ActualitéCinémaEspagne23 mai 2022Douleur et gloire

Arte TV a récemment diffusé « Douleur et gloire », film de Pedro Almodóvar (2019), qui valut à Antonio Banderas le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes.

 Salvador Mallo (Antonio Banderas) est un homme et un artiste à la dérive. Perclus de douleur, de la tête aux pieds, il ne peut exercer son métier de réalisateur de cinéma. Faute de tourner il n’écrit plus. Il est vidé, seul, stérile.

 Salvador tente de renouer les fils de son passé. Il cherche à se réconcilier avec Alberto Crespo (Asier Etxeandia), un acteur avec lequel il s’est brouillé sur le plateau d’un film trente ans auparavant. Alberto l’initie à l’héroïne : un soulagement pour les douleurs du corps, mais aussi un terrifiant esclavage.

Salvador avait été confronté à l’addiction des années auparavant. Sa vie amoureuse avec Federico (Leonardo Sbaraglia) avait été rendue impossible par la dépendance de son amant à l’héroïne Il avait écrit un texte relatant cette expérience. Il accepte qu’Alberto l’interprète sur scène. Par la médiation de ce texte, Salvador et Federico se retrouvent, réconciliés.

 Dans une exposition d’art naïf, Salvador trouve par hasard le portrait qu’Eduardo avait fait de lui enfant, âgé d’une dizaine d’années. Il vivait avec sa mère Jacinta (Penelópe Cruz) dans une habitation troglodyte, initialement sordide mais peu à peu aménagée en une caverne lumineuse. Salvador était un enfant doué. Il avait appris à Eduardo à lire et à compter en contrepartie de travaux d’aménagement de l’habitation. Lorsqu’un jour il voit Eduardo nu, il est bouleversé et s’évanouit.

 Le passé revient en force. Il se remémore sa relation à la fois fusionnelle et conflictuelle avec sa mère qui, devenue vieille (interprétée par Julieta Serrano) lui fait comprendre qu’il n’a pas été le fils qu’elle désirait. Le souvenir de l’émergence, face à Eduardo, d’un désir sexuel irrépressible, lui fait reprendre l’écriture et commencer un texte intitulé « premier désir ».

 La société de production d’Almodóvar s’appelle « Deseo », désir, ou « je désire ».

Asier Flores (Salvador enfant), Penélope Cruz (Jacinta), Raúl Arévalo (le père)