Dans « le gâteau du Président », son premier film, le réalisateur Hassan Hadi met en scène les pérégrinations de deux enfants en 1991 dans un Irak assommé par la dictature de Saddam Hussein et appauvri par les sanctions internationales.
Lamia (Baneen Ahmad Nayyef) a dix ans. Elle vit avec sa grand-mère Bibi (Waheed Thabet Kreibat) dans une maison flottante sur l’Euphrate. Elle se rend à l’école en pirogue. Le maître, un ancien militaire, tire au sort les élèves qui auront l’honneur d’offrir au maître du pays, Saddam Hussein, qui des fruits, qui un gâteau. En cas d’inexécution, la dénonciation, l’emprisonnement et la torture menacent.
Bibi se rend en ville avec Lamia. Lorsque cette dernière se rend compte que le but du voyage n’est pas le gâteau du président, mais de l’abandonner et de la confier à des inconnus, elle s’enfuit à toutes jambes, portant dans une besace son coq apprivoisé Hindi, qui ne la quitte jamais. Elle rejoint à la foire un camarade d’école, Saeed (Sajad Mohamed Qasem). Elle le convainc de chercher avec elle la farine, le sucre, les œufs et le levain nécessaires pour préparer le gâteau.
La ville est toute à l’excitation de l’anniversaire du grand chef Saddam, à qui on jure de donner son sang s’il le faut. Dans le ciel, des chasseurs américains anticipent bruyamment un sombre avenir.
Les enfants tentent de monnayer quelques possessions de la grand-mère auprès de commerçants de marché, mais se heurtent à leur hostilité, et ils se font même arnaquer lorsqu’on prétend que les billets qu’ils ont enfin obtenus sont des faux. Lamia se rend compte de justesse que l’homme si gentil qui l’invite au cinéma est un pervers.
Bibi harcèle les fonctionnaires du commissariat de police, qui n’ont aucune considération pour ces paysans qui viennent troubler leur routine et aucun intérêt à chercher une petite fille de dix ans, disparue en ville. C’est Jasim (Rahim Alhadj), un chauffeur de taxi, qui fait aussi le facteur pour des personnages importants, qui viendra en aide à la grand-mère.
Lamia et Saheed se brouillent lorsque ce dernier, chargé de surveiller le coq Hindi pendant qu’elle prie à la mosquée, le perd de vue. Ils se retrouvent, cachés sous une table de l’école pendant un bombardement, et jouent au « le premier qui cligne des yeux » a perdu. Un amour d’enfance est né.
« Le gâteau du Président » a obtenu la Caméra d’or au Festival de Cannes en 2025. Les images sont superbes, l’intrigue est menée tambour battant, l’humour y est souvent présent et les comédiens, non professionnels, sont exceptionnels.


