Le plan 15 000 places de prison, trop tard, trop cher

La Cour des Comptes a publié en décembre 2025 un audit flash intitulé « Le plan 15 000 places de prison : une ambition forte,  une concrétisation laborieuse. »  Elle relève l’important retard pris par la réalisation du plan et s’inquiète de la dérive des coûts.

Le rapport rappelle les objectifs de ce plan annoncé en 2017 pour dix ans : répondre à la surpopulation chronique des établissements pénitentiaires et engager une diversification des structures de prise en charge des condamnés, en privilégiant celles orientées vers la réinsertion. Il s’agissait de porter le nombre de places de prison opérationnelles à 75 000 et de porter le taux d’encellulement individuel de 37,2% en 2015 à 80% en 2027. Continuer la lecture de « Le plan 15 000 places de prison, trop tard, trop cher »

Régulation carcérale en Angleterre

En août 2025 a été publié à Londres un rapport indépendant sur la capacité des prisons en Angleterre et au Pays de Galles (Independent review of prison capacity). Il s’interroge sur les raisons pour lesquelles « l’offre » de places de prison (le nombre de places disponibles) et la « demande » (le nombre de places nécessaires pour loger les prisonniers décemment) ne se sont jamais ajustées.

La situation des prisons outre-Manche ressemble à beaucoup d’égards à celle qui prévaut en France. Il y a pourtant une différence majeure : là-bas, on considère que le taux de 100% d’occupation est une limite au-delà de laquelle le système s’effondrerait ; ici, on accepte sans souciller que trois détenus partagent une cellule de 9 m², l’un d’entre eux dormant sur un matelas au sol. Continuer la lecture de « Régulation carcérale en Angleterre »

Prisons, 500 ans d’histoire derrière les barreaux

Dans son numéro de novembre 2025, la revue Historia a publié un dossier intitulé « Prisons, 500 ans d’histoire derrière les barreaux ».

 Dans un article intitulé « la peine de prison : une révolution oubliée », Hervé Leuwers souligne la rupture apportée par l’adoption d’un code pénal par l’Assemblée en septembre 1791. Auparavant, « les principales sanctions criminelles sont la mort (sous ses différentes formes (pendaison, roue, bûcher…), les galères (bagne) et le bannissement. Les villes, pour autant, disposent de nombreux lieux d’enfermement ; mais leur utilité est d’abord d’accueillir des prévenus en attente de jugement, des endettés (de peur qu’ils s’enfuient), des mendiants, des vagabonds et des personnes incarcérées sur ordre du roi (lettres de cachet). » Continuer la lecture de « Prisons, 500 ans d’histoire derrière les barreaux »