C’est un lieu qui n’existe pas, en quelque sorte un non-lieu ! Pourtant, il a une réalité physique, avec ses coursives équipées de filets anti-suicides, des cellules habitées par deux à quatre détenus, une cour minuscule où se font face le quartier des hommes et celui des femmes. Continuer la lecture de « Longues peines »

Aimer, boire et chanter

« Aimer, boire et chanter », le dernier film d’Alain Resnais qui vient de mourir à l’âge de 91 ans, met aux prises trois couples dont l’équilibre va être menacé par un absent, « George », qui se sait condamné par la médecine mais entend faire de ses derniers mois un feu d’artifice.

 Le film est tiré d’une pièce de théâtre du Britannique Alan Ayckbourn, « Life of Riley ». Il s’agit d’ailleurs presque de théâtre filmé. Chaque scène est construite de la même manière : une jolie route du Yorkshire, des dessins représentant l’extérieur des maisons où se déroule l’action, les comédiens installés dans des décors en toc, où les portes sont remplacées par des rideaux que l’on écarte. On peut même parler de théâtre dans le théâtre. Les personnages répètent une pièce qu’ils donneront dans quelques semaines. Continuer la lecture de « Aimer, boire et chanter »